Juge libertés & détention, 6 février 2025 — 25/00207

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — Juge libertés & détention

Texte intégral

N° RC 25/00207 Minute n°25/87 _____________

Soins psychiatriques relatifs à monsieur [V] [O] ________

ADMISSION SUR DÉCISION DU REPRÉSENTANT DE L'ETAT

MINUTES DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NANTES __________________________________

ORDONNANCE DU 06 février 2025 ____________________________________

Juge : François PERNOT

Greffière : Sarah LE BAIL

Débats à l’audience du 06 février 2025 au CH UNIVERSITAIRE [Localité 2] ST JACQUES

DEMANDEUR (ayant demandé l’hospitalisation) : Le préfet de la [Localité 1]-Atlantique

Non comparant, régulièrement convoqué

DÉFENDEUR (personne faisant l’objet des soins) : Monsieur [V] [O]

Comparant, assisté par maître Julie SUPIOT, avocat au barreau de NANTES, commis d’office,

Actuellement hospitalisé au CH UNIVERSITAIRE [Localité 2] ST JACQUES

Comparant en la personne de madame [U]

Ministère Public :

Avisé, non comparant.

Nous, François PERNOT, juge des libertés et de la détention chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés prévues par le Code de la santé publique, assisté de Sarah LE BAIL, greffière, statuant en audience publique,

Vu l’acte de saisine émanant de la PREFECTURE DE LA [Localité 1]-ATLANTIQUE en date du 03 février 2025, reçu au greffe le 03 février 2025, concernant monsieur [V] [O] et tendant à la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète dont cette personne fait l’objet sur le fondement des articles L3212-1 et suivants du Code de la santé publique,

Vu les articles L3211-1, L3211-12-1 et suivants et R3211-7 et suivants du Code de la santé publique,

Vu les avis et pièces transmises par le directeur de l’établissement,

Vu les convocations régulières à l’audience du 06 février 2025 de monsieur [V] [O], de son conseil, du directeur de l’établissement où séjourne la personne hospitalisée, du représentant de l’Etat et l’avis d’audience donné au procureur de la République, qui s’en rapporte à justice.

EXPOSÉ DE LA SITUATION

Monsieur [O] a fait l'objet d'une admission en hospitalisation sans son consentement dans le cadre de la procédure sur demande du représentant de l’État dans le département, après admission provisoire par arrêté du maire de [Localité 2] daté du 28 janvier 2025, sur production d'un certificat médical du même jour signé par le docteur [K] (SOS MEDECINS), selon lequel cette personne présentait des troubles psychiques nécessitant des soins et amenant des comportements qui constituaient un danger imminent pour la sûreté des personnes et/ou portaient atteinte de façon grave à l'ordre public ; plus concrètement, il était fait état des éléments suivants :

- accès maniaque avec délire mystique, - patient bipolaire en rupture de traitement par lithium, - interpellation sur la voie publique dans la nuit en raison d’un comportement délirant, - comportement imprévisible avec mise en danger possible. La décision d'admission du 29 janvier 2025 prise par le préfet était notifiée le 30 janvier 2025, mais l'état de santé du patient ne lui permettait pas d'en prendre connaissance.

La période d'observation donnait lieu à l'établissement des certificats médicaux prévus par la loi :

- le premier, signé le 29 janvier 2025 par le docteur [Y], évoquait une symptomatologie maniaque avec accélération psychique et idées délirantes à thématique mystique et mégalomaniaque ; déni des troubles total ;

- le second, signé le 30 janvier 2025 par le docteur [W], reprenait les mêmes éléments et soulignait une adhésion totale au délire, et partielle aux soins.

L'hospitalisation était maintenue par décision du préfet du 30 janvier 2025 ; après avoir semblé en signer la notification, monsieur [O] indiquait à l’audience que ce n’était pas sa signature.

Lors de l'audience tenue en présence du juge des libertés et de la détention, il disait aller très bien et souhaitait sortir, réfutant les avis de psychiatres ; la mesure n’avait pour lui aucun sens, dès lors qu’il ne s’estimait pas atteint d’un trouble psychiatrique.

Son conseil relayait la parole de son client dans le sens de la mainlevée de la mesure d'hospitalisation complète.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Attendu que l'hospitalisation sans son consentement d'une personne atteinte de troubles affectant son état mental constitue une atteinte à sa liberté individuelle, dont la rigueur doit être limitée à sa protection et à celle des tiers auxquels elle pourrait porter préjudice ;

Attendu que la loi n'autorise le représentant de l’État dans le département à admettre une personne en soins psychiatriques sans consentement que si les troubles psychiques qu'elle présente rendent ledit consentement impossible, imposent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte de façon grave à l'ordre public ;

Attendu que le juge des libertés et de la détention contrôle la régularité formelle de la procédure de soins psychiatriques sans consentement sous la forme de l’hospitalisation complète et s'assure que les restrictions à la libe