Chambre sociale 4-2, 27 juin 2024 — 22/01061

other Cour de cassation — Chambre sociale 4-2

Texte intégral

COUR D'APPEL

DE

VERSAILLES

Code nac : 83H

Chambre sociale 4-2

ARRET N°

CONTRADICTOIRE

DU 20 JUIN 2024

N° RG 22/01061 -

N° Portalis DBV3-V-B7G-VDHE

AFFAIRE :

[P] [Z]

Syndicat FÉDÉRATION NATIONALE DES MINES DE L'ÉNERGIE

Syndicat CGT ET UFICT

C/

S.A. RTE

Décision déférée à la cour : Jugement rendu le 14 Mars 2022 par le Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de NANTERRE

N° Section : I

N° RG : 19/01097

Copies exécutoires et certifiées conformes délivrées à :

Me Jérôme BORZAKIAN

Me Oriane DONTOT

le :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

LE VINGT SEPT JUIN DEUX MILLE VINGT QUATRE,

La cour d'appel de Versailles a rendu l'arrêt suivant, devant initialement être rendu le 20 juin 2024 et prorogé au 27 juin 2024, les parties en ayant été avisées, dans l'affaire entre :

Monsieur [P] [Z]

[Adresse 9]

[Adresse 9]

[Localité 3]

Représentant : Me Jérôme BORZAKIAN de la SELARL WEIZMANN BORZAKIAN, Plaidant/Constitué, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : G0242

Syndicat FÉDÉRATION NATIONALE DES MINES DE L'ÉNERGIE

[Adresse 1]

[Localité 7]

Représentant : Me Jérôme BORZAKIAN de la SELARL WEIZMANN BORZAKIAN, Plaidant/Constitué, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : G0242

Syndicat CGT ET UFICT ENERGIE

[Adresse 5]

[Localité 2]

Représentant : Me Jérôme BORZAKIAN de la SELARL WEIZMANN BORZAKIAN, Plaidant/Constitué, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : G0242

APPELANTS

****************

S.A. RTE

[Adresse 4]

[Localité 6]

Représentant : Me Oriane DONTOT de la SELARL JRF AVOCATS & ASSOCIES, Constitué, avocat au barreau de VERSAILLES, vestiaire : 617 et Me Tamar KATZ, Plaidant, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : G0236

INTIMEE

****************

Composition de la cour :

En application des dispositions de l'article 805 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue à l'audience publique du 28 Mars 2024 les avocats des parties ne s'y étant pas opposés, devant Madame Valérie DE LARMINAT, Conseiller chargé du rapport.

Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la cour, composée de :

Madame Catherine BOLTEAU-SERRE, Président,

Madame Valérie DE LARMINAT, Conseiller,

Madame Isabelle CHABAL, Conseiller,

Greffier lors des débats : Madame Domitille GOSSELIN,

Greffier lors de la mise à disposition : Madame Dorothée MARCINEK

Rappel des faits constants

La SA RTE, dont le siège social est situé à [Localité 10] dans les Hauts-de-Seine, a pour activité de s'assurer de la qualité, de la sécurité et de l'efficacité du réseau public français de transport d'électricité. Elle emploie environ 8 400 salariés dont 4 500 à la maintenance et applique la convention collective des industries gazières et électriques.

M. [P] [Z], né le 11 octobre 1969, a été engagé par cette société, selon contrat de travail à durée indéterminée du 1er octobre 1989, en qualité de technicien d'exportation, au sein de l'agence de passage d'[Localité 8].

Outre une rémunération fixe, M. [Z] percevait une prime d'astreinte dite «'d'action immédiate'» et une indemnité dite de «'zone d'habitat d'astreinte'» (IZH).

M. [Z] consacre 100 % de son temps de travail à l'exercice de ses différents mandats syndicaux, dernièrement celui de secrétaire du comité d'établissement de la maintenance (qui regroupe presque la moitié de l'effectif total de la société RTE).

Il a signé à ce titre plusieurs conventions tripartites conclues entre l'employeur, le salarié et l'organisation syndicale, appelée «'convention de gestion pour l'exercice des mandats représentatifs et/ou syndicaux ».

Alléguant ne plus avoir perçu de prime d'astreinte ni de prime IZH depuis la signature de la convention, l'employeur lui ayant versé une indemnité à titre de compensation, considérant être de ce fait victime d'une discrimination en raison de ses activités syndicales, M. [Z] a saisi le conseil de prud'hommes de Nanterre en rappel de prime, par requête reçue au greffe le 15 avril 2019.

Trois organisations syndicales, à savoir le syndicat Énergie Savoie, le syndicat CGT et CGT/UFICT des Personnels Ouvriers-Maîtrises-Ingénieurs-Cadres des Industries Électriques de RTE Sud-Ouest, Fonctions Centrales et Retraités Veufs et Veuves des IEG et la Fédération Nationale des Mines et de l'Énergie (FNME), sont intervenues volontairement à la procédure.

Deux autres salariés, à savoir MM. [J] et [N], ont également saisi le conseil de prud'hommes de Nanterre de la même demande.

La décision contestée

Devant le conseil de prud'hommes, M. [Z], ainsi que les trois syndicats, ont présenté les demandes suivantes':

à titre principal,

- constater qu'il a été victime d'un traitement différencié et d'une atteinte incontestable à l'exercice de ses mandats syndicaux et électifs, en conséquence que ce dernier a subi une entrave à l'exercice de ses fonctions syndicales en raison de la cessation du versement de sa rémunération co