8ème Ch Prud'homale, 20 mars 2024 — 21/01371
Texte intégral
8ème Ch Prud'homale
ARRÊT N°83
N° RG 21/01371 -
N° Portalis DBVL-V-B7F-RM2Q
S.A. SANTE ATLANTIQUE
C/
Mme [E] [W]
Confirmation
Copie exécutoire délivrée
le :
à :
-Me Jean-Luc AMOUR
-Me Célia MARTIN GRIT
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D'APPEL DE RENNES
ARRÊT DU 20 MARS 2024
COMPOSITION DE LA COUR LORS DU DÉLIBÉRÉ :
Madame Nadège BOSSARD, Présidente,
Monsieur Bruno GUINET, Conseiller,
Madame Anne-Cécile MERIC, Conseillère,
GREFFIER :
Monsieur Philippe RENAULT, lors des débats et lors du prononcé
DÉBATS :
A l'audience publique du 25 Janvier 2024
devant Mesdames Nadège BOSSARD et Anne-Cécile MERIC, magistrats tenant l'audience en la formation rapporteur, sans opposition des représentants des parties et qui ont rendu compte au délibéré collégial
En présence de Madame [Y] [J], Médiatrice judiciaire
ARRÊT :
Contradictoire, prononcé publiquement le 20 Mars 2024 par mise à disposition au greffe comme indiqué à l'issue des débats
****
APPELANTE et intimée à titre incident :
La S.A. SANTE ATLANTIQUE venant aux droits de la S.A POLYCLINIQUE [5] prise en la personne de ses représentants légaux et ayant son siège social :
[Adresse 4]
[Localité 3]
Ayant Me Jean-Luc AMOUR de la SELARL CAPSTAN OUEST, Avocat au Barreau de NANTES, pour postulant et représentée à l'audience par Me Pierre THOBY de la SELARL CAPSTAN OUEST, Avocat plaidant du Barreau de NANTES
INTIMÉE et appelante à titre incident :
Madame [E] [W]
née le 18 Septembre 1987 à [Localité 6] (44)
demeurant [Adresse 1]
[Localité 2]
Représentée par Me Célia MARTIN GRIT, Avocat au Barreau de NANTES
Mme [E] [W] a été engagée par la société Polyclinique [5], en qualité d'aide-soignante/auxiliaire puéricultrice par un premier contrat de travail à durée déterminée en date du 16 avril 2011.
Elle a ensuite travaillé dans le cadre de 230 contrats successifs.
Le dernier contrat de travail à durée déterminée signé le 26 novembre 2016 prévoyait une seule journée de travail le 28 novembre 2016.
A compter de cette date, Mme [W] n'a plus été engagée par la société Polyclinique [5].
La convention collective applicable au sein de l'entreprise est la convention collective de l'hospitalisation privée à but lucratif.
Le 27 novembre 2018, Mme [W] a saisi le conseil de prud'hommes de Nantes aux fins de voir requalifier les contrats à durée déterminée en un contrat à durée indéterminée et obtenir des rappels de salaire et indemnités de rupture. L'affaire a été enrôlée sous le numéro RG 18/980.
Le 29 avril 2019, Mme [W] a saisi le conseil de prud'hommes de Nantes aux fins de voir condamner la SA Polyclinique [5] à lui verser la somme de 17 809 € nets d'indemnité pour discrimination (12 mois de salaire). L'affaire a été enrôlée sous le numéro RG 19/0422.
Au denier état de la procédure devant le conseil de prud'hommes, Mme [W] demandait de :
' Requalifier les contrats à durée déterminée en un contrat à durée indéterminée,
' Fixer le salaire de référence à la somme de 1 434,04 € bruts,
' Dire et juger que :
- les demandes de Mme [W] n'étaient pas prescrites,
- les contrats à durée déterminée étaient irréguliers et devaient être requalifiés en contrats à durée indéterminée
- qu'il existait un lien étroit entre l'affaire RG 18/980 et celle enregistrée sous le RG 19/0422,
- la requalification du contrat de travail de Mme [W] emportait les conséquences d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse,
- le licenciement de Mme [W] était sans cause réelle et sérieuse, voire nul,
- la procédure de licenciement n'avait pas été respectée,
' Condamner la Sa Polyclinique [5] à verser :
- 8 805 € nets d'indemnité de requalification,
- 1 484,04 € nets d'indemnité pour non-respect de la procédure de licenciement,
- 2 001,68 € bruts d'indemnité de licenciement,
- 2 868,08 € bruts d'indemnité de préavis,
- 286,80 € bruts de congés payés sur préavis,
- 8 605 €, à défaut, d'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse,
- 17 809 € nets d'indemnité pour discrimination (12 mois de salaire),
- 8 605 € nets de dommages et intérêts en réparation du préjudice causé par les circonstances du licenciement pour exécution déloyale du contrat de travail (6 mois) (article 1382 du code civil),
- 5 720,18 € bruts de rappel de salaires au titre des heures non rémunérées entre ses différents contrats à durée déterminée, et durant lesquelles elle est restée à l'entière disposition de l'employeur,
- 572,02 € bruts de congés payés afférents,
- 2 500 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile,
' Intérêts au taux légal, outre l'anatocisme,
' Remise d'un bulletin de salaire, du solde de tout compte, du certificat de travail et de l'attestation Pôle Emploi, rectifiés conformément à la décision,
' Remise des documents ci-dessus sous astreinte de 200 € par jour de retard à compter du 7ème jour suivant