Juge des libertés détent, 31 janvier 2025 — 25/00104
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CLERMONT-FERRAND
N° RG 25/00104 - N° Portalis DBZ5-W-B7J-J5DJ MINUTE : 25/64 ORDONNANCE rendue le 31 janvier 2025 Article L 3211-12-1 du code de la santé publique
CONTRÔLE DE L’HOSPITALISATION COMPLÈTE AVANT L’EXPIRATION D’UN DÉLAI DE DOUZE JOURS
DEMANDEUR M. LE DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER DE [6] [Adresse 2] [Adresse 5] [Localité 3] Non comparant
PERSONNE ADMISE EN SOINS PSYCHIATRIQUES SANS CONSENTEMENT
Madame [K] [H] [I] [J] née le 26 Mars 1983 à [Localité 7] [Adresse 4] [Localité 3] Comparante assistée de Me PONCHET Apolloine, avocate au barreau de CLERMONT FERRAND
TIERS DEMANDEUR à L’ADMISSION Madame [M] [G] [L] [Adresse 1] [Localité 3] non comparante, régulièrement avisée par courriel le 28/01/2025, observations écrites reçues par courriel le 30/01/2025 à 07h40
MINISTÈRE PUBLIC régulièrement avisé, a fait des observations écrites
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Nous, Jean-Christophe RIBOULET, Vice-Président chargé des fonctions de juge des libertés et de la détention au Tribunal Judiciaire de Clermont-Ferrand, assisté de Saliha BELENGUER-TIR, greffier et en présence de Marjorie FAVIER, greffier statuant dans la salle dédiée à cet effet au Centre Hospitalier Sainte Marie
DÉBATS :
A l'audience publique du 31 Janvier 2025, en présence du personnel soignant accompagnant, et la décision rendue en audience publique,
Le juge a exposé la procédure et indiqué l’avis du procureur de la République figurant au dossier.
Madame [K] [H] [I] [J] et son conseil ont été entendus.
Madame [M] [G] [L] a adressé des observations écrites.
MOTIFS DE L’ORDONNANCE
Attendu que selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ;Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l’article L. 3211-2-1 ; Que selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission ;
Attendu que Madame [K] [H] [I] [J] a été admise depuis le 23/01/2025 en soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète à la demande d’un tiers, en l’espèce Madame [M] [G] [L], sa belle-soeur ;
Attendu que par requête reçue le 28 Janvier 2025, le directeur d’établissement a saisi le Juge du Tribunal Judiciaire de céans pour que la poursuite de cette mesure soit ordonnée ;
Attendu qu’il résulte du certificat médical du docteur [O] en date du 28/01/2025 qu’il a constaté : “Patiente présentant des éléments dépressifs majeurs au premier plan avec un important ralentissement psychomoteur, une clinophilie et des troubles des fonctions instinctuelles, associés à une introspection partielle de ces troubles, avec reconnaissance cependant d'un début d'améIioration sous traitement. Elle rapporte spontanément avoir des hallucinations cénesthésiques et acoustico-verbales, et refuse une hospitalisation à temps complet Au vu d'une symptomatologie désorganisationnelle fluctuante, Fhospitalisation est nécessaire pour poursuivre l’observation clinique et une adaptation des traitements introduits. Les éléments médicaux suivants font obstacle à l'audition du patient par Mr ou Mme Le Juge du Tribunal Judiciaire de Clermont Ferrand : Aucun Dans ces conditions, les Soins Sans Consentement restent médicalement justifiés et doivent étre maintenus en Hospitalisation Complète.”
Attendu qu’au cours de l’audience, Madame [K] [H] [I] [J] a déclaré :” j’ai des contacts avec ma belle soeur, je la vois autant que possible. J’ai été hospitalisée parce que c’était nécessaire, à mon avis parce que j’ai besoin d’un accompagnement ponctuel, si dans la durée, régulier. J’avais du mal à dormir, des insomnies assez fréquentes et au niveau de l’alimentation je mangeais un peu quand je pouvais. Ça m’est arrivé d’entendre des voix, c’est peut-être l’objet qui m’a le plus empêché de dormir. Je vais de mieux en mieux avec un petit bémol, je n’aimerais pas que ça dure longtemps. C’est la deuxième fois que je viens en psychiatrie, la première fois c’était en juin l’année dernière. J’ai été hospitalisée à peu près un mois. Ils ont dit que j’étais dépressive, j’avais eu des hallucinations. Le traitement je l’ai pris un petit moment. Contrairement à cette fois ci j’avais l’impression qu’il ne marchait pas. Je pense que quelques jours encore sont nécessaires mais pas trop longtemps. Je souhaiterais ne pas rester plus d’une semaine ici”.
Le conseil a été