CHAMBRE SOCIALE SECTION A, 29 mai 2024 — 21/04126

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Texte intégral

COUR D'APPEL DE BORDEAUX

CHAMBRE SOCIALE - SECTION A

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ARRÊT DU : 29 MAI 2024

PRUD'HOMMES

N° RG 21/04126 - N° Portalis DBVJ-V-B7F-MHDB

Madame [N] [S]

c/

SELARL Ekip' en qualité de mandataire liquidateur de la SEML [Localité 5] Gestion Equipements

UNEDIC Délégation AGS-CGEA de Bordeaux

Nature de la décision : AU FOND

Grosse délivrée le :

à :

Décision déférée à la Cour : jugement rendu le 25 juin 2021 (R.G. n°F 18/01845) par le Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de BORDEAUX, Section Encadrement, suivant déclaration d'appel du 16 juillet 2021,

APPELANTE :

Madame [N] [S]

née le 29 septembre 1962 à [Localité 3] de nationalité française, demeurant [Adresse 2]

représentée par Me Caroline DUPUY, avocat au barreau de BORDEAUX

INTIMÉES :

SELARL Ekip' en qualité de mandataire liquidateur de la SEML [Localité 5] Gestion Equipements, prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité au siège social [Adresse 1]

N° SIRET : 453 211 393

représentée par Me Nabil MOUNIR avocat au barreau de BORDEAUX substituant Me Patrick TRASSARD de la SELARL TRASSARD & ASSOCIES, avocat au barreau de BORDEAUX

UNEDIC Délégation AGS-CGEA de Bordeaux, prise en la personne de son Directeur domicilié en cette qualité audit siège social [Adresse 4]

représentée par Me Philippe DUPRAT de la SCP DAGG, avocat au barreau de BORDEAUX

COMPOSITION DE LA COUR :

En application des dispositions de l'article 805 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue le 09 avril 2024 en audience publique, les parties ne s'y étant pas opposées, devant Madame Sylvie Tronche, conseillère, chargée d'instruire l'affaire,

Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la cour, composée de :

Madame Sylvie Hylaire, présidente

Madame Sylvie Tronche, conseillère

Madame Bénédicte Lamarque, conseillère

Greffier lors des débats : A.-Marie Lacour-Rivière,

ARRÊT :

- contradictoire

- prononcé publiquement par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues à l'article 450 alinéa 2 du code de procédure civile.

***

EXPOSÉ DU LITIGE

La Société Anonyme d'Economie Mixte Locale [Localité 5] Gestion Equipements (ci-après la SEML) exploitait une salle de spectacle dénommée 'La Médoquine' à [Localité 5] dans le cadre d'une convention d'affermage signée avec la mairie de cette commune.

Madame [N] [S], née en 1962, a été engagée en qualité d'assistante commerciale par la société, par contrat de travail à durée indéterminée à compter du 12 octobre 1993.

Par avenant du 1er septembre 2012, les relations contractuelles ont été soumises à la convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles.

Un protocole d'accord a été signé le même jour pour régulariser la progression des salaires et des échelons.

Au dernier état de la relation contractuelle, la salariée occupait le poste d'attachée commerciale, statut cadre, moyennant une rémunération mensuelle brute moyenne s'élevant à la somme de 2.936,14 euros.

Elle avait été désignée en qualité de représentante du personnel, mandat qu'elle a exercé jusqu'en juin 2015.

Le contrat d'affermage a été résilié par la commune de [Localité 5] par délibération du 23 novembre 2017, prenant effet le 30 juillet 2018 et une convention de mise à disposition des locaux a été signée avec la mairie de [Localité 5] jusqu'au 15 novembre 2018.

Par lettre datée du 29 mai 2018, Mme [S] a été convoquée à un entretien préalable en vue d'un éventuel licenciement fixé au 11 juin suivant, au cours duquel un contrat de sécurisation professionnelle ainsi qu'une lettre d'information sur le motif économique du licenciement lui ont été remis.

Mme [S] a été licenciée pour motif économique par lettre datée du 28 juin 2018 et a adhéré au contrat de sécurisation professionnelle le 2 juillet 2018.

A cette date, elle avait une ancienneté de 24 ans et 8 mois et la société occupait à titre habituel 5 salariés.

Les actionnaires de la SEML [Localité 5] Gestion Equipements ont voté la dissolution anticipée de la société le 4 juillet 2018.

Le 4 décembre 2018, Mme [S] a saisi le conseil de prud'hommes de Bordeaux contestant la légitimité de son licenciement et réclamant l'inscription de diverses indemnités au passif de la liquidation judiciaire de la société [Localité 5] Gestion Equipements, dont des dommages et intérêts au titre du défaut de consultation des délégués du personnel, pour exécution déloyale du contrat de travail et violation de l'obligation de sécurité.

Par jugement du tribunal de commerce de Bordeaux rendu le 9 septembre 2020, la société [Localité 5] Gestion Equipements a été placée en liquidation judiciaire, la SELARL Ekip' étant désignée en qualité de mandataire liquidateur.

Par jugement rendu le 25 juin 2021, le conseil de prud'hom