Chambre 26 / Proxi fond, 3 juin 2024 — 24/01331

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) Cour de cassation — Chambre 26 / Proxi fond

Texte intégral

TRIBUNAL DE PROXIMITÉ DE PANTIN [Adresse 5] [Localité 6] Tél:[XXXXXXXX02] Fax : [XXXXXXXX01]

@ : [Courriel 8]

REFERENCES : N° RG 24/01331 - N° Portalis DB3S-W-B7I-Y2N2

Minute :

JUGEMENT

Du : 03 Juin 2024

Madame [P] [E]

C/

Madame [U] [D]

JUGEMENT

Après débats à l'audience publique du 02 Avril 2024, le jugement suivant a été rendu par mise à disposition au greffe le 03 Juin 2024;

Sous la Présidence de Madame Odile BOUBERT, juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BOBIGNY siégeant au tribunal de proximité de PANTIN, assistée de Madame Martine GARDE, greffier ;

ENTRE :

DEMANDEUR :

Madame [P] [E] [Adresse 4] [Localité 7] Comparante en personne

DÉFENDEUR :

Madame [U] [D] [Adresse 3] 2ème étage - Porte 24 [Localité 6] Non comparante

Copie exécutoire délivrée le :

à : Mme [P] [E] Mme [U] [D]

Expédition délivrée à :

MME [E] [P] a donné à bail à MME [D] [U] un logement le 13-11-20 pour une durée de trois ans renouvelable . Le 04-04-23 le bailleur a signifié au locataire un congé pour vente expirant le 12-11-23 . Le locataire se maintient dans les lieux et en vertu de l’article 15-2 de loi du 6 juillet 1989 le bailleur demande son expulsion.

Par exploit de commissaire de justice du 25-01-24, MME [E] [P] propriétaire de locaux a fait assigner MME [D] [U] aux fins d'obtenir :

- que le bail soit résilié du fait d’un congé pour vendre et que MME [D] [U] soit déclarée occupante sans droit ni titre subsidiairement que la résiliation judiciaire du bail soit prononcée ; - que l'expulsion de MME [D] [U] soit ordonnée ainsi que de tous occupants de leur chef; - que MME [E] [P] puisse se faire assister d'un serrurier, du commissaire de police pour l'exécution de l'expulsion des occupants ; - la fixation d'une indemnité d'occupation mensuelle de 817.36 euros jusqu'à son départ effectif ; - la condamnation de MME [D] [U] au paiement de la somme de 1262.49 euros représentant des loyers et des indemnités d’occupation dues au 01-01-24 ; - la condamnation de MME [D] [U] au paiement de dommages et intérêts à hauteur de 1500 euros ; - la condamnation du défendeur au paiement d'une somme de 500 euros au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile ainsi qu'au dépens, le tout avec le bénéfice de l'exécution provisoire ;

MME [E] [P] expose que conformément aux dispositions d'ordre public relatives au logement par un acte de commissaire de justice a été délivré un congé au locataire afin de pouvoir vendre l'appartement ; que le locataire se maintient dans les lieux;

A l'audience , MME [D] [U] régulièrement assignée ne s'est pas présentée , ni personne pour elle.

MOTIFS DE LA DECISION

Sur le congé MME [E] [P] prouve qu’il est le propriétaire du bien immobilier et donc a qualité pour déliver un congé pour vente .

Selon l'article 15-1 de la loi du 6 juillet 1989 le délai de préavis applicable au congé est de six mois lorsqu'il émane du bailleur. Selon l'article 15-2 de cette même loi, lorsque le congé est fondé sur la décision de vendre le logement le congé doit, à peine de nullité, indiquer le prix et les conditions de la vente projetée.

En l'espèce, par acte de commissaire de justice 04-04-23, MME [E] [P] a proposé à MME [D] [U] d'acheter ce bien conformément aux dispositions légales à savoir sont présentes les mentions obligatoires , une notice .

Le défendeur se maintient dans les lieux sans avoir accepté l'offre de vente au delà du congé expirant le 12-11-23 . Ainsi la location a donc cessé et le propriétaire peut exiger la libération des lieux et l'expulsion .

Par sommation du 22-11-23, MME [E] [P] a rappelé à MME [D] [U] l'expiration de son droit de préemption et lui a signifié son obligation de quitter les lieux. Sur l'indemnité d'occupation L’ indemnité d’occupation a une nature mixte compensatoire du loyer à payer et indemnitaire dans la mesure où le bailleur subit un préjudice du fait des conséquences du retard de la vente du bien immobilier .

L’ occupation sans titre des locaux du bailleur justifie la fixation d'une indemnité d'occupation d'un montant égal à la somme de 817.36 euros .

Sur le solde locative et les sommes dues Selon décompte présenté par le bailleur , des loyers et charges ainsi que des indemnités d’occupation restent impayés à hauteur de 1262.49 euros au 01-01-24 . Il y a lieu de condamner MME [D] [U] au paiement de cette somme .

Sur les demandes annexes Le bailleur n'a pu réaliser la vente prévue , ceci constitue un préjudice à son égard. Il y a donc lieu de condamner le défendeur au paiement de dommages et intérêts à hauteur de 1000 euros . Selon l’article 696 du Code de procédure civile , la partie perdante est condamnée aux dépens , à moins que le juge , par décision motivée , n’en mette la totalité ou une fraction à la charge de l’autre partie . En l’espèce la partie défenderesse , partie perdante , sera condamnée aux entiers dépens.

Aux termes de l’article 700 du Code de procédure civile , il ne para