JLD, 14 janvier 2025 — 25/00180
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE RENNES
SERVICE DES HOSPITALISATIONS SOUS CONTRAINTE
c N° RG 25/00180 - N° Portalis DBYC-W-B7J-LL2E Minute n° 25/00038 PROCÉDURE DE SAISINE OBLIGATOIRE HOSPITALISATION COMPLÈTE
Article L.3211-12-1 et suivants , R.3211-28 et suivants du Code de la Santé Publique Loi N° 2011-803 du 5 Juillet 2011 ORDONNANCE DE MAINTIEN EN HOSPITALISATION COMPLÈTE
Le 14 janvier 2025 ;
Devant Nous, Guy MAGNIER, Vice-Président chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de liberté prévues par le code de la santé publique au Tribunal judiciaire de RENNES,
Assisté de Marion GUENARD, Greffier,
Siégeant en audience publique,
DEMANDEUR :
M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER [4]
Non comparant, ni représenté
DÉFENDEUR :
Monsieur [B] [U] né le 04 Juin 2003 à [Localité 3] [Adresse 1] [Localité 2]
et actuellement en soins psychiatriques au Centre Hospitalier de [Localité 5]
Présent(e), assisté(e) de Me Flora BERTHET-LE FLOCH
En l’absence du Ministère public qui a communiqué ses observations par écrit,
Vu la requête présentée par M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER [4], en date du 09 janvier 2025, reçue au greffe le 09 janvier 2025, aux fins de voir statuer sur la poursuite de l’hospitalisation complète ;
Vu les convocations adressées le 09 janvier 2025 à M. [B] [U], à M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER [4], ;
Vu le procès-verbal d’audience en date du 14 janvier 2025 ;
Vu l’article L.3211-12 du code de la Santé Publique ;
Motifs de la décision
Selon l’article L3212-1 du Code de la Santé Publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : - ses troubles mentaux rendent impossibles son consentement, - son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète soit d’une surveillance médicale régulière justifiant d’une prise en charge sous une autre forme incluant des soins ambulatoires.
Selon l’article L3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire préalablement saisi par le directeur de l’établissement n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de 12 jours à compter de l’admission. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé rendu par un psychiatre.
Sur la procédure :
- Sur le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision d'admission et de la décision de maintien
Le conseil de Monsieur [B] [U] indique que le certificat médical initial n’est pas suffisamment motivé et que son client n’aurait pas reçu la copie de la décision d’admission.
- Sur l’insuffisance de motivation du certificat médical initial
Aux termes de l'article L.3212-1 du Code de la santé publique, le directeur de l'établissement prononce l'admission en soins psychiatriques d'une personne atteinte de troubles mentaux rendant impossible son consentement et dont l'état mental impose des soins immédiats, soit lorsqu'il a été saisi d'une demande présentée par un membre de la famille du malade ou une personne susceptible d'agir dans son intérêt, soit, lorsqu'il s'avère impossible d'obtenir une demande d'admission et qu'il existe, à la date d'admission, un péril imminent pour la santé de la personne ; la décision doit être motivée aux termes de l'article R.3211-12 du même code.
En l'espèce, le certificat médical initial rédigé le 04 janvier 2025 à 18H15 par le docteur [C] [R] du service des urgences de l’hôpital de [6] indique une « IMV sans critique de son acte ainsi qu’un risque autoagressif ++ » et conclue à la nécessité d’une admission immédiate en soins psychiatrique au vu de l’existence d’un péril imminent.
L’existence d’une intoxication médicamenteuse volontaire (IMV) et le risque auto-agressif qualifié de « ++ » par le docteur ayant rédigé le certificat médical initial suffit en soit à caractériser le péril imminent. Par ailleurs le certificat dit des 24H00 rédigé le 05 janvier 2025 par le docteur [K] [X] indique une « absorptions médicamenteuses volontairement excessives et progressivement croissantes ces derniers jours, sans qualification par l’intéressé de démarche ou volonté suicidaire. Le contact est froid, teinté de bizarreries interrelationnelles. Le chainage des évènements ayant conduit à ces ingestions médicamenteuses reste flou, sans qu'il soit possible de déterminer si l'intéressé en a une conscience claire ». le certificat dit des 72H00 rédigé le 07 janvier 2025 par le docteur [N] [H] indique quant à lui que le patient a été admis dans les suites d'une intoxication médicamenteuse volontaire en grande quantité et note des « Idées suicidaires encore présentes, scénarisées, mais négation d'une velléité suicidaire lors du passage à l’acte récent ». Elle note une souffrance psychique importante et la persi