Chambre Sociale-Section 1, 11 décembre 2024 — 23/00306
Texte intégral
Arrêt n°24/00524
11 Décembre 2024
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N° RG 23/00306 - N° Portalis DBVS-V-B7H-F42T
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Conseil de Prud'hommes - Formation de départage de THIONVILLE
30 Décembre 2022
21/00173
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D'APPEL DE METZ
Chambre Sociale-Section 1
ARRÊT DU
onze Décembre deux mille vingt quatre
APPELANT :
M. [U] [D]
[Adresse 2]
[Localité 1]
Représenté par Me Romain BOUVET, avocat au barreau de PARIS
INTIMÉE :
S.A.S. [6]
[Adresse 11]
[Localité 3]
Représentée par Me François MAUUARY, avocat au barreau de METZ, avocat postulant
Représentée par Me FRANGIE-MOUKANAS, avocat au barreau de Paris, avocat plaidant
INTERVENANTE VOLONTAIRE :
La SA [7]
[Adresse 13],
Représentée par Me François MAUUARY, avocat au barreau de METZ, avocat postulant
Représentée par Me FRANGIE-MOUKANAS, avocat au barreau de Paris, avocat plaidant
COMPOSITION DE LA COUR :
En application des dispositions de l'article 907 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue le 10 Septembre 2024, en audience publique, devant la cour composée de :
Mme Véronique LAMBOLEY-CUNEY, Présidente de chambre
Mme Anne FABERT, Conseillère
M. Benoit DEVIGNOT, Conseiller
qui en ont délibéré.
Greffier, lors des débats : Monsieur Alexandre VAZZANA, Greffier
ARRÊT : Contradictoire
Prononcé publiquement par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile;
Signé par Mme Véronique LAMBOLEY-CUNEY, Présidente de chambre, et par Monsieur Alexandre VAZZANA, Greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
EXPOSE DU LITIGE
M. [U] [D] a été embauché par la société des [4], aux droits de laquelle vient la SAS [6] ainsi que la SA [7], partie intervenante, en qualité de contrôleur métallurgique au département qualité de 1969 à 2007 en exécution d'un contrat de travail à durée indéterminée.
M. [D] a saisi le conseil de prud'hommes de Thionville le 29 juin 2021 afin de voir reconnaître son exposition à l'amiante, le manquement de l'employeur à son obligation de sécurité et l'existence d'un préjudice d'anxiété qu'il a chiffré à 15 000 euros.
Par jugement de départage du 30 décembre 2022, le conseil de prud'hommes de Thionville a statué comme suit :
« Déclare irrecevable la demande de M. [D] ;
Déboute M. [D] de sa demande fondée sur les dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ;
Condamne M. [D] aux dépens. »
Par déclaration transmise le 3 février 2023, M. [D] a régulièrement interjeté appel du jugement qui lui avait été notifié le 10 janvier 2023.
Par ses dernières conclusions récapitulatives datées du 11 décembre 2023, M. [D] demande à la cour de statuer comme suit :
« Infirmer le jugement du conseil de prud'hommes rendu le 30 décembre 2022 dans toutes ses dispositions à l'encontre de M. [D], et notamment en ce qu'il a considéré sa demande prescrite ;
Et statuant à nouveau
Déclarer recevable et bien fondé le recours formé par M. [D] ;
Rejeter toutes fins et exceptions de non-recevoir invoquées ;
Juger que M. [D] a été exposé à l'inhalation de fibres d'amiante au sein de la société [7] ;
Juger que la société [7], a manqué à son obligation de sécurité en ne mettant pas en 'uvre de façon complète et effective, au bénéfice de M. [D], toutes les mesures de prévention du risque amiante, conformément aux articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du code du travail (ancien L. 230-2) ;
Juger que M. [D], subit un préjudice d'anxiété qu'il convient de réparer ;
En conséquence,
Condamner la société [7] à verser à M. [D] la somme de 15 000 € en réparation de son préjudice d'anxiété ;
Allouer la somme de 2 000 €, en application de l'article 700 du code de procédure civile, au bénéfice de M. [D].
Condamner la société [7] aux entiers dépens ;
Dire que les intérêts légaux commenceront à courir à compter de la décision à intervenir. »
A l'appui de son appel, M. [D] soutient que son action est recevable, si bien que la décision rendue par le conseil de prud'hommes de Thionville doit être infirmée. Il fait valoir que la prescription biennale attachée à son action ne pouvait commencer à courir qu'à compter de son information personnelle et individuelle du risque élevé de développer une pathologie grave, résultant de son exposition à l'amiante. Il prétend que la société [7] n'a pas assuré une telle information, de sorte que le point de départ de la prescription ne peut être fixé précisément. L'appelant retient que ce point de départ devrait correspondre à la date de sa saisine du conseil de prud'hommes de Thionville, à savoir le 29 juin 2021. Il en déduit que la prescription de son action ne peut pas lui être opposée.
S'agissant de la responsabilité de la