Chambre Sociale, 11 octobre 2022 — 20/00365
Texte intégral
11 OCTOBRE 2022
Arrêt n°
CHR/NB/NS
Dossier N° RG 20/00365 - N° Portalis DBVU-V-B7E-FL6D
Société SAN JOSE & LOPEZ
/
[L] [G]
Arrêt rendu ce ONZE OCTOBRE DEUX MILLE VINGT DEUX par la QUATRIEME CHAMBRE CIVILE (SOCIALE) de la Cour d'Appel de RIOM, composée lors des débats et du délibéré de :
M. Christophe RUIN, Président
Mme Karine VALLEE, Conseiller
Mme Frédérique DALLE, Conseiller
En présence de Mme Séverine BOUDRY greffier lors des débats et de Mme Nadia BELAROUI, greffier lors du prononcé
ENTRE :
Société SAN JOSE & LOPEZ prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité au siège social sis [Adresse 6]
[Adresse 6]
[Adresse 6] ESPAGNE
Représentantée par Me Elise MARNAT, avocat suppléant Me Barbara GUTTON PERRIN de la SELARL LEXAVOUE, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND, avocat constitué, substitué par Me Philippe DUBERNET DE BOSCQ, avocat au barreau de BAYONNE, avocat plaidant
APPELANTE
ET :
M. [L] [G]
[Adresse 1]
[Adresse 1]
Représenté par Me Julie-Elena NIELS, avocat suppléant Me Jean-louis BORIE de la SCP BORIE & ASSOCIES, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND
INTIME
Après avoir entendu M. RUIN, Président en son rapport les représentants des parties à l'audience publique du 04 Juillet 2022, la Cour a mis l'affaire en délibéré, Monsieur le Président ayant indiqué aux parties que l'arrêt serait prononcé, ce jour, par mise à disposition au greffe, conformément aux dispositions de l'article 450 du code de procédure civile.
FAITS ET PROCÉDURE
La SARL SAN JOSE & LOPEZ est une société de droit espagnol, non immatriculée au RCS, dont le numéro SIREN est 528541907, dont le siège social est situé en Espagne (commune de [Localité 5]) à proximité de la frontière française (environ 15 kilomètres de la ville d'[Localité 3]). Elle a pour activité le transport routier de marchandises, exerce une partie de son activité en France mais ne disposerait d'aucun établissement ni succursale en France. Cette société appartient au groupe TRANSPORTES INTERNACIONALES SAN JOSE qui comprend plusieurs autres sociétés filiales implantées à l'étranger (Europe et Afrique du Nord).
Monsieur [L] [G], né le 21 novembre 1976, a été embauché par la SARL SAN JOSE ET LOPEZ, en qualité de conducteur poids lourd longue distance, à temps plein, selon contrat de travail à durée déterminée pour la période du 2 octobre 2006 au 2 avril 2007. Ce contrat de travail à durée déterminée a été prolongé par avenant pour la période du 3 avril 2007 au 1er octobre 2007. La relation contractuelle s'est poursuivie sans discontinuer dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée, selon avenant signé le 1er octobre 2007, pour un emploi de chauffeur poids lourd (ouvrier). La convention collective applicable à la relation contractuelle est celle des transports routiers et activités auxiliaires du transport du 21 décembre 1950.
Comme suite à la perte, début 2015, d'un marché de transport avec l'entreprise MICHELIN (contrat TOMEX), l'employeur a engagé une procédure de licenciement collectif pour motif économique visant des salariés chauffeurs (notamment [U] [X], [D] [O], [L] [G], [I] [F], [C] [H], employés en qualité de chauffeur poids lourd, de nationalité française et domiciliés en France), tous affectés à la ligne de transport de marchandises 'TOMEX' entre [Localité 2] et le siège de la société SAN JOSE & LOPEZ à la frontière espagnole ([Localité 5]).
Par lettre recommandée datée du 5 mars 2015, la société SAN JOSE & LOPEZ informait 'Messieurs les conducteurs TOMEX' que la société MICHELIN avait décidé de mettre un terme au contrat TOMEX.
Par lettre recommandée datée du 9 avril 2015, l'employeur a convoqué Monsieur [L] [G] à un entretien préalable à un éventuel licenciement pour motif économique. L'entretien préalable a eu lieu le 24 avril 2015.
Par lettre datée du 24 avril 2015, remise en main propre au salarié le même jour lors de l'entretien préalable, l'employeur notifiait information et documentation sur le contrat de sécurisation professionnelle ainsi que les motifs du licenciement pour motif économique envisagé, et l'existence d'une recherche de reclassement en cours (sans précision).
Par lettre recommandée datée du 6 mai 2015, l'employeur a convoqué Monsieur [L] [G] à un nouvel entretien préalable à un éventuel licenciement pour motif économique. Le salarié a répondu qu'il ne se rendrait pas à cette convocation puisque l'entretien préalable avait déjà eu lieu le 24 avril 2015 et qu'il avait signé et transmis depuis son adhésion au contrat de sécurisation professionnelle.
La SARL SAN JOSE ET LOPEZ a notifié à Monsieur [L] [G] un licenciement pour motif économique par courrier recommandé daté du 13 mai 2015 rédigé dans les termes suivants :
'Monsieur,
Nous faisons suite à notre entretien du 24 avril 2015, auquel nous vous avions convoqué par courrier daté du 9 avril 2015.
Lors de ce entretien au cours duquel nous vous avons ind