CTX PROTECTION SOCIALE, 16 décembre 2024 — 24/00348
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
de [Localité 16]
Pôle Social
Date : 16 Décembre 2024
Affaire :N° RG 24/00348 - N° Portalis DB2Y-W-B7I-CDQTF
N° de minute : 24/855
RECOURS N° : Le
Notification : Le A 1 CCC AUX PARTIES JUGEMENT RENDU LE SEIZE DECEMBRE DEUX MILLE VINGT QUATRE
PARTIES EN CAUSE
DEMANDERESSE
S.A.S. [18] [Adresse 4] [Localité 3] représentée par Maître Hélène SAID de la SELARL LUSIS AVOCATS, avocats au barreau de PARIS,
DEFENDERESSE
[8] [Localité 2] représentée par Maître Florence KATO, avocate au Barreau de Paris, toque D1901 COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DE L’AUDIENCE
Présidente : Madame Gaelle BASCIAK, Juge statuant à juge unique Greffier : Madame Drella BEAHO, Greffier
DÉBATS
A l'audience publique du 21 Octobre 2024
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EXPOSE DU LITIGE
Le 25 mars 2023, M. [F] [E], salarié de la société [18] (ci-après, « [19] ») en qualité de chef de secteur commercial, a effectué une déclaration de maladie professionnelle. A l’appui de sa demande de prise en charge, il a transmis à la [7] (ci-après, la Caisse) un certificat médical initial, daté du 30 mars 2023, faisant état d’un « état d’épuisement physique et psychologique et anxiété liés à son travail avec dépression // stress // burn-out ».
Après concertation médico-administrative, la Caisse a transmis le dossier de M. [F] [E] au [9] ([12]) de la région Ile-de-France, au motif que l’affection était hors tableau et que l’IPP estimée était supérieure à 25 %.
Le 16 novembre 2023, le [14] a émis un avis favorable à la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie déclarée, au motif que « après avoir étudié les pièces médico-administratives du dossier le comité constate qu’il existe des éléments susceptibles d’entrainer une souffrance au travail au regard des axes décrits dans le rapport [C] (en particulier une surcharge de travail et des rapports sociaux dégradés). Ces contraintes psycho-organisationnelle permettent d’expliquer le développement de la pathologie observée. Pour toutes ces raisons il y a lieu de retenir un line direct et essentiel entre l’affection présentée et le travail habituel de la victime ».
Après investigations, la Caisse, par notification du 23 novembre 2023, a informé la société [19] de la prise en charge de la pathologie déclarée par M. [F] [E], au titre d’une maladie professionnelle « hors tableau ».
La société [19] a contesté cette décision de prise en charge devant la Commission de recours amiable puis, par requête enregistrée le 29 avril 2023, elle a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Meaux en contestation de la décision implicite de rejet de la Commission de recours amiable.
L’affaire a été appelée à l’audience du 21 octobre 2024.
A l’audience, la société [19] et la Caisse étaient représentées.
A l’audience, sur le fondement de l’alinéa 2 de l’article L. 218-1 du code de l’organisation judiciaire, la présidente indique qu’elle statuera à juge unique, en l’absence d’une formation complète de jugement.
PRETENTIONS ET MOYENS DES PARTIES
Aux termes de sa requête soutenue oralement à l’audience, la société [19] demande au tribunal de :
-Constater que la présomption du caractère professionnel de la maladie n’est pas applicable au cas de M. [E] ;
-Constater qu’il n’est pas démontré que la maladie déclarée par M.[E] le 26 mars 2023 est directement et essentiellement causée par son travail habituel ;
-Constater que la maladie déclarée le 26 mars 2023 par M.[E] ne peut pas être prise en charge au titre de la législation sur les risques professionnels ;
-Infirmer la décision de reconnaissance du caractère professionnel de la maladie de M. [E] rendue par la Caisse le 23 novembre 2023 ;
-Infirmer la décision implicite de rejet du recours qu’elle a formé devant la Commission de recours amiable de la Caisse constituée en date du 24 mars 2024.
La société [19] soutient que la maladie déclarée par M. [E] est sans lien essentiel et direct avec son travail habituel. Elle indique que M. [E] occupe un poste de de chef de secteur en charge du développement de la part de marché de la société [19] sur son secteur et a pour mission de vendre le produits de la société, faire revendre les produits et bâtir l’image de la marque [17] depuis le 1er mai 2015, qu’entre novembre 2020 et juin 2021 il a été placé en activité partielle à 100 % en tant que personne vulnérable au [11] et qu’il a repris à compter du 7 juin 2021. Elle précise que M. [E] a demandé en décembre 2021 une mobilité pour convenance personnelle en Normandie mais qu’il n’y avait pas de poste disponible et qu’il a été placé en arrêt de travail à compter du 26 mars 2022.
La société [19] fait valoir que les dires de M. [E] ne reposent que sur ses seules affirmations et ne sont étayés par aucun élément probant, qu’il n’a pas été en situation de surcharge de travail ou subi de pressions de la part de sa hiérarchie, que M. [E] n’a jamais informé sa société [19] de ses difficultés et qu’aucune alerte n’a été émise par la