Chambre sociale, 8 juin 2017 — 15-28.848
Texte intégral
SOC. LG COUR DE CASSATION ______________________ Audience publique du 8 juin 2017 Rejet Mme X..., conseiller le plus ancien faisant fonction de président Arrêt n° 1007 F-D Pourvoi n° S 15-28.848 R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E _________________________ AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS _________________________ LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Statuant sur le pourvoi formé par M. D... Z..., domicilié [...], contre l'arrêt rendu le 20 octobre 2015 par la cour d'appel de Paris (pôle 6, chambre 3), dans le litige l'opposant à la société Bodycote, société par actions simplifiée unipersonnelle, dont le siège est [...], défenderesse à la cassation ; Le demandeur invoque, à l'appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ; Vu la communication faite au procureur général ; LA COUR, en l'audience publique du 10 mai 2017, où étaient présents : Mme X..., conseiller le plus ancien faisant fonction de président, M. Y..., conseiller référendaire rapporteur, Mme Aubert-Monpeyssen, conseiller, Mme E..., premier avocat général, Mme Lavigne, greffier de chambre ; Sur le rapport de M. Y..., conseiller référendaire, les observations de Me F..., avocat de M. Z..., de la SCP Gatineau et Fattaccini, avocat de la société Bodycote, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Sur le moyen unique, ci-après annexé : Attendu que, sous le couvert de griefs non fondés de manque de base légale et de défaut de réponse à conclusions, le moyen ne tend qu'à remettre en cause l'appréciation souveraine des éléments de fait et de preuve par la cour d'appel qui, ayant constaté que les faits reprochés au salarié étaient matériellement établis, a pu en déduire, écartant par là-même toute autre cause de licenciement, que les agissements de l'intéressé rendaient impossible la poursuite du contrat de travail et constituaient une faute grave ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne M. Z... aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du huit juin deux mille dix-sept. MOYEN ANNEXE au présent arrêt Moyen produit par Me F..., avocat aux Conseils, pour M. Z... Il est fait grief à l'arrêt attaqué, D'AVOIR dit le licenciement de M. Z... fondé sur une faute grave et de l'AVOIR en conséquence débouté de l'ensemble de ses demandes ; AUX MOTIFS QUE « la faute grave résulte de faits imputables au salarié constituant une violation des obligations du contrat de travail, d'une importance telle qu'elle rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise et justifie la résiliation immédiate du contrat de travail ; qu'il appartient à l'employeur seul, lorsqu'il allègue la faute grave, d'en apporter la preuve et lorsqu'un doute subsiste, il profite au salarié ; que la lettre de licenciement, qui fixe les limites du litige, est ainsi rédigée : « Nous avons le regret de vous notifier votre licenciement pour faute grave, pour les motifs exposés ci-après : Suite aux faits qui se sont produits le dimanche 11/11/2012, nous vous avons notifié par courrier recommandé avec accusé de réception en date du 14/11/2012 et par courrier remis en propre le 16/11/2012 votre mise à pied à titre conservatoire ainsi que votre convocation à entretien préalable à licenciement fixé le 23/11/2012. En effet, le dimanche 11/1112012, alors que vous prépariez le chargement du four nº40 dans l'atelier nitruration, vous avez eu une violente altercation avec M A.... Votre divergence d'opinion concernait le mode de pilotage du traitement. Vous avez alors élevé la voix et jeté les documents de travail à la figure de M A.... En a suivi un échange mutuel d'insultes verbales. Alors que vous étiez dans l'atelier vide, M A..., après avoir validé la programmation du four nº40, est venu vous présenter ses excuses quant à son écart de langage afin de mettre un terme à votre conflit. Loin d'accepter ses excuses, vous avez totalement perdu votre sang froid et brutalisé M A... en le saisissant et le maintenant brutalement par le col. Vous avez non seulement adopté une attitude violente à l'encontre de M A... mais avez également tenté de l'inciter à la violence en lui demandant de se battre. Suite au coup que vous avez porté sur M A..., celui-ci a consulté son médecin qui a pu constater un érythème sur le thorax. Votre tempérament agressif et irrespectueux est contraire à la notion de travail d'équipe et détériore les relations et le climat au sein de l'usine. Votre comportement est d'autant plus intolérable que nous nous étions entretenus le 16 mars 2012 en présence de M B..., délégué du personnel, et de M A..., afin de mettre un terme à un différend relationnel et de répartition juste des tâches au sein du secteur vide le week-end. De plus, d'après différents témoi