CTX PROTECTION SOCIALE, 4 septembre 2024 — 23/00958
Texte intégral
__________________________________________________________________________________________________ T.J de Créteil - Pôle Social - GREJUG04 / N° RG 23/00958 - N° Portalis DB3T-W-B7H-URBU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CRÉTEIL Pôle Social Contentieux Général de la Sécurité Sociale
JUGEMENT DU 4 SEPTEMBRE 2024 ___________________________________________________________________________
DOSSIER N° RG 23/00958 - N° Portalis DB3T-W-B7H-URBU
MINUTE N° 24/1151 Notification
Copie certifiée conforme délivrée aux parties par LRAR _____________________________________________________________________
PARTIES EN CAUSE :
DEMANDEUR
M. [Y] [K], demeurant [Adresse 1] - [Localité 3] non comparant, ni représenté
DEFENDERESSE
Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) du Pays de la Loire, sise [Adresse 4] - [Localité 2] Représentée par Mme [I] [U], salariée munie d’un pouvoir
DEBATS A L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 19 JUIN 2024
COMPOSITION DU TRIBUNAL:
PRESIDENTE : Mme Valérie BLANCHET, première vice-présidente
ASSESSEURS : M. Mohamed HELLA, assesseur du collège salarié M. Philippe ROUBAUD, assesseur du collège employeur
GREFFIERE : Mme Karyne CHAMPROBERT
Décision contradictoire et en premier ressort rendue au nom du peuple français après en avoir délibéré le 4 septembre 2024 par la présidente, laquelle a signé la minute avec la greffière.
EXPOSE DU LITIGE :
Mme [K] a sollicité une retraite personnelle le 18 novembre 2009 et le bénéfice de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, ci-après l’ASPA, au titre de son ménage le 15 décembre 2009. Le 3 avril 2010 la CARSAT lui a notifié un droit à la retraite assortie d’un droit à l’ASPA à compter du 1er mars 2010.
Elle a rempli un questionnaire de ressources et de situation familiale sans mentionner aucune ressource pour M. [Y] [K], son époux.
Le 2 mars 2011 et le 30 mars 2013, elle a complété un questionnaire de contrôle de ressources et de situation familiale sans davantage déclarer les ressources perçues par son mari.
La CARSAT a diligenté une enquête et l’agent enquêteur a déposé son rapport le 4 décembre 2017 concluant que Mme [K] n’avait jamais déclaré la reprise de travail de son époux à compter du 1er février 2012 jusqu’au 31 décembre 2014 et à compter du 1er août 2015.
Au regard de ces éléments, le comité décisionnel fraude a considéré le 15 juillet 2018 devoir appliquer une pénalité administrative de 909 euros.
Le 23 octobre 2018, la caisse a notifié à Mme [K] un trop-perçu d’un montant de 28 337, 10 euros sur la période du premier mars 2012 au 30 septembre 2018.
Le 21 novembre 2018, la caisse a notifié à Mme [K] l’indu et le 24 décembre 2018 la pénalité administrative.
Le 15 janvier 2019, Mme [K] a demandé qu’une retenue mensuelle soit effectuée sur sa retraite.
Mme [K] est décédée le 20 juin 2020 alors que le solde de la pénalité financière s’élevait à 279 euros et le trop-perçu d’ASPA à 26 337, 10 euros.
Le 5 avril 2023, la CARSAT a notifié à M. [Y] [K] un indu de succession pour un total de 26 610 euros.
Par requête du 9 août 2023, M. [Y] [K] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Créteil pour contester l’indu.
Les parties ont été convoquées à l’audience du 20 mars 2024.
Le 16 mars 2024, le requérant, représenté par sa fille, a sollicité le renvoi de l’audience au motif qu’il avait sollicité l’aide juridictionnelle.
L’affaire a donc été renvoyée contradictoirement à l’audience du 19 juin 2024.
M. [K] n’a pas comparu et n’était pas représenté à cette audience et n’a pas fait connaître le motif de son absence.
La représentante de la CARSAT a sollicité un jugement.
Par conclusions écrites et soutenues oralement à l’audience, préalablement portées à la connaissance de M. [K], la caisse a demandé au tribunal de condamner M. [K] à lui verser la somme de 26 610, 10 euros correspondant au solde du trop-perçu d’allocation de solidarité aux personnes âgées et de la pénalité administrative et d’ordonner l’exécution provisoire de la décision.
Le tribunal a reçu après l’audience un courriel sollicitant le renvoi.
MOTIFS :
Aux termes de l’article 468 du code de procédure civile, si sans motif légitime le demandeur ne comparait pas, le défendeur peut requérir un jugement sur le fond qu’il sera contradictoire. Selon l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparait pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur l’indu
M. [K] soutient dans sa requête qu’il a renoncé à la succession et que dès lors aucune somme ne peut lui être réclamée. Il ajoute que c’est par erreur que ses revenus n’ont pas été déclarés et qu’il est dans une situation financière difficile.
La caisse soutient qu’à la suite d’une enquête menée par ses services, elle a constaté que les revenus de M. [K] n’avaient pas été déclarés et c’est dans ces conditions qu’un indu d’ASPA a été calculé pour un montant de 26 337, 10 euros cor