JCP, 16 janvier 2025 — 24/00310
Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOURG EN BRESSE
JCP juge des contentieux de la protection
JUGEMENT DU 16 JANVIER 2025
N° RG 24/00310 - N° Portalis DBWH-W-B7I-G26P
N° minute : 25/00005
Dans l’affaire entre :
DEMANDERESSE
DYNACITE - OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT DE L’AIN dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Annie MONNET SUETY avocat au barreau de l’Ain
et
DEFENDERESSE
Madame [V] [L] née le 10 Octobre 1988 à [Localité 4] demeurant [Adresse 3]
représentée par Me Clémence NEVEU avocat au barreau de l’AIn
(bénéficie d’une aide juridictionnelle Totale numéro C-1053-2024-3383 du 18/11/2024 accordée par le bureau d’aide juridictionnelle de [Localité 4])
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Magistrat : Madame RENAULT, Vice-Présidente Greffier : Madame TALMANT, Greffier
Débats : en audience publique le 28 Novembre 2024 Prononcé : décision rendue publiquement par mise à disposition au greffe le 16 Janvier 2025
copies délivrées le 16 JANVIER 2025 à : DYNACITE - OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT DE L’AIN Madame [V] [L]
formule(s) exécutoire(s) délivrée(s) le 16 JANVIER 2025 à : DYNACITE - OFFICE PUBLIC DE L’HABITAT DE L’AIN
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé du 30 août 2021, l'Office Public de l’Habitat DYNACITE a consenti un bail d'habitation à Madame [V] [L] portant sur un immeuble à usage d'habitation situé au [Adresse 2] à [Localité 5] (01), contre le paiement d'un loyer mensuel révisable de 602,67 euros, provision sur charges incluse.
Par acte délivré par commissaire de justice le 11 avril 2024, l'OPH DYNACITE a fait commandement à Madame [V] [L] d’avoir à payer la somme en principal de 2.944,14 euros et visant la clause résolutoire du bail.
Par acte délivré par commissaire de justice du 23 juillet 2024, dénoncé à la Préfecture de l'Ain par voie électronique le 25 juillet 2024, l'OPH DYNACITE a fait assigner Madame [V] [L] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de BOURG-EN-BRESSE aux fins d'obtenir sous le bénéfice de l'exécution provisoire : - la constatation de la résiliation du bail par l'effet de la clause résolutoire, - l'expulsion sans délai de Madame [V] [L], si besoin avec le concours de la force publique, - la condamnation de la locataire au paiement : - de la somme de 5.137,43 euros au titre des loyers échus à fin juin 2024, outre ceux restant dus jusqu'au jour de l'audience selon décompte actualisé au cours des débats, - d'une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer mensuel indexé augmenté des charges, jusqu'à libération effective des lieux, - d'une indemnité de 460 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, - des entiers dépens de l'instance, comprenant notamment le coût du commandement de payer.
A l’audience du 17 octobre 2024, l’affaire a fait l’objet d’un renvoi à la demande de l’avocat de Madame [L].
A l'audience du 28 novembre 2024, date à laquelle l'affaire a été retenue, l'OPH DYNACITE, représenté par son conseil, a réitéré l'ensemble de ses demandes, ramenant à 2.508,38 euros la somme réclamée au titre des impayés de loyers, indemnités d'occupation et charges à fin octobre 2024.
En défense, Madame [V] [L], représentée par son conseil, n'a contesté ni le principe, ni le montant de la dette mais a réclamé des délais de paiement suspendant les effets de la clause résolutoire. Elle a proposé de mettre en place un échéancier à hauteur de 30 euros par mois, en plus du loyer courant.
Le diagnostic social et financier a été communiqué par la Préfecture avant la clôture des débats et il a été donné lecture de ses conclusions à l'audience.
L'affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 16 janvier 2025.
MOTIVATION DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité de l'action
Une copie de l’assignation a été notifiée au Préfet, représentant de l'Etat. Un accusé de réception électronique a été transmis au bailleur le 25 juillet 2024, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions nouvelles de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
Par ailleurs, l'OPH DYNACITE justifie avoir saisi le 04 janvier 2022 la caisse d'allocations familiales et le 08 avril 2024 la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX), conformément aux dispositions de l’article 24 II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.
L’action est donc recevable.
Sur les demandes en constatation de la résiliation du bail et d'expulsion
L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 rappelle que le paiement du loyer et des charges récupérables aux termes convenus constitue une obligation essentielle du locataire.
En vertu de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 tel que modifié par la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux terme