Chambre Sociale, 15 novembre 2024 — 23/01217
Texte intégral
SD/EC
N° RG 23/01217 -
N° Portalis DBVD-V-B7H-DTPI
Décision attaquée :
du 27 novembre 2023
Origine : conseil de prud'hommes - formation paritaire de BOURGES
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UNEDIC DÉLÉGATION AGS CGEA D'[Localité 4]
C/
M. [O] [P] [E]
S.A.S. SAULNIER PONROY ET ASSOCIÉS, administrateur judiciaire de Mme [L] [V] [D]
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Expéd. - Grosse
Me PREPOIGNOT 15.11.24
M. [P] M. 15.11.24
SAS SAULNIER 15.11.24
COUR D'APPEL DE BOURGES
CHAMBRE SOCIALE
ARRÊT DU 15 NOVEMBRE 2024
N° 105 - 9 Pages
APPELANTE :
UNEDIC DÉLÉGATION AGS CGEA D'[Localité 4]
[Adresse 2] - [Localité 4]
Ayant pour avocate Me Myriam PREPOIGNOT de la SELARL AGIN- PREPOIGNOT, du barreau de NEVERS
INTIMÉS :
Monsieur [O] [P] [E]
chez M. [U] [K] - [Adresse 1] - [Localité 5]
Non représenté
S.A.S. SAULNIER- PONROY ET ASSOCIÉS, administrateur judiciaire de Mme [L] [V] [D]
[Adresse 3] - [Localité 4]
Non représentée
COMPOSITION DE LA COUR
Lors des débats et du délibéré :
PRÉSIDENT : Mme VIOCHE, présidente de chambre
ASSESSEURS : Mme de LA CHAISE, présidente de chambre
Mme CHENU, conseillère
GREFFIER LORS DES DÉBATS : Mme DELPLACE
DÉBATS : À l'audience publique du 27 septembre 2024, la présidente ayant pour plus ample délibéré, renvoyé le prononcé de l'arrêt à l'audience du 08 novembre 2024 prorogé au 15 novembre 2024 par mise à disposition au greffe.
ARRÊT : Réputé contradictoire - Prononcé publiquement le 15 novembre 2024 par mise à disposition au greffe.
Arrêt n° 105 - page 2
15 novembre 2024
FAITS ET PROCÉDURE :
M. [O] [P] [E], né le 5 mai 1969, a été engagé par Mme [D] [V] épouse [L], entrepreneur individuel exploitant un garage automobile à [Localité 5], en qualité de mécanicien, sans contrat de travail écrit.
Le 5 septembre 2019, le garage géré par Mme [L] a été visé par un contrôle du comité opérationnel départemental anti-fraude qui a conduit au constat de la présence sur les lieux de M. [P] [E], étranger démuni de l'autorisation de résidence et de travail sur le territoire national, qui n'avait pas fait l'objet d'une déclaration préalable à l'embauche.
Le 2 février 2022, le tribunal correctionnel de Bourges a déclaré Mme [V] épouse [L] coupable d'avoir :
- le 5 septembre 2019 à [Localité 5], fourni un travail, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier en France de M. [P] [E], étranger,
- du 29 novembre 2018 au 5 septembre 2019 à [Localité 5], en tant qu'employeur de M. [P] [E], omis intentionnellement de procéder à la déclaration nominative préalable à l'embauche,
- le 5 septembre 2019 à [Localité 5], employé un travailleur étranger sans s'être assuré de l'existence d'une autorisation de travail de M. [P] [E].
Contestant la rupture de son contrat de travail et sollicitant le paiement de diverses sommes de nature indemnitaire et salariale, M. [P] [E] a saisi, le 11 août 2022, le conseil de prud'hommes de Bourges, section commerce.
Après avoir été radiée du Registre du Commerce et des Sociétés le 28 février 2022, Mme [L] a été placée en liquidation judiciaire au titre de son patrimoine professionnel selon jugement du tribunal de commerce de Bourges en date du 10 janvier 2023. La SAS Saulnier Ponroy & associés a été désignée en qualité de mandataire liquidateur.
Par jugement du 27 novembre 2023, auquel il est renvoyé pour plus ample exposé, le conseil de prud'hommes de Bourges a :
- fixé la créance de M. [P] [E] au passif de liquidation judiciaire professionnelle de Mme [L] aux sommes suivantes :
- 60'568, 39 € bruts à titre de rappel de salaire, outre 6 056,83 € bruts au titre des congés payés afférents,
- 3'206,24 € à titre d'indemnité compensatrice de préavis, outre 320, 62 € au titre des congés payés afférents,
- 1 325,90 € à titre d'indemnité de licenciement,
- 4 809,36 € à titre de dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse,
- 9 618,72 € à titre d'indemnité pour travail dissimulé,
- 2 000 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Il a, par ailleurs :
- constaté que le salaire mensuel moyen des 3 derniers mois de M. [P] [E] est de 1 594,02 € bruts,
- ordonné à la SAS Saulnier Ponroy & associés, en sa qualité de liquidateur judiciaire du patrimoine professionnel de Mme [L], de remettre à M. [P] [E] une attestation Pôle emploi dans un délai de 8 jours à compter du jugement, sous astreinte de 50 € par jour de retard,
- dit que la décision rendue sera opposable au CGEA suivant les articles L. 3253-6 et L. 3253-8 du code du travail,
- condamné la SAS Saulnier-Ponroy & associés, en sa qualité de liquidateur judiciaire du patrimoine professionnel de Mme [L], aux entiers dépens.
Arrêt n° 105 - page 3
15 novembre 2024
Le 22 décembre 2023, par voie électronique, le CGEA d'[Localité 4], en qualité de gestionnaire de l'AGS, a régulièrement relevé appel de cette décision, laque