Chambre 4-6, 17 janvier 2025 — 20/06340
Texte intégral
COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE
Chambre 4-6
ARRÊT AU FOND
DU 17 JANVIER 2025
N°2025/012
Rôle N°20/06340
N° Portalis DBVB-V-B7E-BGAOI
Société ARCELORMITTAL MEDITERRANEE, prise en son établissement de [Localité 3]
C/
[O] [N]
Copie exécutoire délivrée
le : 17/01/2025
à :
- Me Sandra JUSTON de la SCP BADIE, SIMON-THIBAUD, JUSTON, avocat au barreau d'AIX EN PROVENCE
- Me Cédric HEULIN, avocat au barreau de MARSEILLE
Décision déférée à la Cour :
Jugement du Conseil de Prud'hommes - Formation de départage de MARTIGUES en date du 04 Mars 2016 enregistré au répertoire général sous le N° 13/257.
APPELANTE
Société ARCELORMITTAL MEDITERRANEE, prise en son établissement de [Localité 3] sis [Adresse 5], dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Denis PASCAL, avocat au barreau de MARSEILLE
et par Me Sandra JUSTON de la SCP BADIE, SIMON-THIBAUD, JUSTON, avocat au barreau d'AIX-EN-PROVENCE,
INTIME
Monsieur [O] [N], demeurant [Adresse 2]
représenté par Me Cédric HEULIN, avocat au barreau de MARSEILLE
*-*-*-*-*
COMPOSITION DE LA COUR
L'affaire a été débattue le 19 Novembre 2024 en audience publique, les avocats ne s'y étant pas opposés, devant Monsieur Pascal MATHIS, Président de chambre, et Madame Ursula BOURDON-PICQUOIN, Conseiller.
Ces magistrats ont rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la cour, composée de :
Monsieur Pascal MATHIS, Président de chambre
Madame Ursula BOURDON-PICQUOIN, Conseiller
Madame Raphaelle BOVE, Conseiller
Greffier lors des débats : Mme Pascale ROCK.
Les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe le 17 Janvier 2025.
ARRÊT
Contradictoire,
Prononcé par mise à disposition au greffe le 17 Janvier 2025.
Signé par Monsieur Pascal MATHIS, Président de chambre et Mme Suzie BRETER, greffier auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
*-*-*-*-*
M. [O] [N], né le 16 novembre 1955, a été embauché en juin 1977 par la société Solmer située à [Localité 3] aux droits de laquelle se trouve la société Arcelormittal Méditerranée en qualité de fondeur aux Hauts Fourneaux, statut ouvrier, niveau 1, 3ème échelon. Il a été affecté le 1er février 1981 à un emploi de pompier.
Le 29 décembre 2005, il a adressé un courrier à la direction des ressources humaines de la société Sollac Méditerranée afin de dénoncer une stagnation dans son évolution de carrière en faisant référence à ses activités syndicales.
Estimant avoir été victime d'une discrimination syndicale dans le déroulement de sa carrière, M. [N] a saisi, le 8 avril 2013, le conseil de prud'hommes de Martigues. Le conseil de prud'hommes s'est déclaré en partage de voix, par procès-verbal du 18 décembre 2014.
En décembre 2015, M. [N] a quitté l'entreprise dans le cadre de son départ en retraite. En dernier lieu, il était positionné au coefficient 255.
Par jugement du 4 mars 2016, le conseil de prud'hommes de Martigues, en sa formation de départage, a ainsi statué :
- repositionne M. [N] au coefficient 305 ;
- condamne la société Arcelormittal Méditerranée à payer à M. [N] [O] les sommes de:
- 94 224 euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice matériel ;
- 3 000 euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice moral ;
- 5 000 euros à titre de dommages-intérêts en réparation du préjudice d'anxiété ;
- 1 500 euros à titre d'indemnité globale sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile ;
avec intérêts de droit à compter du 16 avril 2013 ;
- déboute les parties de plus amples demandes ;
- ordonne l'exécution provisoire sur la somme de 50 000 euros et sur l'indemnité globale ;
- condamne la société Arcelormittal Méditerranée aux dépens.
Par déclaration du 16 mars 2016 notifiée par voie électronique, la société Arcelormittal Méditerranée a interjeté appel de ce jugement.
Dans ses dernières conclusions notifiées au greffe par voie électronique le 29 octobre 2024 et développées oralement à l'audience, auxquelles il est expressément référé pour un plus ample exposé des prétentions et des moyens, la société ArcelorMittal Méditerranée, appelante, demande à la cour de :
à titre principal,
- juger irrecevable la demande indemnitaire de M. [N] pour non-respect des dispositions de l'article L.451-1 du code de la sécurité sociale ;
- débouter le demandeur en conséquence de ses demandes, fins et conclusions ;
à titre subsidiaire,
- constater l'absence de preuve d'une exposition personnelle et continue de M. [N] au risque CMR et à l'amiante;
- constater l'absence de preuve d'un comportement fautif imputable à la société ArcelorMittal Méditerranée;
- constater l'absence de preuve d'un préjudice actuel, direct et certain en lien avec l'activit