Recours Hospitalisation, 6 février 2025 — 25/00017
Texte intégral
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
C O U R D ' A P P E L D E T O U L O U S E
DU 6 Février 2025
ORDONNANCE
Minute N° 25/20
N° RG 25/00017 - N° Portalis DBVI-V-B7J-QZBQ
Décision déférée du 24 Janvier 2025
- Juge délégué de [Localité 8] - 25/00130
APPELANTE
Madame [K] [I]
[Adresse 7]
[Adresse 2]
[Localité 4]
Représentée par Me Morgane PAJAUD-MENDES, avocat au barreau de TOULOUSE, désignée d'office par le bâtonnier,
INTIME
CENTRE HOSPITALIER GERARD MARCHANT
[Adresse 1]
[Adresse 6]
[Localité 3]
Régulièrement convoqué, non comparant
TIERS
Madame [J] [I], soeur de [K] [I]
[Adresse 2]
[Adresse 5]
[Localité 4]
Régulièrement avisée, non comparante
DÉBATS : A l'audience publique du 05 Février 2025 devant A. DUBOIS, assistée de M. QUASHIE
MINISTERE PUBLIC:
Auquel l'affaire a été régulièrement communiquée et qui a fait connaître son avis par écrit.
Nous, A.DUBOIS, présidente de chambre déléguée par ordonnance de la première présidente en date du 12 Décembre 2024, en présence de notre greffier et après avoir entendu les conseils des parties en leurs explications :
- avons mis l'affaire en délibéré au 6 Février 2025
- avons rendu publiquement par mise à disposition au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du Code de procédure civile, l'ordonnance suivante :
Le 17 janvier 2025, Mme [K] [I] a été admise en soins psychiatriques sans consentement sur décision du directeur du centre hospitalier Marchant.
Par ordonnance du 24 janvier 2025, le juge du tribunal judiciaire de Toulouse l'a maintenue sous le régime de l'hospitalisation complète sous contrainte.
Mme [K] [I] en a relevé appel par l'intermédiaire de son avocat par déclaration reçue au greffe le 28 janvier 2025 soutenue oralement à l'audience, à laquelle il convient de se référer en application de l'article 455 du code de procédure et aux termes de laquelle elle demande la mainlevée de la mesure pour impossibilité de vérifier l'identité du tiers.
Un obstacle médicale constaté dans l'avis du 30 janvier 2025 a rendu impossible sa comparution à l'audience.
Le centre hospitalier, régulièrement convoqué, n'a pas comparu.
Selon l'avis motivé du médecin psychiatre du 30 janvier 2025, les troubles mentaux rendant impossible le consentement de Mme [K] [I] et son état imposent des soins psychiatriques assortis d'une surveillance constante sous la forme d'une hospitalisation complète continue en unité d'admission ou de soins de suite du secteur.
Par avis écrit du 4 février 2025 mis à disposition des parties, le ministère public a conclu à la confirmation de la décision entreprise.
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MOTIVATION :
Selon l'article L.3212-1 I du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l'objet de soins psychiatriques sur décision du directeur de l'établissement que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
- ses troubles mentaux rendent impossible son consentement,
- son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au deuxièmement du grand I de l'article L.3211-2-1.
L'article L.3212-3 précise qu'en cas d'urgence, lorsqu'il existe un risque grave d'atteinte à l'intégrité du malade, le directeur de l'établissement peut, à titre exceptionnel, prononcer à la demande d'un tiers l'admission en soins psychiatriques d'une personne malade au vu d'un seul certificat médical émanant, le cas échéant, d'un médecin exerçant dans l'établissement. Dans ce cas, les certificats médicaux mentionnés aux deuxième et troisième alinéas de l'article L. 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts.
Préalablement à l'admission, le directeur de l'établissement d'accueil vérifie que la demande de soins a été établie conformément au 1° du II de l'article L. 3212-1 et s'assure de l'identité de la personne malade et de celle qui demande les soins. Si la demande est formulée pour un majeur protégé par la personne chargée d'une mesure de protection juridique à la personne, celle-ci doit fournir à l'appui de sa demande le mandat de protection future visé par le greffier ou un extrait du jugement instaurant la mesure de protection.
En l'espèce, Mme [K] [I] a été admise en soins psychiatriques sans son consentement, à la demande de sa soeur, le 17 janvier 2025 en raison, selon le certificat médical d'admission, d'une rupture de suivi et de traitement, entraînant une dégradation clinique constatée par un membre de sa famille et mettant en évidence une franche rupture avec l'état antérieur, une désorganisation psychique majeure avec une bizarrerie de contact ayant motivée la mise à l'abri et la prise en charge en service hospitalier, la patiente étant, à l'arrivée dans le service, dés