Pôle social, 3 septembre 2024 — 23/01861
Texte intégral
1/ Tribunal judiciaire de Lille N° RG 23/01861 - N° Portalis DBZS-W-B7H-XSKQ TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
PÔLE SOCIAL
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JUGEMENT DU 03 SEPTEMBRE 2024
N° RG 23/01861 - N° Portalis DBZS-W-B7H-XSKQ
DEMANDERESSE :
URSSAF NORD PAS DE CALAIS [Adresse 5] [Localité 1]
Représentée par Mme [P] [O], munie d'un pouvoir
DÉFENDERESSE :
Association [4] [Adresse 3] [Localité 2]
Représentée par Me Hélène BERNARD, avocat au barreau de LILLE, substitué par Me DURAND ROUSSEL
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Président : Maryse MPUTU-COBBAUT, Juge Assesseur : Valérie GRULIER LANGRAND, Assesseur du pôle social collège employeur Assesseur : Jean-Jacques DELECROIX, Assesseur du pôle social collège salarié
Greffiers
Claire AMSTUTZ, lors des débats Louise DIANA, lors du délibéré
DÉBATS :
A l’audience publique du 11 Juin 2024, date à laquelle l’affaire a été mise en délibéré, les parties ont été avisées que le jugement serait rendu le 03 Septembre 2024.
EXPOSÉ DU LITIGE
Par requête déposée le 27 septembre 2023, l'association [4] (l'association) a saisi le tribunal judiciaire de Lille, spécialement désigné en application de l'article L.211 16 du code de l'organisation judiciaire, aux fins de former opposition à la contrainte portant sur la créance n° 0044590706 établie le 15 mai 2023 par le Directeur de l'Union de Recouvrement de Cotisations de Sécurité Sociale et Allocations Familiales (URSSAF) Nord Pas-de-Calais et signifiée le 14 septembre 2023, pour obtenir paiement d'une somme de 929,98 euros - entièrement constituée de pénalités - au titre du mois de novembre 2022.
Les parties ont été initialement convoquées à l'audience du 9 avril 2024. Après un renvoi à leur demande, l'affaire a été retenue à l'audience du 11 juin 2024.
A cette audience, l'URSSAF Nord-Pas-de-Calais indique se désister de son instance et sollicite le rejet de la demande formée par l'association au titre des frais irrépétibles.
Elle fait valoir que la procédure devant la juridiction est gratuite et sans représentation obligatoire par ministère d'avocat ; que le gestionnaire de compte de l'association a confirmé qu'il existe des difficultés avec l'association opposante depuis longtemps et que celle-ci refuse de s'engager dans le processus amiable qui lui a été proposé, de sorte que sa demande est injustifiée.
A l'audience, l'association [4] s'oppose au désistement d'instance de l'URSSAF et demande la condamnation de l'organisme à lui payer une somme de 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ainsi qu'aux entiers dépens.
Au soutien de ses prétentions, l'association fait valoir qu'à ce jour, l'URSSAF Nord-Pas-de-Calais a émis neuf contraintes à son encontre sans respecter les règles de la procédure de recouvrement de créances, de sorte qu'elle l'a contrainte a engagé des frais de justice inutiles ; que l'URSSAF a indiqué ne pas se désister de son action, de sorte qu'elle devra faire face aux frais d'une nouvelle procédure alors que l'organisme reconnaît le bien-fondé de sa contestation car il a progressivement diminué le montant de la créance au principale ; que l'URSSAF ne lui a pas proposé d'alternative amiable satisfaisante au différend.
A l'issue des débats, les parties ont été informées que le jugement serait rendu après plus ample délibéré par décision mise à disposition au greffe le 3 septembre 2024.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur le désistement d'instance
Aux termes de l'article 394 du code de procédure civile, le demandeur peut, en tout matière, se désister de sa demande en vue de mettre fin à l'instance.
Aux termes de l'article 395 du code de procédure civile, le désistement n'est parfait que par l'acceptation du défendeur.
Toutefois, l'acceptation n'est pas nécessaire si le défendeur n'a présenté aucune défense au fond ou fin de non-recevoir au moment où le demandeur se désiste.
En l'espèce, l'URSSAF indique se désister de son instance à l'audience du 11 juin 2024. L'association n'avait alors présenté aucune défense au fond ou fin de non-recevoir. En conséquence, l'acceptation du désistement par l'opposante n'est pas nécessaire.
Ainsi, il y a lieu de constater le désistement d'instance de l'URSSAF et de statuer sur les frais de l'instance éteinte.
Sur les mesures accessoires
Sur les frais de signification de la contrainte et les dépens
Aux termes de l'article 399 du code de procédure civile, le désistement emporte toutefois, sauf convention contraire, soumission de payer les frais de l'instance éteinte.
Dès lors, les frais de signification de la contrainte du 15 mai 2023 seront donc mis à la charge de l'URSSAF Nord-Pas-de-Calais et l'organisme sera condamné aux dépens.
Sur les frais irrépétibles
Par ailleurs, en application de l'article 399 du code de procédure civile, la juridiction conserve le pouvoir de statuer sur une demande formée au titre de l'article 700 du code de procédure civile, qui ne tend qu'à régler les frais de l'instance éteinte (Civ. 2ème, 9 novembre 2006, n