Chambre sociale, 18 septembre 2024 — 22-20.471
Textes visés
Texte intégral
SOC. CH9 COUR DE CASSATION ______________________ Audience publique du 18 septembre 2024 Cassation partielle Mme CAPITAINE, conseiller doyen faisant fonction de président Arrêt n° 896 F-D Pourvoi n° F 22-20.471 R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E _________________________ AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS _________________________ ARRÊT DE LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, DU 18 SEPTEMBRE 2024 M. [M] [Y], domicilié [Adresse 1], a formé le pourvoi n° F 22-20.471 contre l'arrêt rendu le 22 juin 2022 par la cour d'appel de Paris (pôle 6, chambre 3), dans le litige l'opposant à la société Citaix Paris, société par actions simplifiée, dont le siège est [Adresse 2], défenderesse à la cassation. Le demandeur invoque, à l'appui de son pourvoi, un moyen de cassation. Le dossier a été communiqué au procureur général. Sur le rapport de Mme Nirdé-Dorail, conseiller, les observations de la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano et Goulet, avocat de M. [Y], de la SCP Françoise Fabiani-François Pinatel, avocat de la société Citaix Paris, après débats en l'audience publique du 2 juillet 2024 où étaient présents Mme Capitaine, conseiller doyen faisant fonction de président, Mme Nirdé-Dorail, conseiller rapporteur, Mme Lacquemant, conseiller, et Mme Jouanneau, greffier de chambre, la chambre sociale de la Cour de cassation, composée des président et conseillers précités, après en avoir délibéré conformément à la loi, a rendu le présent arrêt. Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Paris, 22 juin 2022), M. [Y] a été engagé en qualité de chauffeur poids lourd par la société Citaix Paris le 16 mai 1994. 2. Victime d'un accident du travail le 8 décembre 2010, le salarié a été déclaré inapte à son poste par le médecin du travail le 5 février 2015. 3. Licencié le 30 mars 2015 pour inaptitude et impossibilité de reclassement, le salarié a saisi la juridiction prud'homale. Examen du moyen Sur le moyen, pris en sa quatrième branche Enoncé du moyen 4. Le salarié fait grief à l'arrêt de le débouter de ses demandes de dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, d'indemnité spéciale de licenciement et d'indemnité compensatrice, alors « que le juge ne doit pas dénaturer les conclusions des parties ; qu'en l'espèce, le salarié faisait valoir, sans que cela fût contesté par l'employeur, qu'il avait continué de bénéficier d'arrêts de travail postérieurement à la consolidation de son état de santé et jusqu'à son licenciement pour inaptitude, l'employeur contestant seulement que les arrêts de travail postérieurs à la consolidation de l'état de santé du salarié puissent avoir un caractère professionnel ; que pour débouter le salarié de sa demande de condamnation de l'employeur à lui payer le solde de l'indemnité spéciale de licenciement, la cour d'appel a retenu que contrairement à ce qu'affirment le salarié et le conseil des prud'hommes, la preuve de la prolongation non interrompue de l'arrêt de travail consécutif à l'accident de travail n'est pas apportée" ; qu'en statuant ainsi quand il n'était pas contesté que le salarié avait bénéficié d'arrêts de travail de façon ininterrompue après son accident du travail et jusqu'à son licenciement pour inaptitude physique, l'employeur se contentant de remettre en cause le caractère professionnel des arrêts de travail postérieurs à la notification de la consolidation par la CPAM de l'état de santé du salarié le 26 mai 2013, la cour d'appel a dénaturé les termes du litige en violation de l'article 4 du code de procédure civile. » Réponse de la Cour Vu l'article 4 du code de procédure civile : 5. Selon ce texte, l'objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des parties. 6. Pour débouter le salarié de sa demande d'indemnité spéciale de licenciement et d'indemnité compensatrice, l'arrêt retient que la preuve de la prolongation non interrompue de l'arrêt de travail consécutif à l'accident de travail n'est pas rapportée, et que l'avis d'inaptitude émis le 5 février 2015 exclut toute maladie ou accident professionnel. 7. En statuant ainsi, alors que l'employeur ne contestait pas que le salarié avait bénéficié d'arrêts de travail de façon ininterrompue à compter de son accident du travail et jusqu'à son licenciement pour inaptitude physique, la cour d'appel, qui a méconnu les termes du litige, a violé le texte susvisé. Et sur le moyen, pris en ses première et cinquième branches Enoncé du moyen 8. Le salarié fait les mêmes griefs à l'arrêt, alors : « 1°/ que les règles protectrices applicables aux victimes d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle s'appliquent dès lors que l'inaptitude du salarié, quel que soit le moment où elle est constatée ou invoquée, a, au moins partiellement, pour origine cet accident ou cette maladie et que l'employeur avait connaissance de cette origine professionnelle au moment du licenciement, peu important