Juge des libertés détent, 4 octobre 2024 — 24/01057

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — Juge des libertés détent

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CLERMONT-FERRAND

N° RG 24/01057 - N° Portalis DBZ5-W-B7I-JXU7 MINUTE : 24/00564 ORDONNANCE rendue le 04 octobre 2024 Article L 3211-12-1 du code de la santé publique

CONTRÔLE DE L’HOSPITALISATION COMPLÈTE AVANT L’EXPIRATION D’UN DÉLAI DE DOUZE JOURS

DEMANDEUR M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER DE [6] [Adresse 4] [Adresse 4] [Localité 3] Non comparant

PERSONNE ADMISE EN SOINS PSYCHIATRIQUES SANS CONSENTEMENT

Madame [X] [Y] [S] née le 30 Juillet 1956 à [Localité 5] [Adresse 1] [Localité 3] comparante en personne assistée de Me Vanessa BONNARD, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND

TIERS DEMANDEUR à L’ADMISSION ASSOCIATION TUTELAIRE NORD-AUVERGNE [Adresse 2] [Localité 3] non comparante, régulièrement avisée par courriel le 01/10/2024

MINISTÈRE PUBLIC régulièrement avisé, a fait des observations écrites

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Nous, Jean-Christophe RIBOULET, Vice-Président chargé des fonctions de juge des libertés et de la détention au Tribunal Judiciaire de Clermont-Ferrand, assisté de Saliha BELENGUER-TIR, greffier statuant dans la salle dédiée à cet effet au Centre Hospitalier Sainte Marie

DÉBATS :

A l'audience publique du 04 Octobre 2024,en présence du personnel soignant accompagnant, et la décision rendue en audience publique,

Le juge a exposé la procédure et indiqué l’avis du procureur de la République figurant au dossier.

Madame [X] [Y] [S] et son conseil ont été entendus.

MOTIFS DE L’ORDONNANCE

Attendu que selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :

Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1 ; Que selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission ;

Attendu que Madame [X] [Y] [S] a été admise depuis le 25/09/2024 en soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète à la demande d’un tiers, en l’espèce l’ASSOCIATION TUTELAIRE NORD-AUVERGNE ;

Attendu que par requête reçue le 01 Octobre 2024, le directeur d’établissement a saisi le Juge du Tribunal Judiciaire de céans pour que la poursuite de cette mesure soit ordonnée ;

Attendu qu’il résulte du certificat médical du docteur [C] en date du 01/10/2024 qu’il a constaté :” un discours relatant toutes les persécutions qu’elle vir avec mécanismes hallucinatoires internse quotidiens. Elle explique sans aucune conscience du caractère délirant vivre cela depuis 20 ans, être volée, torturée (par des ondes laser bleues ou blanches en particulier). Singulièrement si elle dit être épuisée et avoir été aux urgences pour ne pas être tuée, elle ne montre pas de signes de dépressif ni même d’insomnie. Ce jour, elle ne veut pas qu’on envisage un changement de traitement en ayant eu des mauvaises tolérances dans le passé? Il convient de faire un bilan social avec fils et curatrice et discuter des solutions non médicamenteuses à associer à sa prise en soins avec curatrice et fils avant de statuer sur une piste chimio thérapeutique pour laquelle il daufrait insister malgré le caractère surement très enkystée du délire. Les éléments médicaux suivants font obstacle à l’audition du patient par Mr ou Mme le Juge du Tribunal JUdiciaire de CLERMONT-FERRAND: aucun. Dans ces conditions, les soins sans consentement restent médicalement justifiés et doivent être maintenus en hospitalisation complète;”

Attendu qu’au cours de l’audience, Madame [X] [Y] [S] a déclaré :” j’ai du tapage nocturne chez moi alors j’ai demandé comment aller à l’hôpital pour passer quelques jours, depuis on m’a donné des médicaments; j’avais demandé cela au curateur; mes voisins vivent la nuit et eux le jour; la maquerelle qui dirige au dessus de ma tête ne dort que 4h; je dormais très peu; maintenant je me sens bien; j’ai récupéré. J’ai une oreille comme les moineaux précisément et les bruits des urgences à chaque fois que mon écoute est saturée par trop de sons j’ai la diarrhée tout le temps à [7] j’en ai fait trois, hier j’en ai fait deux. Chaque fois que je suis emmerdée par les sons je suis paralysée sur le dos et le côté gauche. Les paralysies à cause des sons me mettent dans un état lamentable. Je suis en pleine forme , je veux bien rentrer chez moi j’ai du retard, j’ai bien dormi et je me sens bien. J’ai soif là; les médecins estiment qu’avec un traitement de plus en place ca irait, mais av