CTX PROTECTION SOCIALE, 8 janvier 2025 — 21/00954
Texte intégral
COUR D’APPEL DE NÎMES TRIBUNAL JUDICIAIRE D’AVIGNON
N° RG 21/00954 - N° Portalis DB3F-W-B7F-I7DK Minute N° :
CONTENTIEUX DE LA PROTECTION SOCIALE
JUGEMENT DU 08 Janvier 2025
DEMANDEUR
Madame [R] [I] 2 Rue du Colibri 84000 AVIGNON comparante en personne
DEFENDEUR
CPAM HD VAUCLUSE, prise en la personne de son représentant légal en exercice, dont le siège est , SERVICE JURIDIQUE ET FRAUDE TSA 99998 84000 AVIGNON représentée par Mme [N] [P] (Salarié) muni d’un pouvoir spécial
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Madame [Y] [Z], Juge, M. [E] [W] [U], Assesseur salarié, Monsieur Jean Marie PUGGIONI, Assesseur Employeur,
assistés de Madame Angélique VINCENT-VIRY, greffière,
DÉBATS EN AUDIENCE PUBLIQUE Audience publique du 23 Octobre 2024
JUGEMENT : A l’audience publique du 23 Octobre 2024 , après débats, l’affaire a été mise en délibéré, avis a été donné aux parties par le tribunal que le jugement sera prononcé à la date du 11 décembre 2024 prorogé au 08 Janvier 2025 par la mise à disposition au greffe, Contradictoire, en dernier ressort.
_______________________ Copie exécutoire délivrée à : Copie certifiée conforme délivrée aux parties le : 15/01/225
EXPOSE DU LITIGE
Par courrier du 09 août 2018, la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Vaucluse à notifié à Madame [R] [I] un indu d’un montant de 2.405,16 euros aux motifs que “(...) La période de référence pour le calcul de vos indemnités journaières était erronée. En effet, les salaires pris en compte pour le calcul étaient février, mars avril 2017 au lieu de juin, juillet août 2017. Vous avez un indu de 2.405,16 euros.”
Le 18 octobre 2019, la CPAM du Vaucluse a notifié à Madame [R] [I] une mise en demeure par courrier recommandé notifié le 23 octobre 2019.
Par courrier recommandé du 28 juin 2021, notifié le 30 juin 2021, la CPAM du Vaucluse a adressé une contrainte à Madame [R] [I].
Contestant cette décision, Madame [R] [I] a saisi la commission de recours amiable (CRA) de la caisse laquelle, en sa séance du 03 novembre 2021 a maintenu le montant de la dette.
Contestant cette décision, Madame [R] [I] a par courrier recommandé adressé le 21 décembre 2021 saisi le pôle social du tribunal judiciaire d’Avignon.
Cette affaire a été fixée et évoquée à l’audience du 23 octobre 2024.
A l’audience, Madame [R] [I] demande au tribunal de de lui accorder une remise totale de sa dette, expliquant qu’elle n’a pas les moyens de la régler.
Par conclusions déposées et soutenues oralement par sa représentante, auxquelles il convient expressément de se référer pour un plus ample exposé de ses moyens et prétentions, la CPAM du Vaucluse demande au tribunal de:
- déclarer irrecevable le recours de Madame [I]; - rejetter la demande de remise de dette de Madame [I].
Cette affaire a été retenue et mise en délibéré au 11 décembre 2024 prorogé au 08 janvier 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur l’étendue du litige
Le tribunal rappelle qu'en application des articles L.142-1, L.142-8, L.142-4 et R.142-1-1 du code de la sécurité sociale, l'étendue de sa saisine est liée par la décision contestée par l'assuré.
En l’espèce, Madame [R] [I] a saisi le tribunal afin de contester la décision de la CRA du 03 novembre 2021, rejettant sa demande de remise de dette, de l’indu notifié le 09 août 2018, dont elle ne conteste pas le bien fondé.
Le litige dont le tribunal est saisi s'articule donc sur cette seule demande de remise de dette et non sur une contestation du bien fondé de la contrainte notifiée le 30 juin 2021, de sorte que la demande d’irrecevabilité du recours formulée par la caisse sera rejetée.
Sur la demande de remise totale de la dette
Aux termes de l'article L.256-4 du code de la sécurité sociale, sauf en ce qui concerne les cotisations et majorations de retard, les créances des caisses nées de l'application de la législation de sécurité sociale peuvent être réduites en cas de précarité de la situation du débiteur par décision motivée par la caisse.
Néanmoins, il entre dans l’office de juge judiciaire de se prononcer sur le bien-fondé de la décision administrative d’un organisme de sécurité sociale déterminant l’étendue de la créance qu’il détient sur l’un de ces assurés résultant de l’application de la législation de sécurité sociale. Il appartient ainsi au juge d’apprécier si la situation de précarité du débiteur justifie une remise totale ou partielle de la dette en cause (Cass 2ème civ 28 mai 2020, n°18-26.512).
Dès lors qu’il est régulièrement saisi d’un recours contre la décision administrative ayant rejeté en tout ou partie une demande de remise gracieuse d’une dette née de l’application de la législation de sécurité sociale au sens du texte susmentionné, il appartient au juge d’apprécier si la situation de précarité du débiteur justifie une remise totale ou partielle de la dette en cause.
Une telle remise ne peut pas être accordée en cas de manoeuvre frauduleuse ou de fausses déclaration.
En l’espèce, il est constant que Madame [R] [I