CTX PROTECTION SOCIALE, 18 décembre 2024 — 21/00299

Expertise Cour de cassation — CTX PROTECTION SOCIALE

Texte intégral

MINUTE N° :

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON

POLE SOCIAL - CONTENTIEUX GENERAL

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

JUGEMENT DU :

MAGISTRAT :

ASSESSEURS :

DÉBATS :

PRONONCE :

AFFAIRE :

NUMÉRO R.G :

18 Décembre 2024

Jérôme WITKOWSKI, président

Didier NICVERT, assesseur collège employeur Yasmina SEMINARA, assesseur collège salarié

assistés lors des débats et du prononcé du jugement par Doriane SWIERC, greffiere

tenus en audience publique le 16 Octobre 2024

jugement contradictoire, rendu avant dire droit, en premier ressort, le 18 Décembre 2024 par le même magistrat

Madame [K] [O] C/ CPAM DU RHONE

N° RG 21/00299 - N° Portalis DB2H-W-B7F-VTGK

DEMANDERESSE

Madame [K] [O] née le 08 Juin 1974 à [Localité 4] [Adresse 1] non comparante ni représentée

DÉFENDERESSE

CPAM DU RHONE, [Adresse 6] comparante en la personne de Mme [E] munie d’un pouvorir spécial

Notification le : Une copie certifiée conforme à :

[K] [O] CPAM DU RHONE

Une copie certifiée conforme au dossier

EXPOSE DU LITIGE

Madame [K] [O] a travaillé au sein de la société [5] à compter du 31 mars 2016 en qualité d’agent d’exploitation.

Le 10 décembre 2018, elle a établi une déclaration de maladie professionnelle sur la base d’un certificat médical initial du 22 novembre 2018, faisant état d’un « syndrome psycho traumatique avec complications dépressives et anxieuses ».

La caisse primaire d'assurance maladie du Rhône a diligenté une enquête au cours de laquelle elle a recueilli l’avis du médecin conseil, qui a considéré que l’assurée présente la pathologie décrite sur le certificat médical initial, que l’affection n’est pas répertoriée dans l’un des tableaux des maladies professionnelles, que le taux d’incapacité permanente partielle prévisible est égal ou supérieur à 25% et a fixé la date de première constatation de la maladie au 18 janvier 2018.

En application des dispositions de l’article L.461-1 du code de la sécurité sociale, la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône a transmis le dossier pour avis au comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de la région Auvergne Rhône-Alpes qui, aux termes de son avis du 27 avril 2020, n’a pas retenu de lien direct et essentiel entre la maladie déclarée et l’activité professionnelle de l’assuré.

La caisse primaire d'assurance maladie du Rhône a donc notifié à madame [K] [O] un refus de prise en charge de la maladie au titre de la législation professionnelle.

Madame [K] [O] a saisi la commission de recours amiable d’une contestation de ce refus de prise en charge.

Par décision du 14 octobre 2020, la commission de recours amiable a maintenu le refus de prise en charge de la maladie déclarée.

Par lettre recommandée réceptionnée par le greffe le 5 février 2021, madame [K] [O] a saisi du litige le pôle social du tribunal judiciaire de Lyon.

Aux termes d’un courrier adressé au tribunal le 11 octobre 2024, madame [K] [O] a justifié d’un motif médical l’empêchant de se présenter à l’audience du 16 octobre 2024.

Aux termes de sa requête, elle demande au tribunal de reconnaître le caractère professionnel de la pathologie déclarée.

Aux termes de ses conclusions déposées et soutenues oralement lors de l’audience du 16 octobre 2024, la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône demande au tribunal de désigner avant dire droit un autre comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles pour avis sur le caractère professionnel de la pathologie déclarée par l’assurée le 10 décembre 2018, en application de l’article R.142-17-2 du code de la sécurité sociale.

Pour un plus ample exposé des faits, moyens et prétentions des parties, il convient de se référer aux conclusions susvisées, conformément aux dispositions de l'article 455 du Code de procédure civile.

MOTIFS DE LA DÉCISION

L'article L.461-1 du code de la sécurité sociale prévoit que peut être reconnue d'origine professionnelle une maladie caractérisée non désignée dans un tableau de maladies professionnelles, lorsqu'il est établi qu'elle est essentiellement et directement causée par le travail habituel de la victime et qu'elle entraîne le décès de celle-ci ou une incapacité permanente prévisible d'un taux au moins égal à un 25%.

Dans ce cas, la caisse primaire se prononce sur l'origine professionnelle de la maladie après avis motivé d'un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, l'avis du comité s'imposant à la caisse.

En l’espèce, l’affection déclarée par madame [K] [O] ne figure pas aux tableaux des maladies professionnelles et le médecin-conseil de la caisse a considéré que le taux d’incapacité prévisible en résultant était supérieur à 25 %.

Le dossier a donc été communiqué, en application des dispositions précitées, au comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de la région Auvergne Rhône Alpes, qui a émis un avis défavorable le 27 avril 2020.

Cet avis du comité régional s’imposait à la caisse primaire d’assuran