4ème Chambre Section 3, 28 novembre 2024 — 23/01069
Texte intégral
28/11/2024
ARRÊT N° 315/24
N° RG 23/01069 - N° Portalis DBVI-V-B7H-PKSI
NP/EB
Décision déférée du 11 Janvier 2023 - Pole social du TJ de TOULOUSE (20/01122)
JP VERGNE
Organisme CARSAT MIDI-PYRENEES
C/
[O] [P] veuve [T]
CONFIRMATION PARTIELLE
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
***
COUR D'APPEL DE TOULOUSE
4ème Chambre Section 3 - Chambre sociale
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ARRÊT DU VINGT HUIT NOVEMBRE DEUX MILLE VINGT QUATRE
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APPELANTE
CARSAT MIDI-PYRENEES
SERVICE CONTENTIEUX
[Adresse 1]
[Localité 2]
représentée par Mme [G] [F] (Membre de l'organisme) en vertu d'un pouvoir général
INTIMEE
Madame [O] [P] veuve [T]
[Adresse 4]
[Adresse 4]
[Localité 3]
représentée par Me Laura ALVAREZ, avocat au barreau de TOULOUSE
COMPOSITION DE LA COUR
En application des dispositions de l'article 945-1 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue le 03 octobre 2024, en audience publique, devant N. PICCO, conseiller chargé d'instruire l'affaire, les parties ne s'y étant pas opposées.
Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la cour composée de :
N. PICCO, conseiller faisant fonction de président
M. SEVILLA, conseillère
M. DARIES, conseillère
Greffière : lors des débats E. BERTRAND
ARRÊT :
- CONTRADICTOIRE
- prononcé publiquement par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile
- signé par N. PICCO, conseiller faisant fonction de président et par
E. BERTRAND, greffière
EXPOSE DU LITIGE
Mme [O] [P] est née le 16 décembre 1956 et est âgée de 67 ans.
Son mari M. [E] [T], est décédé le 10 octobre 2012.
Depuis le 1er janvier 2019, Mme [O] [P] perçoit sa pension de retraite personnelle.
Au mois d'octobre 2018, la Carsat Midi-Pyrénées a adressé un questionnaire de ressources à Mme [O] [P].
Mme [O] [P] a déclaré les ressources qu'elle allait percevoir pour les trois derniers mois de l'année en cours (octobre ' novembre ' décembre 2018).
Elle a déclaré :
Un salaire en tant qu'assistante maternelle d'un montant de 1 426 euros,
Une indemnité pôle emploi de 116,31 euros.
Par courrier du 10 janvier 2019, la Carsat Midi-Pyrénées, a indiqué à Mme [O] [P] qu'à compter du 1er février elle ne percevrait plus sa pension de réversion en raison de ses ressources.
En effet, à cette époque, Mme [O] [P] cumulait outre ses droits personnels à la retraite, son salaire d'assistante maternelle. En conséquence, elle excédait les plafonds de ressources lui permettant de bénéficier de la pension de réversion de son époux.
Le 5 février 2019, Mme [O] [P] a adressé à la Carsat Midi-Pyrénées, un courrier l'interrogeant sur sa situation. Elle sollicitait une dérogation afin de pouvoir continuer à exercer une activité professionnelle, sans cessation du versement de ladite pension.
Mme [O] [P] n'a reçu aucune réponse à ce courrier, la Carsat Midi-Pyrénées lui adressant une déclaration sur l'honneur relative au cumul emploi-retraite.
En septembre 2019, Mme [O] [P] a formulé une nouvelle demande tendant à retrouver le bénéfice de sa pension de réversion.
Par courrier en date du 4 décembre 2019, la Carsat Midi-Pyrénées a informé Mme [O] [P] que le montant de sa pension de réversion n'était plus révisable trois mois après la date de départ de l'ensemble de ses retraites personnelles. Par ce même courrier, elle lui a demandé de lui faire parvenir ses bulletins de salaire pour la période concernée.
Par courrier en date du 5 octobre 2020, la Carsat Midi-Pyrénées lui a expliqué le principe de cristallisation de la pension de réversion.
Par courrier en date du 8 novembre 2020, Mme [O] [P] a envoyé un courrier à la Carsat Midi-Pyrénées afin de contester la décision concernant la cristallisation de sa pension de réversion.
Dans ce contexte, Mme [O] [P] a saisi la commission de recours amiable afin de voir sa pension de réversion révisée.
La commission a rendu, le 13 novembre 2020, une décision de rejet.
Mme [O] [P] a contesté cette décision devant le pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse, faisant grief à la Carsat Midi-Pyrénées d'avoir manqué à son obligation d'information concernant le principe de cristallisation de la pension de réversion.
Par jugement en date du 11 janvier 2023, le pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse a fait droit à la demande de Mme [O] [P]. Il a indiqué que la perte du droit à pension de réversion de Mme [O] [P] à compter du 1er avril 2019 était effectivement en relation de cause à effet avec une faute de négligence de la Carsat dans l'exercice de son obligation légale de conseil. Ainsi, il a enjoint à la Carsat de rétablir, sans délai, Mme [O] [P] dans ses droits à pension de réversion à