Pôle 6 - Chambre 10, 14 novembre 2024 — 20/07320

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Texte intégral

Copies exécutoires REPUBLIQUE FRANCAISE

délivrées le : AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

COUR D'APPEL DE PARIS

Pôle 6 - Chambre 10

ARRET DU 14 NOVEMBRE 2024

(n° , 1 pages)

Numéro d'inscription au répertoire général : N° RG 20/07320 - N° Portalis 35L7-V-B7E-CCS2O

Décision déférée à la Cour : Jugement du 13 Octobre 2020 -Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de MEAUX - RG n° F 15/00652

APPELANTE

S.A.S. BUFFALO GRILL

[Adresse 3]

[Localité 4]

Représentée par Me Frédéric SAUVAIN, avocat au barreau de PARIS, toque : P0521

INTIME

Monsieur [R] [N]

[Adresse 1]

[Localité 2]

Représenté par Me Christine DUMET-BOISSIN, avocat au barreau de HAUTS-DE-SEINE, toque : PN345

COMPOSITION DE LA COUR :

En application des dispositions des articles 805 et 907 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue le 10 Septembre 2024, en audience publique, les avocats ne s'y étant pas opposés, devant Madame Gwenaelle LEDOIGT, Présidente, chargée du rapport.

Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la Cour, entendu en son rapport, composée de :

Madame Gwenaelle LEDOIGT, Présidente de la chambre

Madame Carine SONNOIS, Présidente de la chambre

Madame Véronique BOST, Conseillère de la chambre

Greffier : lors des débats : Mme Sonia BERKANE

ARRET :

- contradictoire

- mis à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.

- signé par Madame Gwenaelle LEDOIGT, Présidente et par Sonia BERKANE, Greffière, à laquelle la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.

EXPOSE DU LITIGE :

M. [R] [N] a été engagé par la société Buffalo grill, suivant contrat de travail à durée indéterminée en date du 22 décembre 2008, en qualité de serveur.

Le salarié était affecté dans un restaurant situé à [Localité 5].

Dans le dernier état des relations contractuelles régies par la convention collective des Hôtels, Cafés et Restaurants, le salarié percevait une rémunération mensuelle brute de 1 906,15 euros.

Le 16 février 2015, M. [N] a été convoqué à un entretien préalable à un éventuel licenciement fixé au 2 mars suivant.

Par un courrier du 16 mars 2015, remis en mains propres le 17 mars suivant, le salarié s'est vu notifier un licenciement pour faute grave, libellé dans les termes suivants :

"Nous déplorons votre attitude manquant de professionnalisme, tant à l'égard de notre clientèle que de nos collaborateurs.

En effet, le 5 février 2015, alors que vous procédiez au nettoyage de la machine à pop-corn, Mle [J] [E], Responsable de salle, vous demande où en était l'avancement du service des clients de votre rang. Face à votre silence, celle-ci vous repose la question, vous précisant qu'elle n'avait pas eu le règlement de la table 18 alors que ces derniers n'étaient plus à table. Vous avez de nouveau ignoré sa question.

Votre responsable vous signale alors que la situation ne l'amuse pas et qu'elle aimerait avoir vos réponses. A cela vous avez rétorqué : " tu ne vois pas que je m'en fous de ce que tu me dis". Tout en agitant votre chiffon vers Mle [J] vous avez précisé "continue à brasser du vent, tu ne sais faire que ça et ferme ta gueule".

Vous n'êtes pas sans ignorer que nous attendons de l'ensemble de nos collaborateurs qu'ils adoptent un comportement professionnel et respectueux à l'égard des membres de l'équipe.

De même, vous devez être en mesure de vous maîtriser et vous comporter de façon appropriée, et ce, en toutes circonstances.

Un tel comportement nuit considérablement à de bonnes conditions de travail et détériore le climat social au sein du restaurant.

En effet, il est attendu de chacun qu'il fasse preuve de cohésion et d'entente afin de travailler dans une ambiance agréable et d'assurer un service de qualité.

De tels agissements ne correspondent en aucune manière à l'attitude attendue des membres de l'équipe.

Le 07 février 2015, vous avez commis une erreur d'encaissement. En effet, vous avez inversé les additions entre la table 177 et 108. Vous avez fait payer 42.80€ à la table 177 au lieu de 33.30€ soit 9.50€ supplémentaires.

Le 08 février 2015, plusieurs clients se sont plaints de votre qualité de service, interpellant votre collègue [Z] [M] pour avoir des carafes d'eau, du pain, des garnitures supplémentaires ou tout simplement pour qu'elle prenne leur commande alors qu'ils étaient installés dans votre rang.

Les clients de la table 220, vous ont laissé un message au dos de l'addition "changez de job !".

Nous déplorons cette attitude irrespectueuse à l'égard de nos clients.

Le 28 février 2015, Mle MANNAl était occupée au bureau lorsqu'elle a aperçu sur l'écran de surveillance des clients qui attendaient au bar. Vous étiez vous-même au bar mais ne leur avez pas prêté attention. Elle est donc venue les encaisser après s'être excusée pour l'attente.

Votre responsable vo