Juge des libertés détent, 21 janvier 2025 — 25/00060

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — Juge des libertés détent

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CLERMONT-FERRAND

N° RG 25/00060 - N° Portalis DBZ5-W-B7J-J4PZ MINUTE : 25/00038 ORDONNANCE rendue le 21 janvier 2025 Article L 3211-12-1 du code de la santé publique

CONTRÔLE DE L’HOSPITALISATION COMPLÈTE AVANT L’EXPIRATION D’UN DÉLAI DE DOUZE JOURS

DEMANDEUR M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 8] [Adresse 2] [Adresse 7] [Localité 3] Non comparant

PERSONNE ADMISE EN SOINS PSYCHIATRIQUES SANS CONSENTEMENT

Monsieur [B] [Z] né le 17 Septembre 1999 à [Localité 5] [Adresse 1] [Localité 4] comparant assisté de Me Anne LAMBERT, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND

TIERS DEMANDEUR à L’ADMISSION Madame [O] [Z] [Adresse 1] [Localité 4] non comparante, régulièrement avisée par courriel le 16/01/2025

MINISTÈRE PUBLIC régulièrement avisé, a fait des observations écrites

***

Nous, Mélanie JALICOT, Vice-Présidente, chargée des fonctions de juge des enfants au Tribunal Judiciaire de Clermont-Ferrand, assistée de Saliha BELENGUER-TIR, greffier et en présence de Marjorie FAVIER, greffier statuant dans la salle dédiée à cet effet au Centre Hospitalier Sainte Marie

DÉBATS :

A l'audience publique du 21 Janvier 2025, en présence du personnel soignant accompagnant, et la décision rendue en audience publique,

Le juge a exposé la procédure et indiqué l’avis du procureur de la République figurant au dossier.

Monsieur [B] [Z] et son conseil ont été entendus.

MOTIFS DE L’ORDONNANCE

Attendu que selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :

Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1 ; Que selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission ;

Attendu que Monsieur [B] [Z] a été admis depuis le 11/0/2025 en soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète à la demande d’un tiers, en l’espèce Madame [O] [Z], sa mère ;

Attendu que par requête reçue le 16 Janvier 2025, le directeur d’établissement a saisi le Juge du Tribunal Judiciaire de céans pour que la poursuite de cette mesure soit ordonnée ;

Attendu qu’il résulte du certificat médical du docteur [E] en date du 16/01/2025 qu’il a constaté : “ Monsieur [Z] reste dans une présentation psychotique avec une thématique hallucinatoire responsable d’un vécu anxieux majeur et d’une symptomatologie de retrait relationnel et affectif. La mise en place d’un traitement antispychotique commence à permettre une amélioration du contact et du cours de la pensée, ainsi qu’une sédation de l’angoisse. La poursuite de ce traitement est indispensable pour étayer cette évolution, et elle doit se faire dans le cadre de la contrainte en raison de son refus d’un traitement adapté. Les éléments médicaux suivants font obstacle à l’audition du patient par Mr ou Mme le Juge du Tribunal Judiciaire de CLERMONT FERRAND: aucun. Dans ces conditions, les soins sans consentement restent médicalement justifiés et doivent être maintenus en hospitalisation complète

Attendu qu’au cours de l’audience, Monsieur [B] [Z] a déclaré :” je souffre d’acouphène et cela me fait souffrir; j’ai de l’autisme et de la schizophrénie mais je n’ai jamais eu d’hallucinations; je n’ai pas pris l’antipsychotique depuis 2020. Ce n’est pas la schizophrénie. J’ai un nouveau traitement. Je me sens mieux mais c’est peut être à cause de l’augmentation des anxiolytiques; j’ai la bouche pateuse , des nausées, des malaises. A l’extérieur j’ai un suivi avec un psychiatre je n’ai eu aucun incident psychotique durant 4 ans malgré le fait de ne pas prendre mon antispychotique.Je suis d’accord pour poursuivre le traitement; l’hospitalisation est difficile; j’accepte le traitement; “

Le conseil a été entendu en ses observations : elle s’en remet à droit;

Attendu qu’au terme des débats, il convient d’une part de déclarer la requête formée par M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER DE [Localité 8], recevable en la forme, et la procédure régulière ;

Attendu que sur le fond, il ressort des pièces versées au dossier que Monsieur [Z] souffre d’une pathologie schizophrène et qu’il a été hospitalisé dans un contexte de dégradation de son état psychique depuis plusieurs mois (hallucinations auditives et visuelles); Qu’il est également établi , à la lecture du certificat médical du Docteur [E] du 16 janvier 2025 , qu’il