CIVIL TP SAINT DENIS, 6 février 2025 — 24/00885

Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire Cour de cassation — CIVIL TP SAINT DENIS

Texte intégral

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

N° RG 24/00885 - N° Portalis DB3Z-W-B7I-G322

MINUTE N° :

Notification

Copie certifiée conforme

délivrée le :

à :

Copie exécutoire délivrée

le :

à : COUR D’APPEL DE SAINT-DENIS DE LA RÉUNION TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT-DENIS

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JUGEMENT DU 06 FEVRIER 2025 - JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION

PARTIES

DEMANDEUR(S) :

S.A. SHLMR [Adresse 2] [Localité 3] représenté par Mme [Y] [E] (Chargée de contentieux)

DÉFENDEUR(S) :

Madame [U] [D] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 4] comparante en personne

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Président : Alain SOREL,

Assisté de : Marie-Anne BERTILLE, adjointe administrative assermentée, faisant fonction de greffière,

DÉBATS :

À l’audience publique du 07 Novembre 2024

DÉCISION :

Contradictoire

EXPOSE DU LITIGE La SOCIETE D’HABITATIONS A LOYER MODERE DE LA REUNION (SHLMR) a donné à bail à Madame [D] [U], selon contrat de location en date du 27 mars 2023, un logement à usage d’habitation situé au [Adresse 1], [Localité 4], moyennant un loyer mensuel de 555,49 euros charges comprises. Par acte de commissaire de justice en date du 13 juin 2024, la SHLMR a fait délivrer à sa locataire un commandement de payer visant la clause résolutoire, pour la somme en principal de 876,03 euros correspondant aux loyers et charges impayés. Par assignation en date du 16 septembre 2024, la SHLMR a fait citer Madame [D] [U] devant le juge des contentieux de la protection près du tribunal judiciaire de Saint-Denis de La Réunion, aux fins de voir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire : - constater la résiliation du bail conclu entre les parties du fait de l’acquisition de la clause résolutoire, - ordonner l’expulsion de Madame [D] [U], - condamner Madame [D] [U] au paiement des loyers et charges impayés, soit la somme de 1.055,51 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du commandement de payer les loyers, - condamner Madame [D] [U] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle de 574,70 euros révisable jusqu’à libération effective des lieux, - condamner Madame [D] [U] au paiement de la somme de 350 euros au titre de l’article 700 du CPC, - condamner Madame [D] [U] aux dépens. A l’audience du 7 novembre 2024, date à laquelle l’affaire a été évoquée, la SHLMR, dûment représentée, a maintenu l’intégralité de ses demandes en actualisant sa créance à la somme de 793,91 euros. Madame [D] [U], comparant en personne, a reconnu la dette locative et sollicité un délai pour l’apurer. Elle a deux enfants à charge, déclare 1.157 euros de ressources mensuelles, 600 euros de charges mensuelles hors loyer et pouvoir consacrer 33 euros par mois au règlement de son arriéré locatif. L’affaire a été mise en délibéré au 6 février 2025, par mise à disposition au greffe. MOTIFS DE LA DECISION SUR LA RECEVABILITE Une copie de l’assignation a été notifiée à la Préfecture de La Réunion, par voie dématérialisée (logiciel EXPLOC) avec accusé de réception électronique du 18 septembre 2024, soit plus de six semaines avant l’audience du 7 novembre 2024, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version en vigueur. En outre, il résulte de l’article 24 II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 que les bailleurs sociaux ne peuvent faire délivrer, sous peine d’irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de la résiliation du bail avant l’expiration d’un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives. Le texte prévoit que cette saisine est réputée constituée lorsque persiste une situation d’impayés préalablement signalée dans les conditions règlementaires aux organismes payeurs des aides au logement. En l’espèce, la SHLMR justifie avoir signalé à la caisse d’allocations familiales (CAF) la situation d’impayés de Madame [D] [U] par courrier du 8 avril 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation 16 septembre 2024, conformément aux dispositions précitées. L’action de la SHLMR est donc recevable. SUR L’ACQUISITION DE LA CLAUSE RESOLUTOIRE L’article 24 I de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dans sa version en vigueur à la date de conclusion du contrat et applicable au présent litige énonce que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-paiement du dépôt de garantie, ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. En l’espèce le contrat de location conclu le 27 mars 2023 contient une clause résolutoire et un commandement de payer visant cette clause a été signifié à Madame [D] [U] le 13 juin 2024 pour la somme en principal de 876,03 euros. Ce commandement de payer étant resté infructueux pendant plus de deux mois, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire