J.L.D. HSC, 28 juin 2024 — 24/05019
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 12 JOURS ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 24/05019 - N° Portalis DB3S-W-B7I-ZP6B MINUTE: 24/1293
Nous, Sarah MASSOUD, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [Z] [P] né le 26 Septembre 1980 [Adresse 3]
Etablissement d’hospitalisation : L’EPS DE [5], sis [Adresse 2]
présent assisté de Me Carole YTURBIDE, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE
Madame la directrice de L’EPS DE [5] Absent
TIERS A L’ORIGINE DE L’HOSPITALISATION
Monsieur [R] [P] Absent
MINISTÈRE PUBLIC
Absent A fait parvenir ses observations par écrit le 27 juin 2024
Le 18 juin 2024, la directrice de L’EPS DE [5] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [Z] [P].
Depuis cette date, Monsieur [Z] [P] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS DE [5].
Le 24 juin 2024, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [Z] [P].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 27 juin 2024.
A l’audience du 28 juin 2024, Me Carole YTURBIDE, conseil de Monsieur [Z] [P], a été entendue en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques
Aux termes de l’article L.3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L.3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L.3211-2-1.
L’article L.3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure, avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l’article L.3214-3 ou à compter de la décision par laquelle le directeur de l’établissement a modifié la forme de la prise en charge du patient en procédant à son hospitalisation complète.
En cas d’urgence, l’article L.3212-3 du code de la santé publique prévoit que lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade, le directeur d’établissement peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d’un tiers l’admission en soins psychiatriques d’une personne malade au vu d’un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d’un médecin exerçant dans l’établissement, et que dans ce cas, les certificats médicaux établis dans les 24 et 72 heures de l’admission sont établis par deux psychiatres distincts.
Il résulte des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux établis dans les 24 et 72 heures, de la décision d’admission et de celle de maintien des soins ainsi que de l’avis motivé du 24 juin 2024, que Monsieur [Z] [P], patient connu du secteur pour un trouble schizo-affectif, a été hospitalisé alors qu’il présentait un “délire mal systématisé de thématique de persécution et messianique, de mécanisme intuitif, avec participation anxieuse”, avec un comportement et un discours désorganisés, dans un contexte de rupture de traitement.
Il ressort en particulier de l’avis médical motivé que Monsieur [Z] [P] est calme sur le plan moteur, mais a un contact étrange et présente un délire de persécution à mécanismes multiples et une humeur triste avec des idéations suicidaires.
A l’audience de ce jour, ce patient a déclaré que son hospitalisation se déroulait “bien” et qu’il avait ainsi pu “vider son sac” et que son “problème est [son] addiction à l’information en temps réel” et “en particulier, l’algorythme de Facebook”, ce qui l’avait fortement “angoissé”, admettant dans le même temps avoir arrêté son traitement pendant quelques jours. Il a ajouté, par la voie de son conseil, qu’il était stressé du fait de son rythme de travail. Il a demandé à pouvoir retourner chez lui, tout en ayant conscience, tel que l’indiquent les médecins, qu’une sortie serait prématurée.
Il suit de l’ensemble de ces éléments que Monsieur [Z] [P] [O] présente des troubles mentaux qui rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une ho