Chambre sociale, 22 mars 2017 — 15-28.893

Rejet Cour de cassation — Chambre sociale

Texte intégral

SOC. LG COUR DE CASSATION ______________________ Audience publique du 22 mars 2017 Rejet M. CHAUVET, conseiller le plus ancien faisant fonction de président Arrêt n° 532 F-D Pourvoi n° R 15-28.893 R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E _________________________ AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS _________________________ LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Statuant sur le pourvoi formé par la société FC Lorient formation, société anonyme sportive professionnelle, dont le siège est [Adresse 1], contre l'arrêt rendu le 21 octobre 2015 par la cour d'appel de Rennes (7e chambre prud'homale), dans le litige l'opposant à M. [N] [J], domicilié [Adresse 2], défendeur à la cassation ; La demanderesse invoque, à l'appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ; Vu la communication faite au procureur général ; LA COUR, en l'audience publique du 21 février 2017, où étaient présents : M. Chauvet, conseiller le plus ancien faisant fonction de président, Mme Prache, conseiller référendaire rapporteur, M. Déglise, conseiller, Mme Becker, greffier de chambre ; Sur le rapport de Mme Prache, conseiller référendaire, les observations de la SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin, avocat de la société FC Lorient formation, de la SCP Masse-Dessen, Thouvenin et Coudray, avocat de M. [J], et après en avoir délibéré conformément à la loi ; Sur le moyen unique : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Rennes, 21 octobre 2015), que M. [J], engagé le 1er septembre 2006 par la société Football Club de Lorient-Formation en qualité d'éducateur chargé du recrutement, a été licencié pour motif économique le 6 juin 2012 ; Attendu que l'employeur fait grief à l'arrêt de le condamner au paiement de diverses sommes à titre d'indemnité de préavis due en l'absence de cause économique du licenciement, congés payés afférents et dommages et intérêts, alors, selon le moyen, que l'obligation de reclassement s'arrête avec la notification du licenciement, sauf fraude ou mauvaise foi, lesquelles ne se présument pas ; qu'en jugeant que l'employeur ne prouvait pas qu'il ignorait avant le licenciement qu'un poste serait vacant un mois après son prononcé, la cour d'appel a inversé la charge de la preuve en violation de l'article 1315 du code civil et de l'article 9 du code de procédure civile ; Mais attendu que la cour d'appel ayant relevé que l'employeur avait proposé un poste de surveillant de jeunes à un autre salarié un mois après le licenciement de M. [J] et ne justifiait pas de la date et des conditions dans lesquelles ce poste s'était libéré, a pu décider, sans inverser la charge de la preuve, qu'il n'avait pas satisfait à son obligation de reclassement ; que le moyen n'est pas fondé ; PAR CES MOTIFS : REJETTE le pourvoi ; Condamne la société FC Lorient formation aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, condamne la société FC Lorient formation à payer à M. [J] la somme de 3 000 euros ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-deux mars deux mille dix-sept. MOYEN ANNEXE au présent arrêt Moyen produit par la SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin, avocat aux Conseils, pour la société FC Lorient formation Le moyen fait grief à l'arrêt attaqué d'avoir condamné la société FC Lorient Formation, employeur, au paiement à M. [J], salarié, des sommes de 5 150 € à titre d'indemnité de préavis due en l'absence de cause économique du licenciement, outre 515 € de congés payés afférents et 20 000 € à titre de dommages et intérêts ; AUX MOTIFS QUE les difficultés économiques du club étaient réelles à la date du licenciement ; que le Football Club rappelle que M. [J], marié, père de famille, résidait à [Localité 1] dans le département 93 et qu'en tant que chargé de recrutement, il n'exerçait pas directement ses missions au sein du FCLF, mais surtout en région parisienne ; qu'il soutient qu'à la date où le licenciement est intervenu au mois de juin 2012, aucune solution de reclassement ne s'avérait possible ni au sein du FCL Formation ni au sein des autres structures et produit les registres uniques du personnel pour démontrer qu'à cette époque aucune création de poste n'a été réalisée qui aurait permis le recrutement de M. [J] ; qu'il précise n'avoir été informé de la possibilité d'une vacance de poste que postérieurement au licenciement de M. [J] ; qu'en réplique, M. [J] fait valoir que le FC Lorient a proposé à un autre licencié, M. [G], une solution de reclassement qui n'avait pas été préalablement proposée à M. [J] ; qu'il précise que le club avait été informé à la fin