J.L.D. HSC, 24 octobre 2024 — 24/08627
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 12 JOURS ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT
N° RG 24/08627 - N° Portalis DB3S-W-B7I-2CDT MINUTE: 24/2103
Nous, Gaëlle MENEZ, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Annette REAL, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:
LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :
Monsieur [B] [X] né le 15 Février 2000 à [Localité 4] [Adresse 2] [Localité 3]
Etablissement d’hospitalisation : L’EPS DE [5],
Présent assisté de Me Karine CHRUNYK, avocat commis d’office
PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE Madame la directrice de L’EPS DE [5] Absente
TIERS A L’ORIGINE DE L’HOSPITALISATION Monsieur [P] [C] Absent
MINISTÈRE PUBLIC Absent A fait parvenir ses observations par écrit le 23 Octobre 2024
Le 16 octobre 2024, la directrice de L’EPS DE [5] a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de Monsieur [B] [X].
Depuis cette date, Monsieur [B] [X] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de L’EPS DE [5].
Le 21 Octobre 2024, la directrice de l’établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [B] [X].
Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 23 octobre 2024.
A l’audience du 24 Octobre 2024, Me Karine CHRUNYK, conseil de Monsieur [B] [X], a été entendu en ses observations.
L’affaire a été mise en délibéré à ce jour.
MOTIFS Sur la poursuite de la mesure de soins psychiatriques
Aux termes de l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision de la directrice d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1.
L’article L. 3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge des libertés et de la détention, préalablement saisi par la directrice de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure , avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l’article L. 3214-3 ou à compter de la décision par laquelle la directrice de l’établissement a modifié la forme de la prise en charge du patient en procédant à son hospitalisation complète.
Il résulte des pièces du dossier, et notamment des certificats médicaux établis dans les 24 et 72heures, de la décision d'admission et de celle de maintien des soins ainsi que de l'avis motivé du 23 octobre 2024, que Monsieur [B] [X], a été hospitalisé sans son consentement, à la demande d'un tiers (frère) pour insomnie, dans le cadre d’une rupture de suivi. Il ne dort pas et déambule dans le service perturbant le sommeil des autres patients (frappe sur les portes). Le contact est familier et très provocateur, insultant et menaçant.
Il ressort en particulier de l'avis médical motivé du 23 octobre 2024 du Dr. [I] que le patient présente toujours une insomnie rebelle et une agressivité envers ses parents. Il est anosognosique.
A l'audience de ce jour, Monsieur [B] [X] déclare qu’il a été hospitalisé car son frère avait peur d’une rechute et il a souhaité le protéger et protéger aussi sa mère. Il ajoute qu’il travaille en tant que commercial en boutique pour Free, qu’il vit avec sa mère et sa petite soeur et qu’il passe une partie de ses nuits sur les jeux vidéos. Il précise que son traitement lui convient, qu’il sait qu’il devra le poursuivre à sa sortie d’hospitalisation, et qu’il souhaite sortir pour ne pas perdre son emploi.
Il suit de l'ensemble de ces éléments que ce patient présente des troubles mentaux qui rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
En conséquence, il convient d’ordonner la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [B] [X]. PAR CES MOTIFS
Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de [5], [Adresse 1] - [Localité 3], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel,
Ordonne la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète de Monsieur [B] [X]
Laisse les dépens à la charge de l’Etat.
Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire,
Fait et jugé à Bobigny, le 24 Octobr