Référés Proximité, 15 janvier 2025 — 24/00617

Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) Cour de cassation — Référés Proximité

Texte intégral

N°Minute:24/00078 DOSSIER : N° RG 24/00617 - N° Portalis DBYB-W-B7I-PCU3

Copie exécutoire à Me Clément CHAZOT expédition à

le 15 Janvier 2025 TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTPELLIER [Adresse 4]

AUDIENCE DES REFERES

ORDONNANCE

RENDUE LE 15 Janvier 2025

PAR Emmanuelle SERRE, vice-présidente, juge des contentieux de la protection, statuant en matière de referé, assistée de Marie-Agnès GAL, Greffier,

ENTRE :

DEMANDEUR

Monsieur [M] [V], demeurant [Adresse 1]

représenté par Me Clément CHAZOT, avocat au barreau de MONTPELLIER

ET

DEFENDEUR

Monsieur [R] [D], demeurant [Adresse 3]

non comparant, ni représenté

Les débats ont été déclarés clos le 10 Décembre 2024 , Madame le Président ayant informé les parties que la décision serait rendue le 15 Janvier 2025.

SUR QUOI, L'ORDONNANCE SUIVANTE A ETE RENDUE :

EXPOSE DU LITIGE Par acte en date du 5 août 2023 et ayant pris effet le 1er octobre 2023, Monsieur [M] [V] a donné à bail à Monsieur [R] [D] un immeuble à usage d'habitation, avec emplacement de stationnement (n°6), situé [Adresse 2], moyennant un loyer mensuel initial de 480 euros, outre une provision mensuelle sur charges de 40 euros. La souscription d’une assurance n’ayant pas été justifiée et des loyers étant demeurés impayés, Monsieur [M] [V] a fait signifier à Monsieur [R] [D], par acte de commissaire de justice en date du 7 mai 2024, un commandement d’avoir à justifier d’une asurance et de payer la somme principale de 3.010 euros, au titre des loyers et provisions sur charges impayés, arrêté à la date du 3 mai 2024 ; ledit commandement visant la clause résolutoire prévue au bail. Par acte de commissaire de justice délivré à étude le 15 juillet 2024, notifié au représentant de l’État dans le département, Monsieur [M] [V] a fait assigner Monsieur [R] [D] pour l'audience du 10 décembre 2024 devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de MONTPELLIER, statuant en référé, et demande, notamment sur le fondement de la loi du 06 juillet 1989 : - le constat de la résiliation du bail par le jeu de la clause résolutoire en raison de l'impayé de loyers et de charges, - l'expulsion de Monsieur [R] [D] et de tous occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique et d'un serrurier, - la fixation de l'indemnité mensuelle d'occupation au montant des loyers, charges comprises et ce jusqu'au départ effectif des lieux, et la condamnation de Monsieur [R] [D] au paiement de celle-ci, - la condamnation de Monsieur [R] [D] à payer la somme de 4.450 euros à titre de provision correspondant aux loyers et charges impayés dus, somme à parfaire au jour de l’audience, - la condamnation de Monsieur [R] [D] aux entiers dépens et à payer la somme de 700 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile. À la suite de la notification de l’assignation au représentant de l’État dans le département, la Direction de l’action sociale et du logement a fait parvenir au tribunal un diagnostic social et financier concernant Monsieur [R] [D], daté du 25 novembre 2024. La conclusion est qu’il ne s’est pas présenté aux convocations du travailleur social. À l'audience du 10 décembre 2024, Monsieur [M] [V] était représenté par son conseil. Monsieur [R] [D], bien que régulièrement assigné à comparaître, n’était ni présent, ni représenté. Monsieur [M] [V] a maintenu ses demandes telles que portées dans l’assignation, à laquelle il convient de se référer, conformément à l’article 455 du code de procédure civile, pour un plus ample exposé de ses moyens ; outre actualisation de la dette principale par décompte produit à l’audience, à la somme de 6.983 euros. La décision a été mise en délibéré au 15 janvier 2025. MOTIFS En vertu de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la saisine en référé L’article 834 du code de procédure civile dispose que dans tous les cas d’urgence, le juge des contentieux de la protection, dans les limites de sa compétence, peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. L’article suivant précise qu’il peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence d’une obligation n’est pas sérieusement contestable, le juge des contentieux de la protection peut accorder une provision au créancier ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire. En l’espèce, l’occupation sans droit ni titre d’un immeuble, qui peut résulter du constat de la résiliation du bail du fait d’impayés, const