Service des référés, 28 juin 2024 — 24/50933
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS
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N° RG 24/50933 - N° Portalis 352J-W-B7I-C3WLP
N° : 1/MC
Assignation du : 02 Février 2024
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[1] 2 Copies exécutoires délivrées le:
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ rendue le 28 juin 2024
par Marie-Hélène PENOT, Juge au Tribunal judiciaire de Paris, agissant par délégation du Président du Tribunal,
Assistée de Marion COBOS, Greffier. DEMANDERESSE
Société AESTIAM PIERRE RENDEMENT [Adresse 5] [Localité 4]
représentée par Maître Thierry DAVID, avocat au barreau de PARIS - #A0436
DEFENDERESSE
S.A.R.L. WASHINGTON BLUES [Adresse 2] [Localité 4]
représentée par Maître Philippe CAVARROC de la SELAS Cabinet THEILLAC-CAVARROC, avocat au barreau de PARIS - #A0550
DÉBATS
A l’audience du 22 Avril 2024, tenue publiquement, présidée par Marie-Hélène PENOT, Juge, assistée de Marion COBOS, Greffier,
Nous, Président,
Après avoir entendu les conseils des parties comparantes,
Par acte sous seing privé en date du 12 septembre 2014, la société B & W EUROPE -aux droits de laquelle vient désormais la société civile de placement immobilier AESTIAM PIERRE RENDEMENT (ci-après : la société AESTIAM) - a consenti à la société à responsabilité limitée WASHINGTON BLUES un bail commercial portant sur divers locaux dépendants d’un immeuble situé à [Adresse 3] et [Adresse 1].
Des loyers sont demeurés impayés.
La société bailleresse a fait délivrer à la société défenderesse un premier commandement de payer visant la clause résolutoire signifié le 16 septembre 2021, à la suite duquel la société WASHINGTON BLUES a saisi le tribunal judiciaire d’une action en opposition en parallèle de laquelle une action a été introduite par la bailleresse aux fins de constat de l’acquisition de la clause résolutoire, instances jointes desquelles les parties se sont désistées compte tenu de la signature d’un protocole d’accord. Un deuxième commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré le 7 juin 2022, à l’encontre duquel la société WASHINGTON BLUES a également formé une action en opposition.
Sur le fondement du second commandement, la société AESTIAM a saisi le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris, par exploit en date du 15 juillet 2022, aux fins de voir constater l’acquisition de la clause résolutoire et de voir condamner le preneur au paiement des arriérés au titres des loyers et charges dus par ce dernier. Les parties ont été invitées à rencontrer un conciliateur. Les discussions engagées dans ce cadre ont abouti à la signature d'un protocole d'accord en date du 21 décembre 2022, homologué par ordonnance du juge de la mise en état du 26 janvier 2023, signifiée à la société WASHINGTON BLUES le 28 février 2023. Déplorant le non-respect par le preneur des stipulations du protocole, la société AESTIAM a notifié à la société WASHINGTON BLUES la déchéance du terme, par lettre recommandée en date du 8 septembre 2023 dont il a été accusé réception le 13 septembre 2023.
Par exploit du 27 septembre 2023, la société AESTIAM a signifié à la société WASHINGTON BLUES un commandement de quitter les lieux.
Par assignation signifiée le 15 novembre 2023, la société WASHINGTON BLUES a assigné la société AESTIAM devant le tribunal judiciaire de Paris, demandant à titre principal la suspension de l'exécution du protocole d'accord, à titre subsidiaire la révision dudit protocole en ce qui concerne les délais de remboursement de l’arriéré locatif. L'affaire est pendante devant la 18ème chambre du tribunal judiciaire de Paris.
Par jugement en date du 18 janvier 2024, le juge de l’exécution a annulé le commandement de quitter les lieux du 27 septembre 2023, au motif que si l’ordonnance d’homologation est un titre exécutoire au sens de l’article L. 111-3 du code des procédures civiles d’exécution, elle ne constitue pas une décision de justice permettant l’expulsion au sens de l’article L. 411-1 du code des procédures civiles d’exécution. L'appel interjeté contre ce jugement est pendant devant la cour d'appel de Paris.
Par acte extrajudiciaire délivré le 2 février 2024, la société AESTIAM a attrait la société WASHINGTON BLUES devant le Président du tribunal judiciaire de Paris aux fins, essentiellement, de voir prononcer l'expulsion de la société défenderesse des locaux sis [Adresse 3] et [Adresse 1].
Par exploits séparés du 19 février 2024, l’assignation a été dénoncée aux créanciers inscrits.
A l'audience du 22 avril 2024, la société AESTIAM soutient oralement ses conclusions, aux termes desquelles elle entend voir : « DEBOUTER la société WASHINGTON BLUES de ses demandes de fins de non-recevoir fondées sur le défaut d’intérêt à agir et l’estoppel. DEBOUTER la société WASHINGTON BLUES de ses demandes de délais rétroactifs ou délais pour quitter les lieux CONSTATER, que le protocole d’accord homologué n’a pas été respecté par la société WASHINGTON BLUES et que par conséquent la clause résolutoire est acquise à compter du 17 octobre 2021 ORDONNER l'expulsion sans délai de la société WASHINGTO