Chambre Sociale, 16 janvier 2025 — 23/03316
Texte intégral
N° RG 23/03316 - N° Portalis DBV2-V-B7H-JPES
COUR D'APPEL DE ROUEN
CHAMBRE SOCIALE ET DES AFFAIRES DE
SECURITE SOCIALE
ARRET DU 16 JANVIER 2025
DÉCISION DÉFÉRÉE :
Jugement du CONSEIL DE PRUD'HOMMES - FORMATION DE DEPARTAGE DE BERNAY du 29 Août 2023
APPELANTE :
Madame [S] [E] épouse [A]
[Adresse 13]
[Localité 7]
représentée par Me Olivier COTE de la SELARL COTE JOUBERT PRADO, avocat au barreau de l'EURE substitué par Me Séverine LEBRET, avocat au barreau de ROUEN
INTIMES :
Monsieur [W] [N] [W]
[Adresse 2]
[Localité 19]
Madame [O] [N] épouse [X]
[Adresse 1]
[Localité 12]
Madame [B] [M]
[Adresse 6]
[Localité 15]
Monsieur [C] [M]
[Adresse 5]
[Localité 16]
Monsieur [Y] [M]
[Adresse 10]
[Localité 15]
Monsieur [H] [M]
[Adresse 11]
[Localité 17]
Monsieur [J] [M]
[Adresse 4]
[Localité 15]
Monsieur [D] [Z]
[Adresse 3]
[Localité 8]
Madame [R] [Z]
[Adresse 18]
[Localité 14]
Madame [P] [Z] [P]
[Adresse 20]
[Localité 9]
tous représentés par Me Yannick ENAULT de la SELARL YANNICK ENAULT-GREGOIRE LECLERC, avocat au barreau de ROUEN
COMPOSITION DE LA COUR :
En application des dispositions de l'article 805 du Code de procédure civile, l'affaire a été plaidée et débattue à l'audience du 28 Novembre 2024 sans opposition des parties devant Madame BIDEAULT, Présidente, magistrat chargé du rapport.
Le magistrat rapporteur a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la Cour composée de :
Madame BIDEAULT, Présidente
Madame POUGET, Conseillère
Madame DE BRIER, Conseillère
GREFFIER LORS DES DEBATS :
Mme DUBUC, Greffière
DEBATS :
A l'audience publique du 28 novembre 2024, où l'affaire a été mise en délibéré au 16 janvier 2025
ARRET :
CONTRADICTOIRE
Prononcé le 16 Janvier 2025, par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du Code de procédure civile,
signé par Madame BIDEAULT, Présidente et par Mme DUBUC, Greffière.
***
RAPPEL DES FAITS, PROCÉDURE ET MOYENS DES PARTIES
Mme [E], épouse [A] ( la salariée) a été engagée par Mme [L] [N] (l'employeur) en qualité d'assistante de vie pour une présence de nuit par contrat de travail à durée indéterminée à compter du 1er septembre 2011.
Le contrat de travail a été signé par la MSA Tutelles, ès qualités de tutrice de Mme [L] [N].
Un avenant a été signé concernant le paiement des heures effectuées le dimanche, les jours fériés, les nuits de Noël et du jour de l'an.
Le 12 décembre 2013, l'ATMPE a été désignée tutrice de Mme [L] [N].
Le 25 septembre 2015, Mme [A] a été placée en arrêt de travail.
Le 2 mai 2016, la caisse primaire d'assurance maladie a reconnu le caractère professionnel de la maladie de la salariée, le certificat médical initial du 9 octobre 2015 mentionnant une tendinite des deux épaules.
A l'occasion d'une visite de pré-reprise organisée le 12 septembre 2017, le médecin du travail a considéré que Mme [A] ne pouvait pas reprendre son poste.
Le 22 novembre 2017, M. [V] [N], époux de Mme [N] est décédé et Mme [N] a été admise en Ehpad.
Le 26 décembre 2017, Mme [A] a été licenciée par l'ATMPE, agissant ès qualités de tutrice de Mme [L] [N], le courrier de licenciement étant motivé comme suit :
' Notre association a été désignée par le tribunal d'instance de Bernay pour gérer la tutelle prononcée au profit de Mme [L] [N] et M. [V] [N].
Comme suite à l'entretien préalable du jeudi 21 décembre 2017, nous vous notifions par la présente votre licenciement.
Nous vous rappelons le motif à l'origine de cette mesure: le décès de M. [V] [N] ainsi que l'entrée en Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes de Mme [L] [N]. Aucun retour à domicile n'est prévu en raison de son état de santé.
Votre préavis débutera dès présentation de ce courrier par le facteur, pour se terminer deux mois plus tard. Date à laquelle seront établis votre solde de tout compte, certificat de travail, attestation Pôle Emploi.
Toutefois nous vous dispensons d'effectuer votre préavis d'une durée de deux mois étant entendu que la rémunération correspondante vous sera versée aux échéances normales de préavis. (...)'
Mme [A] a saisi la formation de référé du conseil de prud'hommes de Bernay, laquelle, par ordonnance du 14 juin 2018, a :
- ordonné à M. [W] [N], ès qualités de tuteur de sa mère, de régler à Mme [A] les sommes suivantes :
provision sur le salaire de septembre à décembre 2017 : 2 000 euros
provision sur préavis : 2 000 euros
provision sur indemnité de licenciement : 2 500 euros
indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile : 500 euros.
Mme [L] [N] est décédée le 17 mai 2019.
Par la suite, par requête du 19 juillet 2019, Mme [A] a saisi le conseil de prud'hommes de Bernay au fond.
Par décision du 3 septembre 2019, le bureau de conciliation