CTX PROTECTION SOCIALE, 10 janvier 2025 — 23/00981
Texte intégral
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NANTES POLE SOCIAL
Jugement du 10 Janvier 2025
N° RG 23/00981 - N° Portalis DBYS-W-B7H-MQ55 Code affaire : 89A
COMPOSITION DU TRIBUNAL lors des débats et du délibéré :
Président : Dominique RICHARD Assesseur : Frédéric JANNET Assesseur : Daniel TROUILLARD Greffier : Sylvain BOUVARD
DEBATS
Le tribunal judiciaire de Nantes, pôle social, réuni en audience publique au palais de justice à Nantes le 12 Novembre 2024.
JUGEMENT
Prononcé par Dominique RICHARD, par mise à disposition au Greffe le 10 Janvier 2025.
Demandeur :
Monsieur [W] [Y] Chez Madame [Y] [G] 24 boulevard Mireille Lauze 13010 MARSEILLE Assisté de Maître Géraldine LEDUC, avocate au barreau de NANTES
Défenderesse :
CNIEG 20 rue des Français Libres CS 60415 44204 NANTES CEDEX 2 non comparante (dispensée de comparaître)
La Présidente et les assesseurs, après avoir entendu le DOUZE NOVEMBRE DEUX MILLE VINGT QUATRE la partie présente en ses observations, l’ont avisée, de la date à laquelle le jugement serait prononcé, ont délibéré conformément à la loi et ont statué le DIX JANVIER DEUX MILLE VINGT CINQ, dans les termes suivants :
EXPOSE DES FAITS Monsieur [W] [Y], victime d’un accident du travail le 9 septembre 2019 pris en charge par la Caisse Nationale des Industries Electriques et Gazières et s’est vu notifier le 11 avril 2023 l’attribution d’un taux d’incapacité permanente partielle (IPP) de 15 % à compter du 6 octobre 2021. Monsieur [Y] a saisi le 8 mai 2023 le pôle juridique de la CNIEG pour contester ce taux puis a saisi le pôle social le 3 août 2023. Les parties ont été régulièrement convoquées devant le pôle social à l’audience du 12 novembre 2024 pour laquelle le docteur [X], médecin-consultant du tribunal, a été désigné.
Monsieur [Y] demande de lui attribuer un taux d’incapacité de 20 % incluant un taux professionnel. Il explique que sa vie a basculé suite au harcèlement moral dont il a été victime de la part de ses collègues, qu’il n’a jamais pu retravailler depuis son accident et a été mis à la retraite d’office pour avoir dénoncé des faits auprès de son directeur, qu’il est dans l’incapacité totale de retravailler et de réagir, et qu’il a très peu de ressources. Il précise qu’il aura un nombre de trimestres suffisants pour pouvoir partir à la retraite en juillet 2025. La Caisse Nationale des Industries Electriques et Gazières, dispensée de comparution, indique s’en rapporter au pouvoir souverain d’appréciation de la juridiction, s’agissant d’un contentieux de nature médicale. Le docteur [X], médecin-consultant du tribunal, a examiné l’assuré et constate que : - Monsieur [Y] a été victime d’une agression physique et verbale par un collègue de travail qui a provoqué un syndrome anxio dépressif traité par antidépresseurs et un suivi psychiatrique, - les différents examens médicaux mettent en évidence la persistance du syndrome anxio dépressif et une anhédonie. Il considère que le taux d’incapacité de 15% est conforme au barème indicatif chapitre 4.4 Troubles psychiques-troubles mentaux organiques 4.4.2. Etats dépressifs d’intensité variable : soit avec une asthénie persistante :10 à 20 % .
MOTIFS DE LA DECISION Aux termes de l'article L.434-2 1er alinéa du Code de la Sécurité Sociale : "le taux de l'incapacité permanente est déterminé d'après la nature de l'infirmité, l'état général, l'âge, les facultés physiques et mentales de la victime, ainsi que d'après ses aptitudes et sa qualification professionnelle, compte tenu d'un barème indicatif d'invalidité".
Le rapport établi par le médecin conseil indique : »syndrome anxio dépressif persistant suite à son accident de travail , nécessitant un maintien de la thérapie médicamenteuse et un suivi psychiatrique ».
Le médecin consultant confirme ces constatations. Monsieur [Y] produit des documents médicaux dont le certificat établi le 16 février 2023 par le Dr [Z], psychiatre, qui le suit depuis le 8 juillet 2021 et qui atteste de la persistance d’une anxiété non continue, de moments de découragement, pessimisme, ruminations mentales et de pensées négatives ainsi que de troubles du sommeil fluctuants et surtout du fait que la dimension hédoniste demeure en grande partie entravée avec des capacité de projection limitées. Il estime qu’il convient de maintenir le traitement médicamenteux et le soutien psychothérapique. Le Dr [X] a pris connaissance de ce certificat et considère que Monsieur [Y] souffre toujours du syndrome anxio dépressif et d’une anhédonie. Le barème indicatif des accidents du travail chapitre 4.4 Troubles psychiques-troubles mentaux organiques 4.4.2. Etats dépressifs d’intensité variable : - soit avec une asthénie persistante :10 à 20 % - soit à l’opposé, grande dépression mélancolique, anxiété pantophobique : 50 à 100 %. Il n’existe dans ces conditions pas d’éléments pour considérer que le taux médical n’a pas été correctement évalué. En revanche le taux d'incapacité permanente partielle peut compenser en part