Chambre JEX, 13 décembre 2024 — 24/03974

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes Cour de cassation — Chambre JEX

Texte intégral

13 Décembre 2024

RG N° 24/03974 - N° Portalis DB3U-W-B7I-N5CE

Code Nac : 5AD Baux d’habitation - Demande du locataire ou de l’ancien locataire tendant au maintien dans les lieux

Madame [Y] [O] épouse [F] Monsieur [B] [F]

C/

Monsieur [V] [S] Monsieur [B] [S]

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PONTOISE

JUGE DE L’EXÉCUTION

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JUGEMENT

ENTRE

PARTIE DEMANDERESSE Madame [Y] [O] épouse [F] [Adresse 8] [Adresse 1] [Localité 4] comparante

INTERVENANT VOLONTAIRE

Monsieur [B] [F] [Adresse 1] [Localité 4] comparant

ET

PARTIE DÉFENDERESSE

Monsieur [V] [S] domicilié : chez MYHUISSIER [Adresse 2] [Adresse 5] [Localité 3]

Monsieur [B] [S] domicilié : chez MYHUISSIER [Adresse 2] [Adresse 5] [Localité 3]

représentés par Maître Thierry MALHERBE de la SELARL MOREL LE LOUEDEC MALHERBE, avocat au barreau du VAL D’OISE

COMPOSITION DU TRIBUNAL

Président : Madame CHLOUP, Vice-Présidente

Assistée de : Madame MARETTE, Greffier

DÉBATS

A l'audience publique tenue le 08 Novembre 2024 en conformité du code des procédures civiles d’exécution et de l’article L213-6 du code de l’organisation judiciaire, l’affaire a été évoquée et mise en délibéré, par mise à disposition au greffe, au 13 Décembre 2024. La présente décision a été rédigée par [T] [H], juriste assistante, sous le contrôle du Juge de l’exécution.

EXPOSE DU LITIGE

Par lettre recommandée avec accusé de réception parvenue au tribunal le 12 juillet 2024, le Juge de l'Exécution du Tribunal judiciaire de PONTOISE a été saisi par Mme [Y] [O] épouse [F], sur le fondement des articles L.412-3 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, d'une demande tendant à l'octroi de délais avant l'expulsion du logement sis [Adresse 9], à gauche sur le palier – [Adresse 1] à VILLIERS LE BEL (95400), à la suite du commandement de quitter les lieux délivré le 15 mai 2024 à la requête de M. [V] [S] et M. [B] [L].

L’affaire a été appelée à l’audience du 8 novembre 2024.

A l’audience, M. [B] [F] est intervenu volontairement.

Mme [Y] [O] épouse [F] et M. [B] [F] demandent un délai de 12 mois pour quitter les lieux, en faisant état de leurs difficultés actuelles, notamment financières, des problèmes de santé de M. [B] [F] et de leurs recherches de logement qui n'ont pas encore abouti.

M. [V] [S] et M. [B] [L], représentés par leur conseil, s'opposent à l'octroi de délais. Ils font valoir que les demandeurs savent qu’ils doivent quitter les lieux depuis plus de deux ans et qu’ils vont bénéficier de la trêve hivernale. Ils rappellent que le concours de la force publique n’a pas encore été accordé. Il est également précisé que M. [V] [S] doit se loger dans le logement occupé par les demandeurs.

Le jugement sera rendu contradictoirement.

La décision a été mise en délibéré au 13 décembre 2024.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Aux termes de l'article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution dans sa rédaction issue de la loi du 27 juillet 2023 entrée en vigueur le 29 juillet suivant, « le juge de l'exécution du lieu de situation de l'immeuble peut accorder des délais renouvelables aux occupants de lieux habités ou à usage professionnel, dont l'expulsion aura été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne pourra avoir lieu dans des conditions normales. Le juge qui ordonne l'expulsion peut accorder les mêmes délais dans les mêmes conditions. Cette disposition n'est pas applicable en cas d'exercice par le propriétaire de son droit de reprise dans les conditions de l'article 19 de la loi n°48-1360 du 1er septembre 1948 (…), lorsque la procédure de relogement effectuée en application de l'article L442-4-1 du code de la construction et de l'habitation n'a pas été suivie d'effet du fait du locataire ou lorsque ce dernier est de mauvaise foi. Les deux premiers alinéas du présent article ne s 'appliquent pas lorsque les occupants dont l'expulsion a été ordonnée sont entrés dans les locaux à l'aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte ».

L'article L 412-4 précise que “la durée des délais prévus à l'article L. 412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an. Pour la fixation de ces délais, il est tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. Il est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés.”

Il appartient donc au juge de respecter un juste équilibre entre deux reven