PS ctx technique, 13 mars 2024 — 19/00204

Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur Cour de cassation — PS ctx technique

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS [1]

[1] 2 Expéditions exécutoires délivrées aux parties en LRAR le : 1 Expédition délivrée à l’avocat en LS le :

PS ctx technique

N° RG 19/00204 - N° Portalis 352J-W-B7D-COUVU

N° MINUTE :

Déclaration orale ou écrite formée au greffe de la juridiction

20 Novembre 2018

JUGEMENT rendu le 13 Mars 2024 DEMANDERESSE

Société [5] [Adresse 2] [Localité 4]

Représentée par Maître Grégory KUZMA, avocat au barreau de LYON, substitué par Maître Maité BURNEL, avocat plaidant

DÉFENDERESSE

C.P.A.M. DU VAL DE MARNE [Adresse 1] [Localité 3]

Non représentée

COMPOSITION DU TRIBUNAL

Monsieur FONROUGE, 1er Vice-président adjoint Monsieur ARCHAMBAUD, Assesseur Madame BERDEAUX, Assesseur

assistés de Sarah DECLAUDE, Greffière

Décision du 13 Mars 2024 PS ctx technique N° RG 19/00204 - N° Portalis 352J-W-B7D-COUVU

DEBATS

A l’audience du 13 Mars 2024 tenue en audience publique

JUGEMENT

Prononcé en audience publique Réputé contradictoire en premier ressort

FAITS, PROCEDURES ET PRETENTIONS DES PARTIES

Par lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 22 novembre 2018, la société [5] a fait régulièrement appeler la CPAM du Val de Marne devant l'ancien tribunal du contentieux de l'incapacité de Paris, à l'effet de contester la décision rendue à son encontre le 14 novembre 2018 fixant à 12 % le taux d'IPP attribué à sa salariée, Mme [B] [C] [I], à la suite de son accident du travail du 11 août 2017

Le 1er janvier 2019, le dossier a été transféré au Pôle social du tribunal de grande instance de Paris, en raison de la fusion du tribunal de l'incapacité avec les juridictions de droit commun. Le 1er janvier 2020, l'instance s'est poursuivie devant le tribunal judiciaire de Paris.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 13 mars 2024 au cours de laquelle l'affaire a été plaidée faute de conciliation possible entre les parties.

La société [5] rappelle que sous l'égide de l'ancienne législation, la caisse avait 10 jours pour communiquer le rapport d'évaluation des séquelles mais que ce dernier ne lui a pas été communiqué, y compris lors de l'introduction du recours.

Elle sollicite, en conséquence, que lui soit déclarée inopposable la décision de la caisse.

La CPAM n'a pas comparu.

MOTIFS

L'article R,143-8 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable au présent litige, dispose :

" Dans les dix jours suivant la réception de la déclaration, le secrétariat du tribunal en adresse copie à la caisse intéressée et l'invite à présenter ses observations écrites, en trois exemplaires, dans un délai de dix jours. Dans ce même délai, la caisse est tenue de transmettre au secrétariat les documents médicaux concernant l'affaire et d'en adresser copie au requérant ou, le cas échéant, au médecin qu'il a désigné ".

L'article R.441-13 du Code de la Sécurité Sociale, alors en vigueur, dispose quant à lui que :

" Le dossier constitué par la caisse primaire doit comprendre :

1°) la déclaration d'accident et l'attestation de salaire

2°) les divers certificats médicaux ;

3°) les constats faits par la caisse primaire ;

4°) les informations parvenues à la caisse de chacune des parties ;

5°) les éléments communiqués par la caisse régionale ;

6°) éventuellement, le rapport de l'expert technique.

Il peut, à leur demande, être communiqué à l'assuré, ses ayant droit et à l'employeur ou à leurs mandataires.

Ce dossier ne peut être communiqué à un tiers que sur demande de l'autorité judiciaire. " .

L'article R 143-2 alinéa 2 du code de la sécurité sociale dans sa version applicable au présent litige dispose que : " le praticien-conseil est tenu de transmettre copie de ce rapport (ayant contribué à la fixation du taux d'IPP) en double exemplaire au secrétariat de la juridiction dans un délai de 10 jours à compter de la réception de la demande. Chaque exemplaire est transmis sous pli fermé avec la mention " confidentielle apposée sur l'enveloppe ".

Ces formalités doivent donc être accomplies impérativement avant l'ouverture des débats devant le tribunal.

En l'espèce, la juridiction, saisie par l'employeur d'un recours en vue, notamment d'une expertise, a enjoint à la caisse de produire les éléments, à destination du médecin-conseil de l'employeur, afin que le principe du contradictoire et le secret médical soient tous deux respectés. Or, force est de constater que ni le tribunal, ni l'employeur, ni a fortiori le médecin-consultant désigné par lui, n'ont été destinataire de ces pièces, et notamment du rapport d'évaluation des séquelles et qu'ainsi, l'employeur n'a pu vérifier l'adéquation entre le taux fixé par la caisse et les séquelles de la victime.

La caisse n'a donc pas permis un réel débat contradictoire sur la fixation du taux d'IPP et l'employeur n'a pas été en mesure d'exercer son droit de recours de manière effective conformément aux principes directeurs régissant tout procès civil.

Il convient dans ces conditions de déclarer ino