7ème CHAMBRE CIVILE, 19 février 2025 — 23/06002
Texte intégral
N° RG 23/06002 - N° Portalis DBX6-W-B7H-YAWL
7EME CHAMBRE CIVILE SUR LE FOND
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX 7EME CHAMBRE CIVILE
JUGEMENT DU 19 FÉVRIER 2025 50F
N° RG 23/06002 N° Portalis DBX6-W-B7H-YAWL
Minute n° 2025/
AFFAIRE :
[J] [V] [W] [I] épouse [V] C/ SCCV BON AIR
Grosse Délivrée le : à
AARPI GRAVELLIER LIEF DE LAGAUSIE RODRIGUES Me Damien MERCERON
COMPOSITION DU TRIBUNAL : Lors des débats et du délibéré :
Madame BOULNOIS, Vice-Président, statuant en Juge Unique.
Lors des débats et du prononcé :
Monsieur ROUCHEYROLLES, Greffier
DEBATS :
à l’audience publique du 18 Décembre 2024
JUGEMENT :
En premier ressort Statuant publiquement, par mise à disposition au greffe
DEMANDEURS
Monsieur [J] [V] né le 17 Juin 1951 à [Localité 12] de nationalité Française [Adresse 2] [Localité 5]
représenté par Me Damien MERCERON, avocat au barreau de BORDEAUX
Madame [W] [I] épouse [V] née le 16 Février 1952 à [Localité 11] (HAUTS DE SEINE) de nationalité Française [Adresse 2] [Localité 5]
représentée par Me Damien MERCERON, avocat au barreau de BORDEAUX
DEFENDERESSE:
SCCV BON AIR [Adresse 3] [Localité 4]
représentée par Maître Philippe LIEF de AARPI GRAVELLIER LIEF DE LAGAUSIE RODRIGUES, avocats au barreau de BORDEAUX,
Par contrat préliminaire à une vente en l'état futur d'achèvement en date du 13 juillet 2018, Monsieur [J] [V] et Madame [W] [I] épouse [V] ont réservé auprès de la SCCV BON AIR un appartement numéro D 206 et un parking au sein de l’ensemble immobilier dénommé [Adresse 13], sis [Adresse 1] et [Adresse 6] à [Localité 7], et ce pour un prix de 266 000 €.
La date prévisionnelle d'achèvement était fixée au deuxième trimestre 2020.
Un acte de vente en l’état futur d’achèvement a été signé devant Notaire le 15 novembre 2018 entre la SCCV BON AIR et Monsieur et Madame [V]. L'acte prévoyait un délai d'achèvement toujours fixé au deuxième trimestre 2020.
Le bien n'a pas été livré à la date prévue et après un premier courrier du 20 avril 2021, les acquéreurs ont par courrier de mise en demeure en date du 16 mars 2023 sollicité une indemnisation auprès de la SCCV BON AIR.
Faute de réponse les satisfaisant et la livraison n'étant toujours pas intervenue, par acte en date 10 juillet 2023, Monsieur et Madame [V] ont fait assigner au fond devant le Tribunal judiciaire la SCCV BON AIR aux fins de la voir condamnée à les indemniser d'un préjudice.
La livraison est intervenue le 3 août 2023, avec réserves.
Suivant dernières conclusions notifiées par voie électronique le 24 octobre 2024, Monsieur [J] [V] et Madame [W] [I] épouse [V] demandent au Tribunal de : Vu les articles 1217 et 1231-1 et suivants du Code civil , Vu les articles 1104 et 1611 du Code civil, Vu l’article 1170 du Code civil, Vu les articles L. 212-1, R.121-1 et L. 241-1 de la consommation , Vu l’article 514 du Code de procédure civile, Vu les articles 1642-1 et 1648 du Code civil, 1°/ À TITRE PRINCIPAL, - DIRE ET JUGER que la SCCV BON AIR a commis des manquements de nature à engager sa responsabilité contractuelle.
- JUGER que la clause de report de livraison, stipulée en page 23 et 24 de l’acte de vente signé le 15 novembre 2018, doit être réputée non écrite en ce qu’elle prive de sa substance l'obligation essentielle du promoteur vendeur, et en ce qu’elle crée, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat. En conséquence, - CONDAMNER la SCCV BON AIR à verser à Monsieur et Madame [V] la somme de 27.594, 40 € au titre de leur préjudice de perte de chance d’avoir pu donner le bien acquis à bail et d’en percevoir les loyers à compter du 1er juillet 2020, jusqu’à la livraison intervenue le 3 août 2023. 2°/ À TITRE SUBSIDIAIRE, - REJETER les causes de suspension légitimes dont entend se prévaloir la SCCV BON AIR. - CONDAMNER la SCCV BON AIR à verser à Monsieur et Madame [V] la somme de 30.660, 48 € en indemnisation de leur préjudice de jouissance. 3°/ EN TOUT ETAT DE CAUSE, - CONDAMNER la SCCV BON AIR à verser à Monsieur et Madame [V] la somme de 7.943, 90 € au titre de leur préjudice économique correspondant au coût de location d’un box et de son assurance pour y entreposer leurs meubles, jusqu’à la livraison intervenue le 3 août 2023. - CONDAMNER la SCCV BON AIR à verser à Monsieur [V] la somme de 5.000 € en indemnisation de son préjudice moral. - CONDAMNER la SCCV BON AIR à verser à Madame [V] la somme de 5.000 € en indemnisation de son préjudice moral. - DIRE ET JUGER que les sommes allouées seront assorties des intérêts au taux légal par application des dispositions de l'article 1344 du code civil à compter du courrier de mise en demeure du 16 mars 2023. - CONDAMNER la SCCV BON AIR à faire procéder à la levée des réserves mentionnées au procès-verbal de livraison du 27 juillet 2023 n°1, 3 et 6 et à communiquer à Monsieur et Madame [V] les quitus de levée de réserves, et ce sous astreinte de 50 € par jour de retard, passé un dé