Chambre sociale, 22 mars 2017 — 15-27.753

Cassation Cour de cassation — Chambre sociale

Textes visés

  • Article L. <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/search/code?tab_selection=code&searchField=ALL&query=1132-1+code+du+travail&page=1&init=true" target="_blank">1132-1</a> du code du travail.

Texte intégral

SOC. LG COUR DE CASSATION ______________________ Audience publique du 22 mars 2017 Cassation M. CHAUVET, conseiller le plus ancien faisant fonction de président Arrêt n° 568 F-D Pourvoi n° B 15-27.753 R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E _________________________ AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS _________________________ LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l&apos;arrêt suivant : Statuant sur le pourvoi formé par M. [L] [F], domicilié [Adresse 1], contre le jugement rendu le 25 septembre 2015 par le conseil de prud&apos;hommes de Rennes (section commerce, chambre 2), dans le litige l&apos;opposant à la société Monoprix exploitation, dont le siège est [Adresse 2], défenderesse à la cassation ; Le demandeur invoque, à l&apos;appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ; Vu la communication faite au procureur général ; LA COUR, en l&apos;audience publique du 21 février 2017, où étaient présents : M. Chauvet, conseiller le plus ancien faisant fonction de président, M. Le Corre, conseiller référendaire rapporteur, M. Déglise, conseiller, Mme Becker, greffier de chambre ; Sur le rapport de M. Le Corre, conseiller référendaire, les observations de la SCP Meier-Bourdeau et Lécuyer, avocat de M. [F], de la SCP Rousseau et Tapie, avocat de la société Monoprix exploitation, et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Sur le moyen unique : Vu l&apos;article L. 1132-1 du code du travail ; Attendu, selon le jugement attaqué, que M. [F] a été engagé par la société Inno aux droits de laquelle vient la société Monoprix exploitation ; que, le 1er janvier 2007, la société a instauré, par engagement unilatéral, une &quot;prime d&apos;objectif sur performance&quot; (POP), assise sur le chiffre d&apos;affaires et l&apos;assiduité des salariés ; qu&apos;ayant été absent pour maladie non professionnelle et estimant que le non-paiement par l&apos;employeur de la prime POP pour ce motif était discriminatoire, le salarié a saisi la juridiction prud&apos;homale pour obtenir le paiement de rappels de prime au titre des années 2011, 2012, 2013, outre des dommages-intérêts ; Attendu que débouter le salarié de ses demandes, le conseil de prud&apos;hommes retient que, contrairement à ce que défend l&apos;intéressé, les congés conventionnels pour événements familiaux sont à bon droit exclus des absences donnant lieu à retrait de la prime dès lors que conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation, ceux-ci sont considérés par la loi, nonobstant leur source conventionnelle, comme assimilés à du temps de travail effectif, en application de l&apos;article L. 3142-2 du code du travail, qu&apos;il s&apos;ensuit que l&apos;employeur a pu prévoir en toute légalité que les congés prévus par la convention collective ne pouvaient entraîner la privation de la prime en cause ; Qu&apos;en se déterminant ainsi, sans vérifier si hormis les absences qui sont légalement assimilées à du temps de travail effectif, toutes les autres absences énumérées dans le document intitulé &quot;Kit d&apos;information sociale&quot; relatif à la prime &quot;POP&quot;, quelle qu&apos;en soit la cause, donnent lieu à la suppression de cette prime, la cour d&apos;appel n&apos;a pas donné de base légale à sa décision ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, le jugement rendu le 25 septembre 2015, entre les parties, par le conseil de prud&apos;hommes de Rennes ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l&apos;état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le conseil de prud&apos;hommes de Rennes, autrement composé ; Condamne la société Monoprix exploitation aux dépens ; Vu l&apos;article 700 du code de procédure civile, rejette la demande de la société Monoprix exploitation et condamne celle-ci à payer à M. [F] la somme de 1 000 euros ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite du jugement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-deux mars deux mille dix-sept. MOYEN ANNEXE au présent arrêt Moyen produit par la SCP Meier-Bourdeau et Lécuyer, avocat aux Conseils, pour M. [F] IL EST FAIT GRIEF au jugement attaqué d&apos;avoir dit qu&apos;il n&apos;y a pas eu de pratique discriminatoire de la part de la société Monoprix et d&apos;avoir en conséquence débouté M. [F] de ses demandes ; AUX MOTIFS QUE la prime POP a été mise en place par la société Monoprix pour diminuer l&apos;absentéisme dans l&apos;entreprise ; que cette prime, versée trimestriellement, est assise sur le chiffre d&apos;affaires et l&apos;assiduité des salariés ; qu&apos;en effet, pour pouvoir bénéficier de cette prime, le salarié doit être présent tout le tr