Juge des libertés, 15 janvier 2025 — 25/00081

Maintien de la mesure de rétention administrative Cour de cassation — Juge des libertés

Texte intégral

COUR D’APPEL D’AIX EN PROVENCE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE [Adresse 2]

ORDONNANCE N° RG 25/00081 - N° Portalis DBW3-W-B7J-54L4 SUR DEMANDE DE PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE

Articles L. 742-1 à L. 742-3, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-13 à L. 743-15, L. 743-17, L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (modifiés par la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 et la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024)

Nous, Cécilia ZEHANI, magistrat du siège au Tribunal Judiciaire de Marseille, assisté de Mathilde BILLOT, Greffier, siégeant publiquement, dans la salle d'audience aménagée au [Adresse 4] à proximité du Centre de Rétention administrative [Localité 6] en application des articles L. 742-1, L. 743-4, L 743-6, L. 743-7, L; 743-20 et L. 743-24 du CESEDA.

Vu les articles L. 742-1 à L. 742-3, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-13 à L. 743-15, L. 743-17, L. 743-19, L. 743-20 à L. 743-25 et R. 742-1, R. 743-1 à R. 743-8, R. 743-21 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Les avis prévus par l’article R 743-3 du CESEDA ayant été donnés par le Greffier ;

Vu la requête reçue au greffe le 14 Janvier 2025 à 14heures23, présentée par Monsieur le Préfet du département PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE

Attendu que Monsieur le Préfet régulièrement avisé, est représenté par [I] [Y], dûment assermenté

Attendu que la personne concernée par la requête, avisée de la possibilité de faire choix d'un Avocat ou de solliciter la désignation d'un Avocat commis d'office , déclare vouloir l'assistance d'un Conseil ;

Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Maître BELOTTI Morgane, avocat commis d’office qui a pris connaissance de la procédure et s’est entretenu librement avec son client ;

Attendu qu'en application de l'article l'article L. 141-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre la langue française et a donc été entendue en cette langue ;

Attendu qu’il est constant que M. [N] [W] né le 06 Septembre 1985 à [Localité 8] (TUNISIE) de nationalité Tunisienne

a fait l’objet d'une des sept mesures prévues aux articles L. 722-2, L. 731-1, L. 731-2, L. 732-3, L. 733-8 à L. 733-12, 741-1, L. 741-4; L. 741-5, L. 741-7, L. 743-16, L. 744-1, L. 751-2 à L. 751-4, L. 751-9 et L. 751-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile , et en l'espèce :

a fait l’objet d’un arrêté préfectoral portant arrêté portant obligation de quitter le territoire français n°25130081M en date du 11 janvier 2025 et notifié le même jour

édicté moins de trois ans avant la décision de placement en rétention en date du 11 janvier 2025 notifiée le 11 janvier 2025 à 18heures31,

Attendu qu'il est rappelé à la personne intéressée , ainsi que dit au dispositif , les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention ;

Attendu qu’il résulte de l’examen des pièces de la procédure soumise à appréciation qu'un moyen de transport disponible à destination du pays d’origine de la personne intéressée doit être trouvé avant l'expiration du délai de prolongation sollicité ;

DEROULEMENT DES DEBATS : SUR LE FOND :

Le représentant du Préfet : pas de garanties de représentation, pas de passport, pas de résidence effective, de plus monsieur est défavorablement connu des services de police. Il a fait l’objet de trois précédentes OQT auxquelles il s’est soustrait. Seule la prolongation pourra permettre de mettre à exécution l’éloignement. Saisine du consulat de tunisie pour identification.

Observations de l’avocat : je m’inquiète de l’état psychique de Monsieur après 5 ans dans la rue, il a des forts maux de tête, je n’ai pas d’éléments sur les diligences.

La personne étrangère présentée déclare : si Madame, j’ai perdu mon passeport. Je suis à la rue en ce moment. J’irai le refaire s’il faut. Je n’ai pas de titre de séjour, je suis avec une assistance sociale, [D], elle était au foyer [7], elle n’y est plus. Au début, je suis venu chez un ami et je suis resté sur une période, après j’ai trouvé un appartement et j’ai travaillé. J’avais pas encore fait les 10 ans. L’assistante m’avait dit de faire un dossier mais j’avais mal. Depuis je suis à la rue. J’ai pas de famille vraiment. J’ai un petit frère au tunisie. J’ai pas de contact. J’ai des rhumatismes, c’est la rue Madame. Avant j’allais voir médecins du monde, ils ont fermé. Je connais le 115. Le médecin je me rappelle pas. Je ne sais pas où habite mon frère. Mon grand-père est mort, il y a sa maison en Tunisie. Mon oncle pareil il est parti. Non je crois pas qu’il y ait encore la maison, ils veulent vendre. Ici j’ai vu le médecin, je lui ai dit que j’avais mal, il m’a donné du seresta. Je bois le soir comme tout le monde. La cocaïne un peu. Je fume un peu le soir.

MOTIFS DE LA DÉCISION

SUR LE FOND :

Attendu que la procédure est régulière ;