Chambre 4-2, 6 septembre 2024 — 20/01504
Texte intégral
COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE
Chambre 4-2
ARRÊT AU FOND
DU 06 SEPTEMBRE 2024
N° 2024/155
Rôle N° RG 20/01504 - N° Portalis DBVB-V-B7E-BFQ5L
[M] [R]
C/
SARL APM PROVENCE
Copie exécutoire délivrée
le : 06 septembre 2024
à :
Me Olivier DONNEAUD, avocat au barreau de MARSEILLE
Me Stéphanie JACOB BONET, avocat au barreau d'AIX-EN-PROVENCE
Décision déférée à la Cour :
Jugement du Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de Martigues en date du 19 Décembre 2019 enregistré(e) au répertoire général sous le n° F 18/00688.
APPELANT
Monsieur [M] [R] Ayant pour avocat Maître Olivier DONNEAUD, Avocat au Barreau de Marseille, lequel se constitue sur la présente et ses suites, demeurant [Adresse 2]
représenté par Me Olivier DONNEAUD, avocat au barreau de MARSEILLE
INTIMEE
SARL APM PROVENCE, demeurant [Adresse 1]
représentée par Me Stéphanie JACOB BONET, avocat au barreau d'AIX-EN-PROVENCE
*-*-*-*-*
COMPOSITION DE LA COUR
En application des dispositions des articles 804 et 805 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue le 15 Mai 2024, en audience publique, les avocats ne s'y étant pas opposés, devant Mme Marianne FEBVRE, Présidente de chambre suppléante, chargé du rapport, qui a fait un rapport oral à l'audience, avant les plaidoiries.
Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la cour, composée de :
Mme Marianne FEBVRE, Présidente de chambre suppléante
Madame Florence TREGUIER, Présidente de chambre
Madame Ursula BOURDON-PICQUOIN, Conseiller
Greffier lors des débats : Mme Cyrielle GOUNAUD.
Les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe le 09 Août 2024, délibéré prorogé au 06 septembre 2024
ARRÊT
Contradictoire,
Prononcé par mise à disposition au greffe le 06 septembre 2024
Signé par Mme Marianne FEBVRE, Présidente de chambre suppléante et Mme Cyrielle GOUNAUD, Greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
***
Alors qu'il travaillait depuis déjà pour le compte de la société APM Provence dans le cadre de missions intérimaires, M. [M] [R] a été engagé à compter du 17 octobre 2016 en qualité d'échafaudeur / calorifugeur dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée moyennant une rémunération mensuelle brute de 1.744,20 € pour une durée de travail de 151,67 heures.
Au dernier état de la relation de travail, le salarié qui occupait le poste de 'leader d'équipe' percevait un salaire mensuel de base de 1.865,54 € par mois, et - compte tenu des heures supplémentaires et des majorations - une rémunération mensuelle brute moyenne de 3.266,72 € (3 derniers mois).
Eu égard à la fois de l'activité de l'entreprise (montage de structures métalliques) et de ses effectifs, la relation de travail était soumise à la convention collective nationale des entreprises du bâtiment de plus de 10 salariés.
M. [R] a démissionné de son poste par un courrier du 20 juillet 2018, puis il a adressé le 28 septembre 2018 à la société APM Provence une lettre rédigée en ces termes :
« Je fais suite à mon courrier du 20 juillet 2018 par lequel j'ai démissionné de mon poste au sein de votre entreprise.
Vous n'ignorez pas que ma décision était dictée par des conditions de travail particulièrement inhumaines que j'ai pourtant dû supporter pendant plusieurs années.
Les horaires de travail que je devais pratiquer étaient totalement illicites.
Ils ne permettaient pas en effet de respecter les durées maximales de travail, ni les règles relatives aux repos.
Je n'ai en outre jamais bénéficié du moindre repos pour les très nombreuses heures supplémentaires réalisées chaque année au-delà du contingent.
De telles conditions de travail ont compromis ma santé et ma sécurité.
Je tenais à souligner les motifs de ma démission dans la mesure où j'envisage de saisir le Conseil de Prud'hommes pour obtenir la juste réparation de mes préjudices. »
Le 27 novembre suivant, à l'instar de 17 collègues, le salarié a saisi le conseil des prud'hommes de Martigues pour demander que sa démission produise les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse et - outre les indemnités liées à la rupture - réclamer des dommages et intérêts pour privation des repos compensateurs afférents aux heures supplémentaires effectuées au-delà du contingent annuel, pour non-respect des durées maximales de travail ainsi que pour non-respect du repos hebdomadaire.
Vu le jugement du 19 décembre 2019 qui a condamné la société APM Provence au paiement des sommes suivantes, avec intérêts au taux légale à compter du prononcé de la décision :
- 21.586,50 € à titre de dommages et intérêts pour privation des droits au repos compensateur pour les années 2015 à 2018,
- 500 € à titre de dommages et intérêts po