Référés, 28 janvier 2025 — 24/00462
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE [Adresse 4] [Adresse 4] [Localité 7] ☎ [XXXXXXXX01] -------------- Procédure accélérée au fond
N° RG 24/00462 - N° Portalis DB2G-W-B7I-I5V4 MINUTE n°
République Française Au nom du Peuple Français
J U G E M E N T
du 28 janvier 2025
Dans la procédure introduite par :
Syndicat des copropriétaires de la résidence “[Adresse 8]” sise [Adresse 5] et [Adresse 6] à [Localité 7], pris en la personne de son syndic, la S.A.S. LAMY dont le siège social est sis [Adresse 2]
représenté par Maître François WELSCH, avocat au barreau de MULHOUSE
requérant
à l’encontre de :
S.A.S. LK NET dont le siège social est sis [Adresse 3]
représentée par Maître Vincent BURKARD-RUBY, avocat au barreau de MULHOUSE
requise
Florence LAÏ, présidente du tribunal judiciaire de céans, statuant selon la procédure accélérée au fond, assistée de Océane NGUYEN, greffière, a rendu le jugement suivant :
Après avoir, à notre audience publique du 3 décembre 2024, entendu les parties en leurs conclusions et observations,
Statue comme suit :
EXPOSE DU LITIGE
La société LK NET est propriétaire du lot n° 106 dépendant d’une résidence en copropriété dénommée « [Adresse 8] » située [Adresse 5] et [Adresse 6] à [Localité 7].
Par assignation signifiée le 24 juillet 2024, le syndicat des copropriétaires de la résidence « [Adresse 8] », sise [Adresse 5] et [Adresse 6], pris en la personne de son syndic, la société LAMY (ci-après le syndicat des copropriétaires), a fait assigner la société LK NET devant le président du tribunal judiciaire de Mulhouse, sur le fondement des articles 10 et 19-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, aux fins de la voir condamner à lui payer les sommes suivantes :
- 15 741,40 euros au titre des provisions sur charges échues et à venir, selon relevé de compte du 9 avril 2024, augmentée des intérêts au taux légal à compter de l’assignation, - 1 200 euros au titre des dommages et intérêts pour résistance abusive et trouble subi, - 1 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, - les entiers frais et dépens.
À l’appui de sa demande en justice, le syndicat des copropriétaires fait valoir que la société LK NET ne règle pas régulièrement les charges de copropriétés dont elle est redevable.
Bien que régulièrement représentée, la société LK NET n’a pas fait valoir d’observations.
MOTIFS DE LA DÉCISION
L’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 dispose : « À défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2. »
L’obligation à la dette existe dès lors que l’assemblée générale des copropriétaires a approuvé les comptes présentés par le syndic et qu’aucun recours n’a été formé dans le délai légal, mentionné à l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965.
En vertu de l’article 35 du décret du 17 mars 1967, les appels provisionnels auxquels procède le syndic, dans les limites et sous les conditions prévues par ce texte, constituent une créance certaine, liquide et exigible.
Enfin, il y a lieu de rappeler que, selon, l’article 10-1 a) de la loi du 10 juillet 1965, dans sa version issue de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014, non remise en cause depuis, dispose que par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné « les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur. »
En l’espèce, à l’appui de sa demande, le syndicat des copropriétaires produit notamment :
- le contrat de syndic, - les procès-verbaux des assemblées générales du 1er juin 2018, 21 juin 2019, 23 septembre 2019, 30 septembre 2020, 30 juin 2021, 28 juillet 2022 et 26 juillet 2023, portant approbation des copropriétaires des comptes et des budgets prévisionnels, - la sommation de payer du 25 janvier 2024, - un décompte arrêté au 16 mai 2024 et faisant apparaître un impayé de 17 707,39 euros.
Le syndicat des copropriétaires précise qu’il convient de déduire du