Chambre 4 A, 6 décembre 2024 — 23/02339
Texte intégral
MINUTE N° 24/1002
Copie exécutoire
aux avocats
Copie à Pôle emploi
Grand Est
le
Le greffier
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
COUR D'APPEL DE COLMAR
CHAMBRE SOCIALE - SECTION A
ARRET DU 06 DECEMBRE 2024
Numéro d'inscription au répertoire général : 4 A N° RG 23/02339
N° Portalis DBVW-V-B7H-IDBT
Décision déférée à la Cour : 24 Avril 2023 par le CONSEIL DE PRUD'HOMMES - FORMATION PARITAIRE DE MULHOUSE
APPELANTE :
S.A.S. GEFCO FRANCE
prise en la personne de son représentant légal
N° SIRET : 789 791 464
[Adresse 3]
[Localité 2]
Représentée par Me Guillaume HARTER, avocat à la Cour
INTIME :
Monsieur [E] [Y] [F]
[Adresse 1]
Représenté par Me François WELSCH, avocat au barreau de MULHOUSE
(bénéficie d'une aide juridictionnelle Totale numéro c-68066-2023-02730 du 01/08/2023 accordée par le bureau d'aide juridictionnelle de COLMAR)
COMPOSITION DE LA COUR :
En application des dispositions des articles 805 et 907 du Code de procédure civile, l'affaire a été débattue le 01 Octobre 2024, en audience publique, les parties ne s'y étant pas opposées, devant M. ROBIN, Président de Chambre, chargé d'instruire l'affaire.
Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la Cour, composée de :
M. ROBIN, Président de Chambre (chargé du rapport)
M. PALLIERES, Conseiller
M. LE QUINQUIS, Conseiller
qui en ont délibéré.
Greffier, lors des débats : Mme BESSEY
ARRET :
- contradictoire
- prononcé par mise à disposition au greffe , les parties ayant été avisées,
- signé par M. ROBIN, Président de Chambre et Mme BESSEY,Greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
FAITS ET PROCÉDURE
La société Gefco France a embauché M. [E] [Y] [F] en qualité d'opérateur cariste/logistique à compter du 2 mai 2019. Elle l'a licencié le 12 janvier 2022 pour faute grave, en lui reprochant d'avoir adopté un comportement agressif et injurieux à l'égard d'un collègue sur le site d'un client.
M. [E] [Y] [F] a contesté ce licenciement.
Par jugement du 24 avril 2023, le conseil de prud'hommes de Mulhouse a dit que le licenciement reposait sur une cause réelle et sérieuse, a débouté M. [E] [Y] [F] de sa demande de dommages et intérêts, mais a condamné la société Gefco France au paiement des sommes de 3 841,66 euros et de 384,16 euros au titre de l'indemnité compensatrice de préavis, et de la somme de 1 400,60 euros au titre de l'indemnité de licenciement.
Pour l'essentiel, le conseil de prud'hommes a considéré que les attestations versées aux débats démontraient la réalité d'une altercation ayant opposé, le 10 décembre 2021 M. [E] [Y] [F] à un collègue de travail et qu'elle avait cessé seulement en raison de l'intervention d'autres salariés présents ; en revanche, il a relevé que M. [E] [Y] [F] n'avait pas fait l'objet de sanctions antérieures et qu'il avait continué de travailler avec son collègue durant un mois après les faits.
Le 16 juin 2023, la société Gefco France a interjeté appel de ce jugement.
La clôture de l'instruction a été ordonnée le 5 juin 2024, et l'affaire a été fixée à l'audience de plaidoirie du 1er octobre 2024, à l'issue de laquelle elle a été mise en délibéré jusqu'à ce jour.
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Par conclusions déposées le 1er mars 2024, la société Gefco France demande à la cour d'infirmer le jugement déféré en ce qu'il a prononcé des condamnations à son encontre et de débouter M. [E] [Y] [F] de toutes ses demandes ; elle sollicite une indemnité de 3 000 euros par application de l'article 700 du code de procédure civile.
La société Gefco France fait valoir que la matérialité des faits invoqués au soutien du licenciement a été reconnue par le salarié et qu'elle-même a réagi immédiatement en engageant, le jour-même de leur commission, une procédure de licenciement ; un fait unique permettrait de caractériser une faute grave, peu important l'absence de sanctions antérieures. Le salarié agressé par M. [E] [Y] [F] aurait bénéficié d'un arrêt de travail pour maladie et le conseil de prud'hommes aurait ainsi considéré à tort que les deux salariés avaient continué de travailler ensemble durant un mois. À titre subsidiaire, elle fait valoir que M. [E] [Y] [F] ne justifie pas du préjudice qu'il aurait subi du fait du licenciement.
Par conclusions déposées le 6 décembre 2023, M. [E] [Y] [F] demande à la cour d'infirmer partiellement le jugement déféré et de condamner la société Gefco France à lui payer la somme de 5 760 euros à titre de dommages et intérêts pour licenciement abusif ; il sollicite également une indemnité de 2 000 euros par application de l'article 700 du code de procédure civile.
M. [E] [Y] [F] conteste l'existence d'une cause réelle et sérieuse de licenciement en relevant que les premiers juges n'ont pas tenu compte du comportement de son collègue avant l'altercation et que l'employeur n'a jamais recherché l'origine