Juge des libertés détent, 5 novembre 2024 — 24/01155

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — Juge des libertés détent

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CLERMONT-FERRAND

N° RG 24/01155 - N° Portalis DBZ5-W-B7I-JZB4 MINUTE : 24/00624 ORDONNANCE rendue le 05 novembre 2024 Article L 3211-12-1 du code de la santé publique

CONTRÔLE DE L’HOSPITALISATION COMPLÈTE AVANT L’EXPIRATION D’UN DÉLAI DE DOUZE JOURS

DEMANDEUR M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER DE [5] [Adresse 2] [Adresse 2] [Localité 3] Non comparant

PERSONNE ADMISE EN SOINS PSYCHIATRIQUES SANS CONSENTEMENT

Monsieur [P] [C] né le 29 Août 1976 à [Localité 4] [Adresse 1] [Localité 3] comparant, assisté de Me Mélissa LAURENT, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND

MINISTÈRE PUBLIC régulièrement avisé , a fait des observations écrites

***

Nous, Fabienne TURPIN, Vice-Présidente, chargée des fonctions de juge des enfants au Tribunal Judiciaire de Clermont-Ferrand, assistée de Saliha BELENGUER-TIR, greffier statuant dans la salle dédiée à cet effet au Centre Hospitalier [5]

DÉBATS :

A l'audience publique du 05 Novembre 2024, en présence du personnel soignant accompagnant, et la décision rendue en audience publique,

Le juge a exposé la procédure et indiqué l’avis du procureur de la République figurant au dossier.

Monsieur [P] [C] et son conseil ont été entendus.

MOTIFS DE L’ORDONNANCE

Attendu que selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :

Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1 ; Que selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission ;

Attendu que Monsieur [P] [C] a été admis depuis le 25/10/2024 en soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète sur péril imminent ;

Attendu que par requête reçue le 30 Octobre 2024, le directeur d’établissement a saisi le Juge du Tribunal judiciaire de céans pour que la poursuite de cette mesure soit ordonnée ;

Attendu qu’il résulte du certificat médical du docteur [K] en date du 30/10/2024 qu’il a constaté : “Le patient a été hospitalisé en raison d’une décompensation sur un mode maniaque d’un trouble psychiatrique chronique qui a nécessité de nombreuses hospitalisations pour des décompensations en raison souvent de rupture thérapeutiques. Il y a eu également un arrêt des traitements à l’origine de cette réhospitalisation. Avec la reprise du traitement, le patient s’améliore vite. Toutefois, en raison d’une anosognosie partielle des troubles et des conséquences de l’arrêt des traitements, le maintien en hospitalisation reste indiqué afin de renforcer l’alliance thérapeutique pour éviter d’éventuelles rechutes. Les éléments médicaux suivants font obstacle à l’audition du patient par Mr ou Mme le Juge du Tribunal Judiciaire de CLERMONT FERRAND: aucun. Dans ces conditions, les oins sans consentement restent médicalement justifiés et doivent être maintenus en hospitalisation complète “;

Attendu qu’au cours de l’audience, Monsieur [P] [C] a déclaré :” ca se passe bien j’ai vu le psychiatre qui a dit qu’il me fallait du lithium car je suis bipolaire; il adapte mon traitement et m’a dit qu’il allait réduire d’autres médicaments. Le lithium me convient; l’hospitalisation me bloque, travailler me manque, je suis ancien combattant ; le plus important a été dit , je veux continuer mon traitement ; je prenais pas mes médicaments car j’avais été blessé à la tête durant la guerre ce n’était pas volontaire ; “

Le conseil a été entendu en ses observations :elle s’en remet à droit: Attendu qu’au terme des débats, il convient d’une part de déclarer la requête formée par M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER DE [5], recevable en la forme, et la procédure régulière ;

Attendu que sur le fond, il convient d’ordonner la poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [P] [C] compte tenu de la persistance de troubles psychiatriques tels que décrits dans le dernier certificat médical et d’une anosognosie partielle chez le patient, rendant indispensable la poursuite de la contrainte pour mener à bien les traitements nécessaires à son état et renforcer l’alliance thérapeutique;

Attendu que Monsieur [P] [C] a été informé de son droit d’interjeter appel de la présente décision auprès de la Cour d’Appel de RIOM ou de solliciter la mainlevée de la mesure en saisissant le Juge du tribunal judiciaire de CLERMONT-FERRAND ;

PAR CES MOTIFS

Après débats en audienc