Pôle 1 - Chambre 11, 4 février 2025 — 25/00598

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Texte intégral

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

COUR D'APPEL DE PARIS

L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour

des étrangers et du droit d'asile

ORDONNANCE DU 04 FEVRIER 2025

(1 pages)

Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 25/00598 - N° Portalis 35L7-V-B7J-CKXGO

Décision déférée : ordonnance rendue le 31 janvier 2025, à 10h19, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris

Nous, Elise Thevenin-Scott, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Marie Bounaix, greffière aux débats et au prononcé de l'ordonnance,

APPELANT :

M. [Y] [U]

né le 26 février 2003 à [Localité 1], de nationalité marocaine

se disant né en Algérie à [Localité 2] dans le sahara algérien

RETENU au centre de rétention : [Localité 3] 1

assisté de Me Ruben Garcia, avocat au barreau de Paris - Mme [T] [N] (Interprète en arabe) tout au long de la procédure devant la cour et lors de la notification de la présente ordonnance, serment préalablement prêté

INTIMÉ :

LE PREFET DE POLICE

représenté par Me Sophie Schwilden du cabinet Gabet/Schwilden, avocat au barreau de Seine-Saint-Denis

MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience

ORDONNANCE :

- contradictoire

- prononcée en audience publique

- Vu le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l'application du titre VII de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, relatif à la simplification des règles du contentieux ;

Constatant qu'aucune salle d'audience attribuée au ministère de la justice spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention n'est disponible pour l'audience de ce jour ;

- Vu l'ordonnance du 31 janvier 2025 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris ordonnant la prolongation du maintien de M. [Y] [U], dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée maximale de 26 jours, à compter du 30 janvier 2025 soit jusqu'au 25 février 2025 ;

- Vu l'appel motivé interjeté le 03 février 2025, à 10h01, par M. [Y] [U] ;

- Vu les pièces versées par le conseil du préfet de police le 3 février 2025 à 20h27 ;

- Après avoir entendu les observations :

- de M. [Y] [U], assisté de son avocat, qui demande l'infirmation de l'ordonnance ;

- du conseil du préfet de police tendant à la confirmation de l'ordonnance ;

SUR QUOI,

M. [Y] [U], né le 26 février 2003 à [Localité 1] (Maroc), a été placé en rétention administrative par arrêté préfectoral en date du 27 janvier 2025, sur le fondement d'un arrêté préfectoral portant OQTF en date du 24 avril 2024.

La mesure a été prolongée par le magistrat du siège en charge du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 3] par ordonnance du 31 janvier 2025.

M. [Y] [U] a interjeté appel et sollicite l'infirmation de la décision aux motifs que :

Les diligences de l'administration sont insuffisantes celle-ci ayant saisi un consulat dont il n'a pas la nationalité, M. [Y] [U] s'étant déclaré de nationalité algérienne durant sa garde à vue et le préfet indiquant, dans la requête saisissant le juge, envisager un départ vers l'Algérie.

La requête est irrecevable en raison de l'incompétence du signataire de l'acte faute de production de l'arrêté de délégation, et en tout état de cause en raison d'une délégation générale ne prévoyant pas la saisine de l'autorité judiciaire

Réponse de la cour

Sur l'irrecevabilité de la requête pour absence de signature régulière

En application des articles 122 et 123 du code de procédure civile : « Constitue une fin de non-recevoir tout moyen qui tend à faire déclarer l'adversaire irrecevable en sa demande, sans examen au fond, pour défaut de droit d'agir, tel le défaut de qualité, le défaut d'intérêt, la prescription, le délai préfix, la chose jugée. »

« Les fins de non-recevoir peuvent être proposées en tout état de cause, à moins qu'il en soit disposé autrement et sauf la possibilité pour le juge de condamner à des dommages-intérêts ceux qui se seraient abstenus, dans une intention dilatoire, de les soulever plus tôt. »

Il appartient au juge judiciaire de procéder à un contrôle de la régularité de la requête, notamment quant aux délégations de signature (1re Civ., 14 avril 2010, pourvoi n°09-12.401 ; 1re Civ., 16 décembre 2015, pourvoi n°15-13.813). La requête doit ainsi émaner d'une autorité ayant pouvoir. Si le signataire de la requête n'est pas le préfet, il doit avoir une délégation préfectorale.

L'absence ou l'empêchement du préfet et de ceux à qui il s'est substitué, dans l'ordre prévu par la délégation, est présumé (2e Civ., 7 octobre 2004, pourvoi n°03-50.075), dès lors, il appartient à l'étranger d'apporter la preuve contraire. Ainsi, il appartient à la partie contestant la délégation de signature d'apporter la preuve de l'inexistence de ladite délégation ou d