Juge Libertés Détention, 12 décembre 2024 — 24/00984
Texte intégral
ORDONNANCE DU : 12 Décembre 2024 DOSSIER N° : N° RG 24/00984 - N° Portalis DBX2-W-B7I-KZML
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES magistrat du tribunal judiciaire de NIMES
ORDONNANCE En matière de soins sans consentement
Nous, Laure CAVAIGNAC, vice-présidente, magistrat du tribunal judiciaire de NIMES, siégeant à l’Annexe du tribunal judiciaire du CHU de [Localité 3] assistée de Madame COURTOIS, Greffier,
Vu la procédure concernant :
Monsieur [N] [Y] né le 11 Août 1979 à [Localité 2] [Adresse 1] [Localité 3]
actuellement hospitalisé sans consentement au CHU de [Localité 3] depuis le 05 décembre 2024 ;
Vu la décision portant admission en soins psychiatriques prise le 05 décembre 2024 en urgence par Monsieur le Directeur de l’Etablissement à la demande d’un tiers ;
Vu la saisine en date du 10 Décembre 2024 de Monsieur le Directeur de l’Etablissement hospitalier tendant au contrôle de la mesure d’hospitalisation complète ;
Vu le dossier prévu à l’article R 3211-11 du Code de la Santé Publique ;
Vu l’audience publique en date du 12 Décembre 2024 tenue à l’Annexe du tribunal judiciaire du CHU de [Localité 3] à laquelle a comparu le patient Monsieur [N] [Y], dûment avisé, assisté Me Chloé PICAVEZ, avocat commis d’office ;
Vu les observations écrites de Monsieur le Procureur de la République, favorable à la poursuite de la mesure, absent à l’audience ;
MOTIFS
Selon l'article L.3212-1 du Code de la Santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d'un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.
Monsieur [N] [Y] a été hospitalisé sans son consentement au vu du certificat médical établi par le Docteur [E] en date du 05 décembre 2024 faisant état de Propos incohérents, désorganisés, délirants, paranoïaques. Hétéroagressif envers son frère et sa mère. Antécédents de schizophrénie avec rupture thérapeutique” état nécessitant une prise en charge médicale ;
Monsieur [N] [Y] a été maintenu en hospitalisation complète au regard du certificat médical établi par le docteur [B] [K] en date du 08 décembre 2024 ;
Aux termes de l'avis motivé du docteur [H] [R] en date du 10 décembre 2024, ce médecin indique : Patient hospitalisé suite à des troubles du comportement à son domicile, à type d’hétéro-agressivité envers son entourage, il aurait sorti un couteau. Il décrit cet état d’agitation suite à un conflit avec son frère. A son admission, il présentait un état de désorganisation important, cet état persiste mais partiellement amélioré par la mise en place d’un traitement antipsychotique. Le contact reste étrange. Monsieur [Y] a du mal à rester en place et met assez rapidement fin à l’entretien. Nous n’avons pas les coordonnées des familles actuellement pour les contacter et organiser une entrevue familiale. Pour rappel, monsieur [Y] souffre d’une pathologie mentale chronique, pour laquelle il était en rupture de traitement”, et qu’en conséquence, la mesure de soins psychiatriques sans consentement avec hospitalisation à temps complet doit se poursuivre ;
Lors de l’audience, Monsieur [N] [Y] s’est exprimé.
Il résulte des éléments médicaux versés au soutien de la requête et des débats, que les troubles mentaux décrits aux certificats médicaux rappelés ci-dessus sont persistants à ce jour et rendent impossible son consentement sur la durée.
L’état de la personne nécessite une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète.
P A R C E S M O T I F S
Statuant publiquement et en premier ressort ;
Vu les articles L 3212-1 et suivants du code de la santé publique;
Disons que les conditions légales de l’hospitalisation sans consentement de Monsieur [N] [Y] sont remplies depuis son admission et demeurent remplies à ce jour.
Disons n’y avoir lieu à ordonner la mainlevée de cette mesure.
Ordonnons la poursuite de la mesure sous la forme d’une hospitalisation complète
La présente ordonnance est susceptible d’appel dans les 10 jours de sa notification devant le Premier Président de la Cour d’Appel de NÎMES. Cet appel ne suspend pas l’exécution de la présente décision sauf demande expresse de Monsieur le Procureur de la République formulée dans le délai de 6 h. Fait en notre Cabinet au Palais de Justice de NIMES le 12 Décembre 2024.
Le Greffier La Présidente
Copie de la présente ordonnance a été adressée par mail à Monsieur le Directeur de l’Etablissement
Copie de la présente ordonnance a été portée à la connaissance de Monsieur [N] [Y] par notification et remise d’une copie par l’intermédiaire du Directeur de l’Etablissement
Copie de la présente Ordonnance a été adressée par mail à l’avocat
Copie de la présen