Chambre sociale 4-2, 17 octobre 2024 — 22/00265

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Texte intégral

COUR D'APPEL

DE

VERSAILLES

Code nac : 80A

Chambre sociale 4-2

ARRET N°

CONTRADICTOIRE

DU 17 OCTOBRE 2024

N° RG 22/00265 -

N° Portalis DBV3-V-B7G-U7AH

AFFAIRE :

[P] [Y]

C/

S.E.L.A.R.L. P2G prise en la personne de Maître [U] [N], en sa qualité de commissaire au plan

S.A.R.L. SHANA

S.E.L.A.R.L. JSA en la personne de Me [S] en sa qualité de mandataire judiciaire de la société SHANA

AGS CGEA [Localité 4] UNEDIC

Décision déférée à la cour : Jugement rendu le 25 novembre 2021 par le Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de SAINT GERMAIN EN LAYE

N° Section : C

Copies exécutoires et certifiées conformes délivrées à :

Me Yoann SIBILLE

Me Violaine FAUCON-TILLIER

Me Claude-Marc BENOIT

le :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

LE DIX SEPT OCTOBRE DEUX MILLE VINGT QUATRE,

La cour d'appel de Versailles a rendu l'arrêt suivant dans l'affaire entre :

APPELANTE

Madame [P] [Y]

née le 12 août 1955 à [Localité 11]

[Adresse 6]

[Localité 1]

Représentant : Me Yoann SIBILLE de la SELARL SIBILLE AVOCAT, avocat au barreau de VERSAILLES, vestiaire : 664

****************

INTIMÉES

S.E.L.A.R.L. P2G prise en la personne de Maître [U] [N], en sa qualité de commissaire au plan

[Adresse 5]

[Localité 7]

Défaillant, déclaration d'appel signifiée par huissier à tiers

S.A.R.L. SHANA

[Adresse 10]

[Localité 9]

Représentant : Me Violaine FAUCON-TILLIER, avocat au barreau de VERSAILLES, vestiaire : 725

S.E.L.A.R.L. JSA en la personne de Me [C] [S] en sa qualité de mandataire judiciaire de la société SHANA

[Adresse 3]

[Localité 8]

Défaillant, déclaration d'appel signifiée par huissier à étude

Association UNEDIC délégation AGS CGEA [Localité 4]

[Adresse 2]

[Localité 4]

Représentant : Me Claude-Marc BENOIT, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : C1953

****************

Composition de la cour :

En application des dispositions de l'article 805 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue à l'audience publique du 07 juin 2024 les avocats des parties ne s'y étant pas opposés, devant Madame Isabelle CHABAL, conseillère chargée du rapport.

Cette magistrate a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la cour, composée de :

Madame Catherine BOLTEAU-SERRE, présidente,

Madame Valérie DE LARMINAT, conseillère,

Madame Isabelle CHABAL, conseillère,

Greffière lors des débats : Mme Domitille GOSSELIN,

Greffière placée lors de la mise à disposition : Mme Gaëlle RULLIER

EXPOSÉ DU LITIGE

La société à responsabilité limitée Shana, dont le siège social est situé [Adresse 10] à [Localité 9] dans le département des Yvelines, est spécialisée dans le secteur d'activité de la restauration et exerce sous l'enseigne commerciale '[12]'. Elle emploie plus de 10 salariés.

La convention collective applicable est celle des hôtels, cafés, restaurant du 30 avril 1997.

Mme [P] [Y], née le 12 août 1955, a été engagée par la société Shana par contrat de travail à durée déterminée dans le cadre d'un contrat saisonnier du 4 juin 2016 au 31 août 2016 en qualité de runner (commis de salle), moyennant une rémunération mensuelle brute de 1 650,99 euros outre indemnité de nourriture et primes.

Mme [Y] a continué à travailler pour la société Shana au mois de septembre 2016. Elle soutient avoir travaillé à la fin de cette période en 'extra' sans être déclarée, l'employeur indiquant qu'il ne l'a réembauchée qu'à compter du 1er juin 2017.

Mme [Y] a démissionné par courrier daté du 5 juillet 2017.

La société Shana a été placée en redressement judiciaire le 30 janvier 2020 par jugement du tribunal de commerce de Versailles. La Selarl JSA a été désignée en qualité de mandataire judiciaire et Me [U] [N] en qualité d'administrateur judiciaire.

Par jugement du 4 novembre 2021, le tribunal de commerce de Versailles a arrêté un plan de redressement de la société Shana d'une durée de 7 ans, a maintenu la Selarl JSA prise en la personne de Me [C] [S] en qualité de mandataire judiciaire et a nommé la Selarl P2G, prise en la personne de Me [U] [N], en qualité de commissaire à l'exécution du plan.

Par requête du 5 août 2019, Mme [Y] a saisi le conseil de prud'hommes de Saint-Germain-en-Laye en présentant les demandes suivantes :

- requalifier la démission en prise d'acte,

- requalifier la prise d'acte en licenciement nul,

- dommages et intérêts pour licenciement nul : 12 760,02 euros,

- indemnité de licenciement : 460,63 euros,

- préavis : 2 126,67 euros,

- congés payés sur préavis : 212,67 euros,

- dommages et intérêts pour harcèlement moral : 10 633,35 euros,

- rappel heures supplémentaires : 4 883,89 euros,

- congés payés afférents : 488,39 euros,

- travail dissimulé : 12 760,02 euros,

- article 700 du code de procédure civile : 3 500 euros,

- exécution provisoire article 515 du code de procédure civile.

La société Shana avait, quant à elle, demandé que Mme [Y] soit déboutée de ses demandes