7ème Ch Prud'homale, 19 décembre 2024 — 22/00606

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Texte intégral

7ème Ch Prud'homale

ARRÊT N°504/2024

N° RG 22/00606 - N° Portalis DBVL-V-B7G-SNXR

S.C.E.A. DE [Adresse 2]

C/

M. [Y] [Z]

RG CPH : F20/00033

Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de DINAN

Copie exécutoire délivrée

le :

à :

Copie certifiée conforme délivrée

le:

à:

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

COUR D'APPEL DE RENNES

ARRÊT DU 19 DECEMBRE 2024

COMPOSITION DE LA COUR LORS DU DÉLIBÉRÉ :

Président : Monsieur Hervé BALLEREAU, Président de chambre,

Assesseur : Madame Isabelle CHARPENTIER, Conseillère,

Assesseur : Monsieur Bruno GUINET, Conseiller,

GREFFIER :

Madame Françoise DELAUNAY, lors des débats et lors du prononcé

DÉBATS :

A l'audience publique du 04 Novembre 2024 devant Monsieur Hervé BALLEREAU, magistrat rapporteur, tenant seul l'audience, sans opposition des représentants des parties et qui a rendu compte au délibéré collégial

En présence de Madame [R] [B], médiateur judiciaire,

ARRÊT :

Contradictoire, prononcé publiquement le 19 Décembre 2024 par mise à disposition au greffe comme indiqué à l'issue des débats

****

APPELANTE :

S.C.E.A. DE [Adresse 2]

[Adresse 2]

[Localité 1]

Représentée par Me Carine CHATELLIER de la SCP VIA AVOCATS, Plaidant/Postulant, avocat au barreau de RENNES

INTIMÉ :

Madame [Y] [Z]

née le 15 Avril 1966 à [Localité 4]

[Adresse 3]

[Localité 1]

Représenté par Me Johanna AZINCOURT de la SELARL AZINCOURT, Plaidant/Postulant, avocat au barreau de RENNES

EXPOSÉ DU LITIGE

Par un protocole en date du 7 mai 2019 M. [J] [X] et Mme [P] [X] ont fait l'acquisition de l'EARL [Adresse 3], préalablement exploitée par M. [A] [Z] et Mme [Y] [Z]. M. [Z] est le frère de Mme [X].

Le 19 avril 2019, Mme [Z] était embauchée en qualité d'employée d'élevage et de culture, niveau 3 - échelon 1 - coefficient 3, selon un contrat à durée indéterminée par la SCEA De [Adresse 2] gérée par M. [X]. Elle applique la convention collective de l'exploitation de polyculture, d'élevage, de culture légumières de plein champ.

En août 2019, le père de Mme [X] et de M. [Z] est décédé et des tensions sont apparues en raison de conflits successoraux.

Du 16 décembre 2019 au 23 juin 2020, Mme [Z] était placée en arrêt de travail.

Par lettre recommandée avec accusé de réception en date du 2 janvier 2020, elle était convoquée à un entretien préalable à son licenciement fixé le 10 janvier suivant.

Par lettre recommandée avec accusé de réception en date du 17 janvier 2020, Mme [Z] se voyait notifier son licenciement pour cause réelle et sérieuse.

***

Mme [Z] a saisi le conseil de prud'hommes de Dinan par requête en date 7 juillet 2020 afin de voir:

- Constater que la procédure de licenciement de Mme [Z] est irrégulière ;

- Requalifier le licenciement pour cause réelle et sérieuse de Mme [Z] en licenciement sans cause réelle et sérieuse ;

A titre subsidiaire,

- Constater que le licenciement de Mme [Z] est sans cause réelle et sérieuse ;

- Constater la particulière violence de la mesure prise à l'égard de Mme [Z];

- Requalifier le licenciement pour cause réelle et sérieuse de Mme [Z] en licenciement sans cause réelle et sérieuse ;

En tout état de cause

- Fixer la moyenne des salaires de Mme [Z] à la somme de 2 028,79 euros (deux mille vingt-huit euros et soixante-dix-neuf centimes) ;

- Constater que les « barèmes Macron » doivent être écartés ;

- Condamner la SCEA De [Adresse 2] à régler à Mme [Z] une somme de 20 287 euros (vingt mille soixante trois euros et soixante centimes), correspondant à 10 mois de salaire brut, au titre de l'indemnisation de son licenciement abusif, en raison du préjudice moral subi du fait de la particulière violence de sa mesure de licenciement ;

- Condamner la SCEA De [Adresse 2] à régler à Mme [Z] une somme de 4 000 euros (quatre mille euros) au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux entiers dépens.

La SCEA De [Adresse 2] a demandé au conseil de prud'hommes de :

- Débouter Mme [Z] de l'ensemble de ses demandes, fins et conclusions

- 2 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile

- Dépens

Par jugement en date du 20 décembre 2021, le conseil de prud'hommes de Dinan a :

- Requalifié le licenciement pour cause réelle et sérieuse de Mme [Z] en licenciement abusif,

- Condamné la SCEA De [Adresse 2] à payer à Mme [Z] :

- 7 000 euros à titre d'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse,

- 2 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile,

- Débouté la SCEA De [Adresse 2] de ses demandes reconventionnelles,

- Condamné la SCEA De [Adresse 2] aux entiers dépens, y compris les frais d'exécution.

***

La SCEA De [Adresse 2] a interjeté appel de cette décision par déclaration au greffe en date du 31 janvier 2022.

En l'état de ses dernières conclusions transmises par son