Jex, 14 juin 2024 — 24/00179
Texte intégral
COUR D’APPEL DE DOUAI TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE _______________________ JUGE DE L’EXÉCUTION
JUGEMENT rendu le 14 Juin 2024
N° RG 24/00179 - N° Portalis DBZS-W-B7I-YGVX
DEMANDEUR :
Monsieur [G] [R] [K] [Adresse 3] [Adresse 3] [Localité 4] (bénéficie d’une aide juridictionnelle Totale numéro 2024/5191 du 25/04/2024 accordée par le bureau d’aide juridictionnelle de LILLE)
représenté par Me Christophe WERQUIN, avocat au barreau de LILLE
DÉFENDERESSE :
S.A. SIA HABITAT [Adresse 2] [Adresse 2] [Localité 1]
représentée par Me Caroline HENOT, avocat au barreau de LILLE, substitué par Me Régis DEBROISE
MAGISTRAT TENANT L’AUDIENCE : Etienne DE MARICOURT, Juge du tribunal judiciaire de LILLE
Juge de l’exécution par délégation de Monsieur le Président du tribunal judiciaire de LILLE
GREFFIER : Sophie ARES
DÉBATS : A l’audience publique du 17 Mai 2024, l’affaire a été mise en délibéré au 14 Juin 2024
JUGEMENT prononcé par décision CONTRADICTOIRE rendue en premier ressort par mise à disposition au Greffe
Tribunal judiciaire de Lille N° RG 24/00179 - N° Portalis DBZS-W-B7I-YGVX
EXPOSE DU LITIGE
Par contrat du 9 février 2017, la société SIA HABITAT a donné en location à Monsieur [K] un logement situé [Adresse 3], à [Localité 4]. Suite à des impayés, et par acte d’huissier du 6 août 2020, le bailleur a fait délivrer à Monsieur [K] un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail.
Par un jugement du 12 mars 2021, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille, saisi par le bailleur en résolution du bail, a notamment : -constaté l’acquisition de la clause résolutoire stipulée au bail, -condamné Monsieur [K] à payer la somme de 3.049,15 euros au titre de l’arriéré locatif arrêté au 30 décembre 2020, -autorisé Monsieur [K] à se libérer de cette dette par mensualités de 50 euros, -suspendu l’effet de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais et dit qu’elle sera réputée n’avoir jamais joué si les délais sont respectés, -à défaut, dit que l’intégralité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire sera acquise, ordonné l’expulsion de Monsieur [K] et fixé une indemnité mensuelle d’occupation de 702,56 euros.
Ce jugement a été signifié à Monsieur [K] le 11 juin 2021.
Par acte d’huissier en date du 3 juin 2022, le bailleur a fait commandement à Monsieur [K] de quitter les lieux. Ce commandement a été réitéré par acte du 12 février 2024.
Par requête reçue au greffe le 29 mars 2024, Monsieur [K] a sollicité l’octroi d’un délai à la mesure d’expulsion.
Le locataire et le bailleur ont été invités à comparaître devant ce tribunal à l’audience du 17 mai 2024.
Lors de cette audience, Monsieur [K], représenté par son conseil, a sollicité l’octroi d’un délai de 12 mois.
Le bailleur, représenté par son conseil, s’est opposé à la demande.
L’affaire a été mise en délibéré au 14 juin 2024.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur la demande de délais pour quitter les lieux.
Aux termes des articles L. 412-3 et L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution, le juge de l'exécution peut accorder des délais renouvelables aux occupants de locaux d'habitation ou de locaux à usage professionnel dont l'expulsion aura été ordonnée judiciairement chaque fois que le relogement des intéressés ne pourra avoir lieu dans des conditions normales. Pour la fixation de la durée de ces délais qui ne peuvent être inférieurs à un mois et supérieurs à un an, il est tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. Il est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés.
Au cas présent, Monsieur [K] vit dans le logement avec sa fille âgée de 12 ans. Le requérant est actuellement en arrêt de travail pour maladie, ses ressources s’élevant à environ 1500 euros mensuels au titre des indemnités journalières, de la Prime d’activité et d’un complément employeur.
Tribunal judiciaire de Lille N° RG 24/00179 - N° Portalis DBZS-W-B7I-YGVX
Il ressort des pièces du dossier que Monsieur [K] a été victime d’un AVC en décembre 2019 et qu’une anomalie cardiaque lui a été diagnostiquée lors de la prise en charge de cet AVC, rendant nécessaire une intervention chirurgicale. Monsieur [K] indique que cette intervention devrait avoir lieu dans quelques mois. Au soutien de sa demande, le requérant fait valoir que ses démarches de relogement n’ont à ce