Pôle 1 - Chambre 12, 3 janvier 2025 — 24/00727

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Texte intégral

REPUBLIQUE FRANCAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

COUR D'APPEL DE PARIS

Pôle 1 - Chambre 12

SOINS PSYCHIATRIQUES SANS CONSENTEMENT

ORDONNANCE DU 03 JANVIER 2025

(n°727, 3 pages)

N° du répertoire général : N° RG 24/00727 - N° Portalis 35L7-V-B7I-CKQ7L

Décision déférée à la Cour : Ordonnance du 23 Décembre 2024 -Tribunal Judiciaire de Paris (Magistrat du siège) - RG n° 24/03928

L'audience a été prise au siège de la juridiction, en audience publique, le 02 Janvier 2025

Décision réputée contradictoire

COMPOSITION

Sabine RACZY, présidente de chambre à la cour d'appel, agissant sur délégation du Premier Président de la cour d'appel de Paris,

assistée de Agnès ALLARDI, greffier lors des débats et de la mise à disposition de la décision

APPELANTE

Madame [O] [N] (Personne faisant l'objet de soins)

née le 09/11/1985 à [Localité 6]

demeurant [Adresse 1]

Actuellement hospitalisée au [5] site [4]

comparante en personne assistée de Me Maureen ODIN, avocat commis d'office au barreau de Paris,

INTIMÉ

M. LE DIRECTEUR DU [5] SITE [4]

demeurant [Adresse 3]

non comparant, non représenté,

TIERS

M. [S] [N]

demeurant [Adresse 2]

non comparant, non représenté,

MINISTÈRE PUBLIC

Représenté par Madame M.-D. PERRIN, avocate générale,

Comparante,

DÉCISION

EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE

Madame [O] [N] a été admise en soins psychiatriques sans consentement le 12 décembre 2024 à la demande d'un tiers (son père), sur le fondement de certificats médicaux évoquant une pathologie psychiatrique chronique, une rupture de traitement et une tentative de défénestration.

Par requête enregistrée le 16 décembre 2024, le directeur d'établissement a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris dans le cadre du contrôle obligatoire de la mesure prévu à l'article L. 3211-12-1 du code de la santé publique.

Par ordonnance du 23 décembre 2024, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris a ordonné la poursuite de l'hospitalisation complète sans consentement.

Madame [O] [N] a interjeté appel de cette ordonnance le 27 décembre 2024.

Les parties ont été convoquées à l'audience du 2 janvier 2025.

L'audience s'est tenue au siège de la juridiction, en audience publique.

L'avocat de Madame [N] soutient que Madame [N] souhaite une mainlevée de la mesure afin de retourner dans sa famille, et alors que les médecins selon son père ont prévu prochainement une première permission de sortie.

L'avocat général constate que les certificats médicaux, et en particulier le certificat médical de situation du 31 décembre 2024, concluent à la nécessité de poursuivre la mesure d'hospitalisation complète.

MOTIVATION

Sur le fond

En application de l'article L.3212-1 du code de la santé publique,

Une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l'objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d'un établissement mentionné à l'article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :

1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;

2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l'article L. 3211-2-1.

En l'espèce, il résulte des certificats médicaux établis et de l'avis médical rendu par le psychiatre de l'établissement en date du 19 décembre 2024 que Madame [O] [N] a été hospitalisée sous contrainte via les urgences suite à un comportement suicidaire sous emprise de toxiques ; malgré une amélioration avec un meilleur contact il est noté l'absence de critique de son acte suicidaire , la banalisation de ses consommations , le déni des troubles ; elle a été amené dans un contexte de rupture de suivi et de traitement et présente des idées délirantes de persécution ; s'il est noté une amélioration psychique il reste un déni des troubles et une passivité aux soins.

Le certificat de situation du 31 décembre 2024 relève que la patiente nie avoir tenu des propos suicidaires. On note une légère amélioration clinique mais la patiente demeure désorganisée et surtout extrêmement méfiante. Elle semble fragile, elle est opposée aux soins et a menacé de faire une tentative de suicide si on ne la faisait pas sortir de l'hôpital dans les plus brefs délais. Actuellement, les traitements psychotropes sont bien tolérés. Un projet de retour à [Localité 7] auprès de sa famille est en cours. Etant donnés le motif d'hospitalisation, l'absence de critique des troubles du comportement, l'opposition aux soins, la verbalisation de menace suicidaire dans un contexte d'intolérance à la frustration, l'opposition farouche aux soins, il semble nécessaire de maintenir la mesure de soins sous contrainte avec surveillance hospitalière complète et continue afin de prévenir toute mise en danger.

Il résulte de ces éléments mé