Chambre des Référés, 19 novembre 2024 — 24/01091

Désigne un expert ou un autre technicien Cour de cassation — Chambre des Référés

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VERSAILLES

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 19 NOVEMBRE 2024

N° RG 24/01091 - N° Portalis DB22-W-B7I-SHAE Code NAC : 50D AFFAIRE : [P] [V] C/ Société HAS AUTOMOBILE

DEMANDEUR

Monsieur [P] [V] né le 04 Août 1988 à [Localité 3] (95), demeurant [Adresse 1] représenté par Me Antonin PIBAULT, avocat au barreau de VAL D’OISE, vestiaire : 100

DEFENDERESSE

Société HAS AUTOMOBILE, Société immatriculée au RCS de [Localité 6] sous le numéro 807558952, dont le siège social est sis [Adresse 5], agissant poursuites et diligences de ses représentants légaux domiciliés en cette qualité audit siège, défaillante

Débats tenus à l'audience du : 15 Octobre 2024

Nous, Gaële FRANÇOIS-HARY, Première Vice-Présidente au Tribunal Judiciaire de Versailles, assistée de Virginie DUMINY, Greffier,

Après avoir entendu les parties comparantes ou leur conseil, à l’audience du 15 Octobre 2024, l’affaire a été mise en délibéré au 19 Novembre 2024, date à laquelle l’ordonnance suivante a été rendue :

EXPOSE DU LITIGE

Par acte de Commissaire de Justice en date du 15 juillet 2024, M. [P] [V] a assigné la société HAS AUTOMOBILE en référé devant le Tribunal judiciaire de Versailles aux fins de voir ordonner une expertise.

Il expose qu'il a acquis auprès de la société HAS AUTOMOBILE le 31 mars 2022 un véhicule de marque NISSAN modèle X-TRAIL, mise en circulation pour la première fois le 24 février 2016, avec un kilométrage à l'achat de 113.000 kms, pour un prix de 16.800 € TTC ; que le 4 novembre 2022, alors qu'il roulait sur autoroute avec sa famille, le moteur a soudainement fait du bruit et de la fumée blanche s'est échappée du moteur avec une perte instantanée de puissance ; il a mis en demeure la venderesse d'indemniser la casse du moteur suivant courrier en date du 21 décembre 2022 ; la venderesse n'a pas réagi de sorte qu'il a mis en place des opérations d'expertise contradictoire par l'intermédiaire de son assureur ; le rapport d'expertise de Monsieur [Z] en date du 24 mars 2023 conclut à la responsabilité de la venderesse ; postérieurement, l'assureur de la société HAS AUTOMOBILE s'est manifesté et une deuxième réunion d'expertise est intervenue ; un procès-verbal d'examen contradictoire des désordres a été régularisé le 30 mai 2023 et un devis a été actualisé par la société GARAGE DE BLANCHE LANDE pour un montant total de 10.052,84 € TTC ; les demandes d'indemnisation sont demeurées lettre morte.

La défenderesse n'est pas représentée.

La décision a été mise en délibéré au 19 novembre 2024.

MOTIFS

Sur la demande d'expertise

L'article 143 du code de procédure civile dispose que "Les faits dont dépend la solution du litige peuvent, à la demande des parties ou d'office, être l'objet de toute mesure d'instruction légalement admissible."

L'article 232 du code de procédure civile ajoute que "Le juge peut commettre toute personne de son choix pour l'éclairer par des constatations, par une consultation ou par une expertise sur une question de fait qui requiert la lumière d'un technicien."

Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile : « S'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. ».

En l'espèce, la mesure demandée est légalement admissible ; le litige potentiel à un objet et un fondement suffisamment caractérisés ; la prétention du demandeur n'est pas manifestement vouée à l'échec ; le demandeur, dont les allégations ne sont pas imaginaires et présentent un certain intérêt, justifie, notamment par la production du rapport d'expertise amiable et le procès-verbal de constat contradictoire des désordres, du caractère légitime de sa demande.

Le véhicule litigieux se trouve à [Localité 2] (44).

Il y a lieu d'y faire droit, dans les conditions détaillées dans le dispositif.

Sur les dépens Les dépens seront laissés à la charge du demandeur.

PAR CES MOTIFS

Nous, Gaële FRANCOIS-HARY, Première Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de Versailles, statuant par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe après débats en audience publique :

Ordonnons une mesure d'expertise,

Désignons en qualité d’expert M. [I] [K], expert auprès de la Cour d'appel de Rennes, avec la mission suivante : - examiner le véhicule automobile susvisé, - faire l’historique du véhicule à partir de sa date de première mise en circulation, -dire s’il a été normalement entretenu, si les indications du carnet d’entretien ont été respectées, - dire s’il a subi un ou des accidents, des avaries ou pannes importantes, dire le cas échéant les réparations effectuées en conséquence, - déterminer le kilométrage réel du véhicule, - rechercher si les griefs invoqués par le demandeur existent, dans l’affirmative, les décrire et en déterminer les causes (vice de conc