J.L.D. HSC, 1 octobre 2024 — 24/07735

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — J.L.D. HSC

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY

ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 6 MOIS ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT

N° RG 24/07735 - N° Portalis DB3S-W-B7I-Z5LU MINUTE: 24/1954

Nous, Hélène ASTOLFI, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assistée de Sagoba DANFAKHA greffier, avons rendu la décision suivante concernant :

LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :

Monsieur [D] [H] né le 21 Novembre 1983 à [Localité 4] [Adresse 2] [Localité 3]

Etablissement d’hospitalisation: L’EPS DE [5]

Absent représenté par Me Thierry MEUROU, avocat commis d’office

PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE

Madame la directrice de L’EPS DE [5] Absente

MINISTÈRE PUBLIC

Absent A fait parvenir ses observations par écrit le 30 septembre 2024

Le 02 avril 2024, la directrice de L’EPS DE [5] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de [D] [H].

Le 09 avril 2024, le juge des libertés et de la détention a statué sur cette mesure en application de l’article L. 3211-12, L. 3213-5 ou L. 3211-12–1 du Code de la santé publique.

Depuis cette date, [D] [H] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS DE [5].

Le 23 septembre 2024, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de [D] [H].

Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 30 septembre 2024.

A l’audience du 01 octobre 2024, Me Thierry MEUROU, conseil de [D] [H], a été entendu en ses observations.

L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.

MOTIFS

Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques

Aux termes de l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1.

L’article L. 3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de six mois suivant soit toute décision judiciaire prononçant l’hospitalisation en application de l’article 706-135 du code de procédure pénale, soit toute décision prise par le juge des libertés et de la détention en application de l’article L. 3211-12 du présent code, de l’article L. 3213-5 ou du présent article, lorsque le patient a été maintenu en hospitalisation complète de manière continue depuis cette décision. Toute décision du juge des libertés et de la détention prise avant l’expiration de ce délai sur le fondement de l’un des mêmes articles 706-135, L. 3211-12 ou L. 3213-5 ou du présent article fait courir à nouveau ce délai.

Il résulte des pièces du dossier que Monsieur [D] [H] a été hospitalisé sans son consentement sur le fondement du péril imminent, suivant décision de la directrice d’établissement en date du 3 avril 2024 avec prise d’effets au 2 avril 2024, dans un contexte de rupture de traitement et de passage à l’acte violent envers sa mère. A l’examen initial, il était constaté que le patient était très tendu, excité, logorrhéique, agressif, méfiant avec des yeux brillants. Son discours était incohérent. Il exprimait un délire de persécution dirigé contre ses parents avec une participation affective importante où le sentiment de haine et de colère prédominait. Il ne coopérait pas, s’opposait à tous les soins et était dans le déni des troubles.

Par ordonnance en date du 11 avril 2024, le juge des libertés et de la détention a autorisé la poursuite de la mesure de soins sans consentement.

L’avis motivé à 6 mois en date du 23 septembre 2024 mentionne que le patient est calme sur le plan psychomoteur. Le contact était superficiel. Son humeur paraissait neutre avec des affects restreints. Son discours était provoqué, les réponses laconiques, expéditives et tangentielles. Il n’était pas relevé de troubles instinctuels. Il ne respectait pas le cadre. Il était relevé une intolérance à la frustration. Il était anosognosique et ambivalent aux soins.

Monsieur [D] [H] est absent à l’audience. Il ressort du retour de l’avis d’audience réceptionné le 1er octobre 2024 que l’intéressé a refusé de comparaitre devant le juge des libertés et de la détention.

Il résulte des éléments médicaux ci dessus rappelés, lesquels ne peuvent être remis en cause par le juge des libertés et de la détention, que Monsieur [D] [H] p