1ère chambre civile B, 3 décembre 2024 — 24/00284

other Cour de cassation — 1ère chambre civile B

Texte intégral

N° RG 24/00284 - N° Portalis DBVX-V-B7I-PM4O

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[T] [N]

C/

LE COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT DE MARSEILLE

, S.A.S. URBANIS AMENAGEMENT Prise en la personne de son représentant légal

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Décisions :

Tribunal de l'expropriation

au fond du 14 Mai 2018

du 30 Juin 2021

RG : 20/00076

Cour d'Appel de AIX EN PROVENCE

du 1er septembre 2022

RG 21/19

Cour de Cassation

Civ3 du 21 Décembre 2023

Pourvoi K22-23.281

Arrêt 839 F-D

COUR D'APPEL DE LYON

1ère CHAMBRE CIVILE- EXPROPRIATIONS

ARRET DU 03 Décembre 2024

Statuant sur renvoi après cassation

APPELANT :

M. [T] [N]

né le 26 Mai 1951 à [Localité 14] (ALGERIE)

[Adresse 9]

[Localité 1]

Représenté par Me Philippe NOUVELLET de la SCP JACQUES AGUIRAUD ET PHILIPPE NOUVELLET, avocat au barreau de LYON, toque : 475

ayant pour avocat plaidant Me Olivier BURTEZ-DOUCEDE de la SCP CABINET BERENGER, BLANC, BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES, avocat au barreau de MARSEILLE

INTIME :

S.A.S. URBANIS AMENAGEMENT

[Adresse 3]

[Localité 5]

Représentée par Me Sandrine VARA de la SELARL CINETIC AVOCATS, avocat au barreau de LYON, toque : 1041

Ayant pour avocat plaidant Me Valérie KEUSSEYAN-BONACINA de l'ASSOCIATION BORDET - KEUSSEYAN - BONACINA, avocat au barreau de MARSEILLE

En présence de :

Monsieur le Directeur Régional des Finances Publiques de [Localité 10]

Commissaire du gouvernement

pôle d'évaluation domaniale

[Adresse 8]

[Localité 2]

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Date des plaidoiries tenues en audience publique : 07 Octobre 2024

Date de mise à disposition : 03 Décembre 2024

COMPOSITION DE LA COUR LORS DES DEBATS ET DU DELIBERE :

Madame Patricia GONZALEZ, Présidente de chambre

Mme Stéphanie LEMOINE, Conseiller

Mme Bénédicte LECHARNY, Conseiller

désignés conformément à l'article L 211-1 du Code de l'expropriation, assistés pendant les débats de Elsa SANCHEZ, greffier

A l'audience, un des membres de la cour a fait le rapport, conformément à l'article 804 du code de procédure civile.

ARRET : Contradictoire

Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe de la cour d'appel, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues à l'article 450 alinéa 2 du code de procédure civile ;

Signé par Patricia GONZALEZ, président, et par Elsa SANCHEZ, greffier, auquel la minute a été remise par le magistrat signataire.

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EXPOSE DU LITIGE

Dans le cadre d'un processus d'éradication de l'habitat indigne, la Ville de [Localité 10] a concédé par délibération du 10 décembre 2007 à la société Urbanis aménagement une concession d'aménagement urbain en vue de l'éradication de l'habitat indigne dans différents endroits de [Localité 10] et notamment dans le [Adresse 12].

Par avenant approuvé en conseil municipal du 8 octobre 2012, l'immeuble sis [Adresse 6]-[Adresse 7] [Localité 1], bâti sur deux parcelles entières et constitué de deux bâtiments de type R+3 regroupés autour d'une même cage d'escalier et cadastré [Adresse 11], Section B n°[Cadastre 4] a été inclus dans le périmètre.

M. [N] était propriétaire dans cet immeuble des lots suivants :

- Lot n°1 : au rez-de-chaussée, un magasin à gauche en regardant la façade, portant le numéro [Adresse 6], outre les cent/millièmes (100/1000emes) de la propriété du sol et des parties communes générales,

- Lot n°2 : au rez-de-chaussée, un magasin à droite en regardant la façade portant le numéro [Adresse 7], outre les quatre-vingt-dix/ millièmes (90/1000emes) de la propriété du sol et des parties communes générales.

Un arrêté de péril avait été pris pour l'un des appartements en novembre 2010 puis un arrêté de péril imminent interdisant l'occupation de la partie droite de l'immeuble comprenant la moitié du local commercial de M. [N] ; en l'absence de travaux, un arrêté du 6 mai 2015 a interdit l'occupation de tous les logements et locaux de la copropriété en raison de très graves désordres structurels sur les parties communes et privatives,

L'avis d'ouverture de l'enquête publique a été notifié le 9 novembre 2019.

Par arrêté du 24 février 2020, le préfet des Bouches du Rhône a déclaré d'utilité publique au bénéfice d'Urbanis la réalisation de travaux nécessaires à la création de logements sociaux dans l'immeuble.

L'arrêté de cessabilité est intervenu le 13 mai 2020 et l'ordonnance d'expropriation du 26 mai 2020 a été signifié à l'exproprié le 27 juillet 2020.

L'expropriante a offert une indemnité de dépossession de 132.045,00 € proposée sur la base d'une superficie totale indemnisable de 158 m². Cette offre a été refusée.

Par requête du 27 octobre 2020, la société Urbanis a saisi le juge de l'expropriation en fixation de l'indemnité d'expropriation. Le juge s'est déplacé sur les lieux le 3 février 2021.

Devant le premier juge, M. [N] demandait la fixation de l'indemnité d'expropriation de la manière suivante :

- Indemnité principale : 316.000,00 eur